Nov 03, 2018 16:28 UTC
  • Israël vole au-dessus des S-300

Décidément, la guerre israélo-russe en Syrie n’est pas près de s’apaiser : la livraison des batteries de missiles S-300 à la Syrie et ce, dans la foulée de la destruction d’un Il-20 russe au large de Lattaquié, a déclenché des tentatives d’endiguement de la part de Tel-Aviv.

Depuis près de deux mois, le régime israélien va de manœuvre en manœuvre pour pouvoir décoder puis brouiller les radars des batteries des S-300 avant de les frapper. Mais en vain. C’est dans le cadre de ce bras de fer que l’Ukraine fait régulièrement parler d’elle dans les milieux sionistes. 

Le site proche des milieux des renseignements de l’armée israélienne DEBKAfile évoque dans un récent article le cas de l’Ukraine, pays où une délégation israélienne était allée il n’y pas si longtemps pour tenter de percer le secret des S-300. La visite date du début octobre, quand l’Ukraine a décidé d’organiser des exercices de combats impliquant les systèmes de missiles S-300P. 18 chasseurs américains de la quatrième génération F-15C Eagle ont participé à ces manœuvres aériennes pour tenter de faire face aux S-300 dans le cadre d’un exercice grandeur nature. Un certain nombre de pilotes israéliens se sont rendus au même moment et en catimini en Ukraine dans le but d’évaluer la technologie de ce système russe et les dangers qu’il pourrait représenter pour des chasseurs furtifs de cinquième génération US que sont les F-35 Lightning II. Or le déplacement n’a aidé en rien les pilotes israéliens. Cette information vient de réapparaître sur les télex, DEBKAfile ayant affirmé la présence des avions israéliens toujours en Ukraine et dans le cadre d’un exercice aérien d’envergure. Israël vole donc au-dessus des S-300 ukrainiens et établit des liens avec Kiev. Mais le régime de Tel-Aviv pourra-t-il percer les S-300 ou copier ces puissants dispositifs ? Rien n’est moins sûr, car si cela était le cas, les Israéliens n’auraient pas décidé de cesser leurs frappes contre la Syrie. 

Interrogé par Sputnik, le directeur du Centre d’analyse du commerce d’armes, Igor Korotchenko, est d’ailleurs bien clair : « Le système de protection de données et les mesures de contre-espionnage à toutes les étapes de l’élaboration, de la fabrication et des livraisons de ces systèmes permettent à la Russie d’être et de rester le propriétaire du savoir-faire des S-300. C’est pourquoi toutes les spéculations voulant que des technologies aient fuité vers Israël et les États-Unis ne sont que de l’intox », a-t-il déclaré au centre de presse de l’agence Rossiya Segodnya lors de la table ronde sur la livraison de ces systèmes en Syrie. Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, avait annoncé le 2 octobre que la Russie avait achevé de livrer des systèmes S-300 à la Syrie et qu’elle avait remis au pays 49 équipements militaires, ajoutant que les spécialistes syriens seraient formés au maniement de ces systèmes au cours des trois prochains mois. C’est désormais chose faite : des médias ont diffusé ces derniers jours une vidéo mettant en scène les officiers russes en train de former des militaires syriens au maniement des S-300. Selon les experts, un élément nouveau vient de faire surface dans ce dossier : le rapprochement de Tel-Aviv avec Kiev, et ce, pour défier le Kremlin. 

Après le rattachement de la Crimée à la Russie, Israël a choisi plutôt de rester bien réservé, mais cette attitude de réserve n’est plus, Tel-Aviv ayant décidé de se rapprocher davantage de l’Ukraine anti-russe. Les deux pays envisagent d’ailleurs de signer un accord de libre-échange (ALE) cette année, a déclaré mercredi le Premier vice-Premier ministre ukrainien, Stepan Kubiv.

« Nous avons atteint la phase finale de la préparation d’un accord sur une zone de libre-échange avec Israël. L’accord sera signé avant la fin de l’année en cours », a déclaré M. Kubiv cité par l’agence de presse Interfax-Ukraine. Israël deviendrait ainsi le 46e pays à établir un ALE avec l’Ukraine », a ajouté Kubiv. Or une fois que l’accord de libre-échange aura pris effet, les droits sur les exportations ukrainiennes de produits agricoles, de produits alimentaires, de médicaments, de cosmétiques, de produits chimiques, de matériaux de construction et surtout de produits électroniques seront supprimés, selon le gouvernement ukrainien. Les experts voient dans ce dernier domaine un terrain de rivalité anti-russe sur lequel s’engage Israël.  

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