Oct 18, 2019 19:35 UTC
  • Erdogan met en garde la Russie?

Le 9 octobre, la Turquie épaulée par les terroristes de l’Armée syrienne libre (ASL) a lancé une opération baptisé « Source de paix » pour déloger les milices kurdes qu’Ankara considère comme des terroristes.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est prononcé sur ces opérations. « Nous avons mis en garde nos partenaires contre le danger que représente le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) mais ils n’ont pas réagi et nous avons décidé donc d’intervenir tous seuls », a-t-il déclaré cité par la chaîne Al-Jazeera.

« Malgré les opérations turques en Syrie contre les éléments du PKK, les Européens et Washington n’ont pas rompu leurs relations avec eux », a déploré le président turc.

Erdogan prétend que l’objectif de cette opération est de faire retourner les déplacés syriens présents en Turquie et de les loger dans une « zone de sécurité ».

Après la défaite des groupes terroristes qu’ils soutenaient, la Turquie et les États-Unis tentent de créer une « zone de sécurité » en vue d’atteindre leurs objectifs expansionnistes. Pour Damas, la création de cette zone serait une violation de sa souveraineté nationale.

En évoquant la coopération entre les militaires turcs et américains dans l’est de la Syrie, Erdogan a qualifié leur résultat de décevant. Il a encore une fois prétendu que l'opération « Source de paix » visait à « écarter une menace à la quelle est aux prises la Turquie depuis des années », et a indiqué que « lors de ces opérations quelques 740 Kurdes ont été tués ».

« La veille de cette opération, j’avais mis le président américain au courant de mon intention. Lors de ma rencontre avec la délégation américaine, nous nous sommes accordés sur une trêve de 5 jours pendant lesquels Washington doit évacuer les terroristes des zones que nous avions déterminées. Si les États-Unis tiennent leur promesse dans le délai fixé, les opérations seront arrêtées. Notre objectif est de trouver un accord avec la Russie sur la création d’un zone de sécurité », a ajouté Erdogan.

Le président turc a déclaré qu’il ne s’inquiétait pas de la domination du gouvernement syrien sur les zones contrôlées par les Kurdes mais rappelé qu’il ne retirerait pas ses troupes du nord de la Syrie.

Le président syrien Bachar Assad a pour sa part qualifié d’occupantes toutes les forces turques, américaines et de manière générales étrangères dans le nord de la Syrie.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Vershinin, et l'envoyé spécial du président russe, Alexandre Lavrentiev, ont rencontré le président Assad à Damas.

« Lors de cette rencontre la situation en Syrie, en particulier dans la localité d'al-Jazira et l’agression militaire turque ont été abordées. La localité d'al-Jazira comprend le nord et le nord-est de la Syrie et était contrôlée par les milices kurdes. L’armée syrienne est déployée dans une grande partie de cette localité », rapporte SANA.

« Actuellement il faut se concentrer sur la fin de l’offensive turque et le retrait de toutes les forces turques, américaines qui sont présent en Syrie de manière illégale », a souligné le président syrien.

Selon le droit international et les chartes internationales, ces forces sont des occupantes et le peuple syrien a le droit de s'y opposer par tous les moyens disponibles.

La délégation russe, tout en affirmant fermement son soutien à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la Syrie, a déclaré que Moscou était opposée à toute action ou démarche susceptible de les saper, de compliquer la situation et de nuire aux efforts visant à mettre fin à la guerre en Syrie.

« D’abord, il faut détruire les cellules terroristes restantes en Syrie ensuite récupérer les zones syriennes notamment les régions frontalières », selon la délégation russe.

Au cours de cette rencontre, les préparatifs de la première réunion du comité constitutionnel ont été passés en revue. Les parties syrienne et russe se sont félicitées des progrès réalisés dans ce domaine et appelé toutes les parties à rester attachées aux principes de ce comité, en particulier au dialogue syro-syrien, a précisé la délégation russe.

Le succès du comité dépendra de la non-ingérence étrangère, ont précisé les parties russe et syrienne. 

 

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