Oct 22, 2019 11:36 UTC

Invoquant la nette détérioration de la situation dans les territoires occupés durant le mandat de Benjamin Netanyahu, le journal israélien Yediot Ahronoth dresse un bilan de 10 ans de sa primature : il est largement négatif : "Israël a perdu des pans entiers de sa puissance de dissuasion face à l'Iran, mais aussi face à ses alliés.

De graves erreurs commises par Netanyahu ont fait qu'Israël se trouve dans une impasse stratégique avec en filigrane ses ennemis qui l'assiègent, son protecteur qui le lâchent et une Russie qui tire profit de cette situation", estime le journal.  

« La situation d’Israël s’est nettement détériorée sous le mandat de Netanyahu », constate Yediot Ahronoth trop critique à l'égard du bilan de Netanyahu en termes de politique interne, régionale et internationale. Ce quotidien a abordé en premier lieu l’influence de l’Iran dans la région, mais aussi le renforcement des capacités militaires du Hamas.

« Outre la tourmente politique intérieure, Netanyahu a récemment souligné que l’Iran menaçait sérieusement Israël. Mais qu'a-t-il fait pour la contrer? Rien ou plutôt ce qu'il a fait n'a rien changé à la donne. La menace iranienne et celle de ses alliés se sont exacerbées pendant son mandat. L’influence de l’Iran partout dans la région, en particulier en Syrie, a été considérablement renforcée depuis que Netanyahu est devenu le Premier ministre », a fait remarquer le journal alors que Benjamin Netanyahu vient tout juste d'avouer son échec dans la formation d'un nouveau cabinet, laissant la place à son rival centriste, Benny Gantz. 

« De même, les groupes militaires palestiniens, notamment le Jihad islamique et le Hamas, ont été renforcés depuis la prise de fonction de Netanyahu. L'arsenal balistique du Hamas s'est considérablement développé permettant de prendre pour cible Tel-Aviv et l’aéroport de Ben Gurion voire des localités plus éloignées. Le Jihad islamique s'est doté, lui, de son propre arsenal et mène des opérations en plein coeur d'Israël. Et que dire de la Cisjordanie qui semble désormais avoir tissé des liens avec Gaza alors qu'il y a quelques années encore Ramallah agissait de concert avec Israël. Ayant concentré tous ses efforts sur la consolidation de son propre pouvoir, Netanyahu a pris des mesures qui se sont avérées inefficaces pour contenir la pluie de missiles du Hamas et du Jihad islamique.», ajoute Yedioth Ahronoth.

Le journal évoque ensuite les déboires de la politique internationale de Netanyahu et son cabinet :

"Cette politique est à l’origine de la détérioration des relations de Tel-Aviv au niveau international. Les ambiguïtés dans les relations avec la Russie, la déperdition des relations amicales avec l’Europe, la méfiance par rapport à la Maison Blanche et la perte du soutien du parti démocrate américain ainsi que de la communauté juive aux États-Unis, en sont la preuve. N’ayant aucune perspective de la fin de diverses sanctions par de nombreuses organisations internationales contre Israël, la défaillance de la politique israélienne sur le plan international a deux origines : l’Iran et la Palestine. Ces deux dossiers ont terni l'image d'Israël, l'Iran ayant bien joué toutes ses cartes et affaibli son rival israélien. Mais avec un PM militaire au pouvoir en la personne de Gantz Israël peut-il s'en prendre militairement à l'Iran? Force est de constater que faute de moyens, Tel-Aviv est incapable de se doter de nouveaux armements et de développer des systèmes de défense antimissiles pour se lancer dans une confrontation militaire avec l’Iran. Surtout que ce pays possède des engins qui dépassent nos boucliers antimissiles et que pour y parer il nous faudrait du temps et de l'argent. Quant au défi que représente Gaza,  l’option militaire semble être la seule solution, mais elle est exclue en raison de ses coûts élevés et ses conséquences politiques majeures".

Et le journal d'ajouter: 

« Nous ne sommes pas capables de faire face à l’Iran, nous devrions donc tenir compte de nos faiblesses et éviter les actes de provocation : pas d’annexion des parties de la Cisjordanie ni du Golan soit des promesses électorales en l'air faites par Netanyahu. Notre seule solution? Se rapprocher de Ramallah et d'Abbas, pour qu'il neutralise Gaza et surtout ne plus penser à avoir un clash direct avec l'Iran, », conclut le journal.

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