Oct 14, 2019 18:52 UTC
  • Syrie : sa Majesté jette l’éponge

Des centaines de soldats des forces spéciales britanniques seront retirés de la Syrie si l'armée américaine se retire complètement.

La décision du président américain Donald Trump de retirer les forces militaires américaines de la frontière entre la Syrie et la Turquie a surpris tout le monde, y compris le Royaume-Uni, qui compte parmi les plus puissants alliés des États-Unis, a indiqué le quotidien britannique The Times.

Le journal avait rapporté le 8 octobre que la décision apparemment impromptue de Trump a «aveuglé» le gouvernement britannique.

Le gouvernement britannique n'était vraisemblablement pas informé de l'échange téléphonique entre Donald Trump et son homologue turc qui s'est soldé par la décision de retrait des troupes américaines.

Selon le Times, la décision de Trump de retirer les forces US d’une partie importante du nord-est de la Syrie exposera les forces spéciales britanniques opérant dans la région à des situations de vulnérabilité exceptionnelles, nécessitant ainsi leur retrait complet.

Le nombre exact de soldats des forces spéciales britanniques, présumés appartenir aux régiments d'élite des services aériens spéciaux (SAS) et des navires spéciaux (SBS), n'est pas connu, mais les estimations varient de plusieurs dizaines à plusieurs centaines.

Lucy Fisher, correspondante du Times, a déclaré dans un tweet que le nombre de soldats des forces spéciales britanniques opérant en Syrie ne dépassait pas les quelques centaines.

Dans le même tweet, Fisher a déclaré que ces opérateurs spéciaux britanniques comptaient sur les forces américaines pour les ressources, les transports, les infrastructures, les ISR (renseignements, surveillance et reconnaissance).

Par ailleurs, les 1 000 soldats américains stationnés dans le nord de la Syrie ont reçu l'ordre de quitter le pays, a annoncé un responsable américain sous le couvert de l’anonymat après le début de l'offensive dirigée par la Turquie.

« Nous exécutons l'ordre », a-t-il déclaré à l'AFP tout en précisant que les États-Unis vont laisser un petit contingent de 150 soldats dans la base d'Al-Tanf dans le sud de la Syrie.

Cela se produit un jour après que Donald Trump ait ordonné aux troupes américaines d'évacuer le nord de la Syrie, alors que les combats se poursuivent entre les Forces démocratiques syriennes (SDF) dominées par les Kurdes et les supplétifs soutenus par la Turquie.

Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a déclaré que cette décision intervient après que les États-Unis eurent appris que la Turquie poussait plus loin que prévu en Syrie.

« Nous nous trouvons face à des forces américaines coincées probablement entre deux armées en progression et c'est une situation très intenable », a déclaré Esper à Face the Nation, de CBS.

Et de poursuivre : « Nous avons également appris au cours des dernières 24 heures que les FDS cherchent à conclure un accord avec les Syriens et les Russes pour contrer les offensives turques dans le nord. Alors, j'ai parlé au président hier soir après des discussions avec le reste de l'équipe de sécurité nationale et il a ordonné que nous commencions un retrait délibéré des forces du nord de la Syrie. »

Toutefois, Esper a déclaré qu'il était incapable de fournir un calendrier en raison de l'évolution rapide de la situation sur le terrain.

À la question de savoir si les troupes quitteraient complètement le pays, Esper a précisé que le retrait ne se faisait que dans le nord de la Syrie, « où se trouvent la plupart de nos forces ».

Lors d’un flash info, l’agence de presse syrienne SANA a annoncé que 150 soldats américains et militaires étrangers ont quitté le sol syrien pour se rendre en Irak.

Les militaires ont été transférés depuis un aéroport situé dans le district d’al-Malekieh dans la ville frontalière de Hassaké, selon SANA.

La Turquie a lancé le mercredi 9 octobre une offensive dans le nord de la Syrie sous prétexte de créer une « zone de sécurité » dans les zones contrôlées par les Kurdes et y transférer les réfugiés syriens.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) n'ont jusqu'à présent pas réussi à contenir l'offensive soutenue par la Turquie, les principales villes frontalières ayant été prises par les forces de l’armée syrienne.

 

 

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