Oct 13, 2019 16:24 UTC
  • Syrie :

Selon un journal américain, le feu vert du président US à une incursion de la Turquie dans le nord de la Syrie cette semaine, a ébranlé les alliés américains, et pas seulement parce que Washington a trahi un partenaire loyal.

Ce qui les alarme surtout c'est le caractère imprévisible de cette décision. Sous la direction de Trump, les USA pourraient-ils se retirer du jour au lendemain de la région, sans préavis aucun? 

La politique de Trump a totalement déboussolé ses alliés au Moyen-Orient. Ils en sont au point de faire des devinettes pour comprendre ce que le président a en tête. Les alliés de Washington ne savent plus quelles sont les positions de Washington et pour combien de temps elles seront maintenues, a écrit le journal américain New York Times dans son numéro du samedi 12 octobre.

Les anciens décideurs américains ont été clairs sur leurs intentions, a déclaré Mowaffak al-Rubaie, ancien conseiller irakien à la sécurité nationale en ajoutant : "Trump est tout émotif, il est est imprévisible". Trump ira-t-il retirer ses troupes de la région? Après tout, les présidents américains promettent depuis près de 15 ans de réduire la présence du pays dans la région, et leur héritier vient de déclarer que le "Moyen-Orient sans USA" aurait été plus stable, constat qui déconcerte les partenaires comme Israël et les monarques du golfe Persique qui comptent en grande partie sur la protection américaine en matière de sécurité. Surtout que peu de dirigeants américains improvisent comme le fait Donald Trump en termes de décisions majeures concernant la politique étrangère, indique New York Times.

Les analystes affirment que de nombreux alliés craignent désormais que ce commandant en chef imprévisible ne retire ses troupes des bases US au Moyen-Orient et ce, au mépris de ce que pourrait en dire ou en penser le Pentagone. Sa décision de ne pas s'opposer à l’incursion turque dans le nord est de la Syrie a apparemment été prise spontanément lors d’un appel téléphonique avec le président turc. Trump n'en a alerté ni Riyad ni Tel-Aviv, et a même surpris un certain nombre de ses propres conseillers. 

Or, cette mesure inopinée n'est que la dernière d'une série de retournements dans la politique américaine dans la région, dont deux concernent la Syrie et se sont produites cette année. En décembre 2018, Trump a promis de retirer l’ensemble des forces US, environ 2 000 soldats américains, de Syrie. Mais plus tard, il changea d'avis, envisageant d’en retirer environ la moitié, a rappelé New York Times.

Les critiques disent que les politiques en zigzag de Trump ont enhardi les ennemis régionaux des Etats-Unis et ont dérouté des partenaires américains, et ont invité la Russie et divers acteurs régionaux à chercher à exercer leur influence.

«C'est le chaos dans le camp américain», a déclaré Michael Stephens, spécialiste de la région au Royal United Services Institute de Londres, cité par New York Times. "Le pouvoir hégémonique ne semble plus savoir ce qu'il veut faire, et personne d'autre ne le sait", a-t-il ajouté.

Même au Royaume-Uni qui aligne traditionnellement sa politique du Moyen-Orient sur celle des États-Unis, "personne ne sait plus quoi faire, car on ne sait pas ce qui va suivre", a déclaré Stephens. "Donald Trump verse de l'essence sur le feu et laisse beaucoup d'entre nous très confus". 

Mots clés

commentaires