Oct 12, 2019 10:43 UTC
  • Pétrolier attaqué: la riposte iranienne?

C'est donc bien parti : près d'un mois après la tonitruante frappe au drone d'Ansarallah contre Aramco, frappe qui a changé de fond en comble les règles de dissuasion régionales en faveur de la Résistance, les États-Unis d'Amérique et leurs "sbires" se ressaisissent et déclenchent un début de riposte :

vendredi 11 octobre, sans doute les parties qui ont saboté en été les pétroliers à Fudjaïrah et en mer d'Oman, pour en accuser l'Iran et déclencher dans la foulée une guerre totale, s'en sont pris au pétrolier iranien SABITI à coup de missiles. 

Deux tirs de missiles qui auraient pu provoquer une explosion et la mort de l'équipage à bord ainsi qu'une méga marée noire... L'"attaque terroriste" s'est produite à l'est de la mer Rouge à 95 kilomètres du port saoudien de Djeddah, faisant passer à quatre le nombre d'incidents touchant pendant cet été les pétroliers iraniens. Mais cette fois, il s'agit de "missiles". Mais qui a pu monter le coup ? Premier suspect, Riyad qui vient de dépêcher le PM pakistanais à Téhéran à titre d'émissaires pour, dit-on, engager un processus de désescalade, mais qui aurait pu changer d'avis à la dernière minute sous pression US, Washington étant en pleine mue tactique au Moyen-Orient.  

En effet, ce samedi, les États-Unis ont annoncé le déploiement prochain de 3 000 GI's en Arabie saoudite dotés de nouveaux Patriot et THAAD, où ils auront pour mission de "rétablir le pouvoir de dissuasion altéré" du royaume face à l'Iran. Or, les moyens sont toujours les mêmes à savoir soldats supplémentaires,THAAD et Patriot Cie et tout ceci évidemment aux frais du roi Salmane. 

" L'Arabie saoudite a accepté de faire les frais de n'importe quelle démarche que nous allons faire pour sa sécurité ", se réjouit Trump, cité par Reuters. Mais est-ce suffisant pour inverser la donne ? 

Le sénateur démocrate américain, Richard Blumenthal, a dénoncé vendredi 11 octobre, sur son compte Twitter, la décision du Pentagone d’acheminer des milliers de forces militaires en Arabie saoudite. « Se retirer de la Syrie et renforcer la présence des troupes en Arabie saoudite. Pas de stratégie, seulement des actes hâtifs. Les mesures dites défensives peuvent être perçues comme une provocation et une escalade de tensions avec l'Iran. Des erreurs de calcul risquent de se produire et la nécessité de l’application de diplomatie s’impose de toute urgence », indique le sénateur du Connecticut sur son compte Twitter.

Plus tôt dans la journée, le Pentagone a fait part du déploiement de 3 000 soldats supplémentaires en Arabie saoudite, cherchant visiblement à réduire à néant les chances d'une médiation pakistanaise entre l'Iran et l'Arabie saoudite.

Alors que l'enquête sur l'attaque au missile contre le pétrolier iranien suit son cours, le porte-parole du gouvernement, Hassan Rabii a évoqué une riposte iranienne à l'attaque de vendredi : " l'Iran évite toute précipitation et examine attentivement cette attaque terroriste puisque la région a besoin plus qu'à tout autre moment du calme et de la paix, et ce, pour laisser cicatriser les plaies des années de guerre fratricide. Les parties qui tirent profit de ces guerres ne tolèrent pas la moindre fenêtre ouverte sur la paix et la détente. Que peuvent dire aujourd'hui toutes les parties qui ont accusé précipitamment l'Iran d'avoir saboté les pétroliers dans le golfe Persique ou d'être responsable de la frappe contre Aramco ? "

Alors que le Premier ministre pakistanais est attendu ce samedi à Téhéran où il rencontrera le président iranien Hassan Rohani avant de quitter l'Iran à destination de Riyad, capitale saoudienne, les observateurs s'interrogent si oui ou non ces pourparlers sauront éviter un nouveau palier de l'escalade en cours. 

Car, souligne Raï al-Youm dans son éditorial de ce 12 octobre, les chances pour que l'Iran réagisse à cette attaque sont très élevées, si l'on se met au bain des événements qui ont marqué l'été 2019. En effet, l'Iran a immédiatement réagi à la saisie par la Grande-Bretagne d'un pétrolier iranien alors qu'il traversait le détroit de Gibraltar et a intercepté deux pétroliers britanniques dans les eaux du golfe Persique. Sommes-nous confrontés à une nouvelle escalade dans la guerre des pétroliers ou s'agit-il d'un épisode plus profond, à savoir l'existence de plans américains, israéliens et saoudiens visant à déclencher une guerre totale ?

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