Nov 13, 2019 06:54 UTC
  • Syrie: le méga-coup russe contre USA/Israël?

Face à une Amérique qui a procédé ces dernières semaines à un changement de configuration de force en Syrie avec en toile de fond une fausse annonce de retrait puis un déplacement des effectifs entre la Syrie et l'Irak et ce, en prélude à un redéploiement de troupes dans l'est syrien et à l'ouest irakien, la Russie ne compte pas rester les bras croisés.

Surtout qu'en Israël, base américaine grandeur nature, le CentCom a commencé à déployer ses F-35 avec pour objectif entre autre d’interférer l'action russe à Hmeimim, cette base où la Réussie maintien ses batteries de missiles S-400 mais aussi ses Su-57.

Le mardi 12 novembre, la presse israélienne rapportait de long en large la tenue des exercices conjoints israélo-américain impliquant les F-16 et les F-35, exercices qui devront se poursuivre jusqu'au 14 novembre et dont l'une des phase consiste surtout à pratiquer "des scénarios de combat air-air et sol-air portant sur les menaces de missiles sol-air (SAM) avancés", ainsi que "des scénarios de combat ennemis". 

Il va sans dire qu'il y a là un méga défi à l'encontre de la Russie qui ne devrait rester sans réponse: certaines sources médiatiques évoquent des négociations entre Moscou et Damas pour établir une nouvelle base russe en Syrie et pas n'importe quelle base. C'est l'aéroport de Qamichli, située sur les frontières avec la Turquie, membre de l'OTAN et à quelques pâtées des frontières avec le Kurdistan irakien où Israël et les États-Unis maintiennent plusieurs bases, qui a été choisi par la Russie. Le choix est fort intelligent quand on sait que les USA contrôlent le ciel irakien et que l'OTAN maintien une totale emprise sur le ciel turc. 

Le journaliste russe Vladimir Mukhin a fait paraître un article dans le journal Nezavisimaya Gazeta dans lequel il affirme que la Russie s’efforcerait d’affréter l’aéroport de la ville à majorité kurde de Qamichli au nord-est de la Syrie. Selon le journal, la Russie propose un contrat de location de 49 ans pour l’aéroport de Qamichli. On dit que Moscou et Damas mènent en ce moment des négociations bilatérales. On prévoit que la Russie créera, sur cet aéroport, un "centre de gestion des missiles spéciaux de l’armée russe pour contrer les menaces de missiles américaines", affirme le journal. De toute évidence, il s'agit des S-500 que Moscou pourrait y installer non seulement pour contrer les agissements américano-israéliens mais aussi pour mieux détecter ce que font ces mêmes Américains et Israéliens en Irak. 

Les Américains s'y sont montrés d'ailleurs bien sensible : l'expert militaire Jim W. Dean a, pour sa part, déclaré que la Russie y déploierait probablement "des systèmes radar et des batteries de missiles S-400 pour surveiller une vaste zone ainsi que les opérations militaires aériennes des États-Unis en Irak" et d'ajouter : " L’affrètement d'une nouvelle base militaire en Syrie pour une longue période est lié aux futurs intérêts géopolitiques de la Russie au Moyen-Orient. "

La ville kurde de Qamichli a connu diverses étapes depuis le début de la crise en Syrie. Tout au début de la crise, l'armée syrienne a volontairement quitté la ville pour se concentrer sur d'autres points. Simultanément, les forces kurdes en ont pris le contrôle. Actuellement et au moment de l’offensive turque contre le nord de la Syrie, des unités de l’armée syrienne ont repris le contrôle de la ville et se sont installées dans des bases militaires pour empêcher son occupation par l’armée turque. Des patrouilles russes sont désormais bien visibles dans la ville dont les gisements pétroliers ne cessent d'attiser les convoitises turques et américaines. 

Avant la guerre en Syrie, Moscou disposait d'une base maritime dans le port de Tartous (à l'ouest de la Syrie et sur la côte méditerranéenne), ce qui lui accordait déjà une position bien confortable dans la partie orientale de la Méditerranée. Depuis Tartous, la Russie ne cesse d'amplifier ses actions en Méditerranée, ce qui inquiète de plus en plus Israël. Selon Yediot Aharonot, un sous mains russe aurait même violé il y a trois mois "la cote israélienne". Après la guerre, l'armée russe a également établi une base aérienne à l'aéroport de Hmeimim à Lattaquié, pour contrer toute tentative USA/alliés contre ses intérêts sur la cote.

" C'est à partir de cette même base que des cyberattaques auraient été lancé contre le système de navigation israélien quitte à paralyser au mois de juin les vols à l'aéroport de Tel-Aviv. La réponse aux F-35 israéliens pourrait aussi provenir de l'aéroport militaire de Qamichli. C'est  un troisième emplacement lequel aiderait la Russie à avoir également sous sa surveillance à la fois la Turquie mais aussi les agissements aériens américains voire israéliens en Irak. À vrai dire l'enjeu pour la Russie est aussi grand que pour l'axe de la Résistance. Alors que la Syrie a ouvert depuis septembre le point de passage Qaëm-Abou Kamal et que celui d'al-Tanf ne pourrait éternellement rester entre les mains des Américains, le déploiement des systèmes radars et des missiles antimissiles russes à Qamichli pourraient aider à la fois la Syrie et l'Irak à contrer les actions américaines ", a estimé un expert de la question rejoint par Presstv. 

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