Mar 21, 2018 07:31 UTC
  • Le message US à l'Iran

À en croire le journal koweïtien, Al-Jarida, le ministre omanais des A.E. en visite tout récemment à Téhéran aurait été porteur du message de l'administration US à l'adresse de l'Iran. Le secrétaire d'état à la Défense, le général James Mattis, s'est rendu la semaine dernière à Mascate, juste avant que le chef de la Diplomatie omanaise, Youssif Ben Alawi, ne se rende en Iran.

Sans citer ses sources, le journal affirme que le président américain, Donald Trump aurait affirmé aux Iraniens qu'il "n'accepterait pas l'accord nucléaire signé en 2015 par l'administration Obama avec l'Iran" et qu'il veut "un accord entièrement nouveau". 

Toujours selon le journal, cette demande se serait heurtée à une fin de non recevoir catégorique de la part de l'Iran, comme cela a d'ailleurs été le cas pour les demandes formulées par le ministre français des A.E., Jean-Yves Le Drian, en visite les 5 et 6 mars à Téhéran. 

"Les autorités iraniennes ont affirmé qu'elles ne négocieraient d'aucune façon un accord internationalement reconnu et qui porte la signature de cinq pays membres du Conseil de sécurité, poursuit le journal. 

Youssif Ben Alawi s'est entretenu samedi avec les autorités iraniennes, dont le secrétaire du conseil suprême de la sécurité nationale iranien, le Contre-amiral Ali Chamkhani et lui a fait part de la demande des Américains. 

Al-Jarida revient sur les propos du contre-amiral iranien prononcé au cours de sa rencontre avec le ministre omanais où Chamkhani avait mis en garde l'Europe contre les risques qu'il y a à trop vouloir jouer sur le terrain des Américains: " Les capacités défensives de l'Iran, surtout celles liées à son programme balistique, sont à caractère dissuasif et répondent au besoin de la sécurité nationale. Il est hors de question qu'elles fassent l'objet d'une quelconque négociation. La campagne médiatique et politique n'aura aucun effet sur la poursuite de nos activités de défense nationale", avait affirmé Chamkhani .  

Toujours selon le journal koweïtien, les Américains auraient eu aussi d'autres doléances à transmettre à Téhéran par l'intermédiaire de Youssif Ben Alawi : les USA demanderaient à ce que l'Iran limite la portée de ses missiles à 350 kilomètres, qu'il éternise la suspension de ses activités d'enrichissement de l'uranium, qu'il "retire ses forces de la Syrie" et qu'il cesse ce que les Américains qualifient "d'ingérence" en Irak, au Yémen et en Afghanistan, bien que ces derniers ne cessent eux-mêmes de provoquer les pires conflits via justement leurs ingérences dans les pays précités. Trump a aussi une autre exigence : la transformation du Hezbollah, pilier de la lutte armée contre le terrorisme de Daech et Israël, en un parti purement politique. 

Le journal reprend la réaction du ministre iranien des A.E. à cette longue liste de doléances et écrit : " Comme l'a affirmé le chef de la diplomatie iranienne, ces exigences sont purement et simplement " impossibles" pour l'Iran à satisfaire". 

Une information reprise la semaine dernière par les médias, a fait état d'un projet signé par la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne exigeant à l'Iran de renégocier son programme balistique et son rôle régional sous peine de lui imposer de nouvelles sanctions. En menaçant l'Iran de nouvelles sanctions, les trois pays européens disent vouloir "sauver l'accord nucléaire de 2015" sur fond de menace d'un retrait US le 20 mai. L'Iran a affirmé ne pas hésiter un seul instant de se retirer de cet accord et de reprendre ses activités d'enrichissement, si la partie occidentale viole ses engagements. 

 

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