Oct 13, 2019 16:31 UTC
  • Riyad-Téhéran: Imran Khan réussira?

Le succès de la médiation d’Imran Khan entre Téhéran et Riyad dépendra de l’accord sur un règlement global des différends.

Le journal libanais Al-Akhbar a examiné, dans un article publié ce dimanche, les conditions de la réussite éventuelle de la médiation pakistanaise entre l’Arabie saoudite et la République islamique d’Iran.

« Les visites successives du Premier ministre pakistanais Imran Khan à Téhéran et à Riyad pourraient donner à l’initiative pakistanaise des chances de réussir », souligne l’article d’Al-Akhbar.

Le Premier ministre pakistanais est arrivé à Téhéran avec un message de la part des Saoudiens. « Malgré des signes positifs, il n’est pas encore clair si l’objectif des messages saoudiens est un compromis global avec l’Iran ou tout simplement un cessez-le-feu provisoire », peut-on lire dans le texte. En outre, on ne sait pas si les Saoudiens ont obtenu ou non le feu vert des États-Unis pour une réconciliation avec Téhéran. L’auteur de l’article estime que si ce n’en est pas le cas, Islamabad (comme Bagdad) se heurtera à de sérieux obstacles dans sa médiation.

Selon l’analyste d’Al-Akhbar, l’initiative pakistanaise a pourtant la chance de « briser le mur » et trouve une solution pour la crise régionale. Avant d’entamer sa mission de médiateur, le Premier ministre Imran Khan a rencontré le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane à Riyad après les attaques contre les installations pétrolières d’Aramco. Il a rencontré également le président iranien, Hassan Rohani, à New York, en marge de la 74e session de l’Assemblée générale de l’ONU. À New York, Imran Khan a transmis un autre message des dirigeants saoudiens au président Rohani.

« La reprise de ce rôle de médiateur par Imran Khan témoigne sa détermination à faire progresser les choses », estime Al-Akhbar. Le Pakistan n’est pas impliqué dans la crise actuelle de la région et Imran Khan profite d’un avantage important, car son pays entretient de bonnes relations tant avec Riyad que Téhéran, tout en ayant une bonne posture d’impartialité.

Au-delà de la médiation pakistanaise, le succès de la diplomatie dépendra essentiellement de la volonté des deux parties iranienne et saoudienne.

Al-Akhbar écrit : « Pour l’Iran, la question est claire : le dialogue est la dernière solution possible, même si Téhéran venait à être obligé de faire pression sur Riyad par divers moyens afin de persuader les Saoudiens à s’asseoir à la table des négociations, comme il l’a fait avec les Émirats arabes unis. »

Néanmoins, l’auteur estime que les Iraniens refuseront de se présenter comme porte-parole d’Ansarallah au pouvoir à Sanaa et de faire pression sur les Yéménites pour offrir aux Saoudiens une victoire qu’« ils ne méritent absolument pas ». Or, à Riyad, tout le monde croit que le succès des négociations éventuelles avec l’Iran dépendra du règlement définitif de la guerre au Yémen.

L’analyste d’Al-Akhbar ajoute : « Quant au Yémen, la perspective est floue, car la réussite des tentatives de tous les pays comme Oman, l’Irak et la Russie pour réunir les Iraniens et les Saoudiens dépendrait de la décision des États-Unis. La réussite de la médiation pakistanaise dépendra d’un feu vert américain donné aux Saoudiens. »

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