Oct 23, 2019 15:07 UTC
  • Al-Tanf: 1er clash USA/Iran?

"Dans le désert syrien du sud-est, près des frontières de la Jordanie et de l’Irak, risque de se jouer la phase finale de la guerre américaine. Cette base militaire US n’a rien à voir avec la guerre contre Daech, le but ostensible des États-Unis étant de confronter un adversaire tout à fait différent: l’Iran". C’est ce qui ressort d'un article paru sur le site web américain Daily Beast.

"Située dans le triangle frontalier syro-irako-jordanien, la région d'al-Tanf est occupée par les forces américaines depuis 2016 où Washington a établi une base militaire et une zone de passage qu'il bloque  à l'armée syrienne et à ses alliés iranien et pro-iraniens. Alors que le Pentagone se démène pour suivre le rythme des tweets de Trump concernant le retrait de ses troupes de Syrie, sa dernière base dans le désert syrien est une base pour laquelle il faut trouver une utilité. Car Al-Tanf, tout le monde le sait, n’a rien à voir avec la lutte contre Daech, elle a été créée pour affronter un ennemi totalement différent qu’est l’Iran », lit-on dans le Daily Beast.

Bien que Trump ait annoncé le retrait des troupes américaines, un responsable militaire américain ayant requis l’anonymat a déclaré au site que des dizaines de militaires et forces spéciales de l'armée américaine déjà déployées dans le nord de la Syrie allaient être réinstallées dans la base d'al-Tanf, peut-être 200 ou plus"  

Indiquant que la mission de cette base est officiellement « incertaine », le Daily Beast a toutefois écrit que dès le début, « le fait d'empêcher les transferts d'armes depuis l'Iran vers la Syrie et le Liban faisait partie des priorités des responsables anti-iraniens du gouvernement américain et du régime israélien ».

« Al-Tanf n’a pas d’objectif militaire précis », souligne de son côté Sam Heller de l’International Crisis Group. « À ma connaissance, la véritable justification consiste à empêcher l’accès du gouvernement syrien et de son allié iranien au poste-frontière Al-Tanf/Al-Walid, voisin de l’Irak. Mais cela bloque en même temps une route commerciale clé qui permettrait de mieux intégrer la Syrie à son environnement régional et aiderait le pays à acquérir une assise économique plus stable, ce qui, selon certains à Washington, perspective qui réduirait l'influence des États-Unis pour imposer sa solution politique à la guerre », a-t-il ajouté.

Selon l’article du Daily Beast, le président américain Donald Trump a déjà beaucoup parlé de réduction de la présence militaire US dans la région. Il a cependant envoyé, ces derniers mois, quelque 14 000 renforts au Moyen-Orient, sous prétexte de faire face à l’Iran. Cela montre à quel point le conflit avec l'Iran et les approches anti-iraniennes de Washington sont en contradiction avec les politiques à long terme des États-Unis qui elles plaident en faveur de la fin des guerres interminables au Moyen-Orient. 

« Loin d’être une médaille d’honneur pour le pouvoir américain, la base d’al-Tanf est un gaspillage stupide des ressources. A moins que les USA veuillent vraiment en découdre avec l'Iran non pas de façon directe mais par procuration. Des milliers de soldats US vont en effet être redéployés en Irak, à Al Anbar tout près des frontières syriennes où sont installés des milliers de forces pro-iraniennes et d'origine irakienne.Le moindre crash pourrait déclencher la guerre surtout que récemment le point de passage Abou Kamal-QAëm a été rouvert avec l'appui direct des Iraniens et qu'al-Tanf n'est que le dernier passage syro-irakien à rouvrir.  Après le le retrait US du nord-est syrien, ces 200 soldats américains ne font plus désormais le poids. Dans tout face-à-face à venir contre l'armée syrienne et l'Iran, ils pourraient servir plutôt d'otages, les Américains devant surtout éviter toute provocation s'ils veulent pouvoir se recaser en Irak », a noté Aaron Stein de l’Institut de recherche sur les politiques étrangères.

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