Nov 13, 2019 10:07 UTC
  • La surprise

Après le coup d’État militaire de l’armée égyptienne contre le gouvernement de Mohamed Morsi et l’arrivée au pouvoir d’Abdel Fattah al-Sissi, les relations entre l’Égypte et la Syrie ont totalement changé.

Le Caire n'a jamais caché son opposition à ce que la Syrie soit démembrée, refusant de participer aux aventures guerrières de l'axe USA-Arabie saoudite. À présent c'est une vraie surprise que vient de faire l'Égypte aux USA et  à Israël en décidant de renouveler la flotte syrienne et ce, avec des MiG russes. La main du Kremlin?  Peut-être. Surtout que les missiles antimissiles russes ont débarqué il y a quelques jours et dans le cadre d'un exercice de la DCA  sans précédent en Égypte. 

Le site web Zaman al-Wasl, proche des opposants syriens, a affirmé qu’« une délégation militaire de l’armée de l’air syrienne s’est récemment déplacée en Égypte et que les deux parties se sont mises d’accord sur l’achat des chasseurs MiG-21, stockés et désactivés depuis des années dans l’armée de l’air égyptienne ».

L’Égypte était l’un des plus grands utilisateurs du chasseur MiG-21 de fabrication soviétique pendant la guerre de six jours en 1967 et la guerre du Kippour en 1973 contre Israël. Les Égyptiens ont acheté une importante flotte de chasseurs modernes tels que des F-16, des Rafale et des MiG-29, respectivement aux États-Unis, à la France et à la Russie, et des MiG-21 qui sont actuellement en stock. Après le coup d'État militaire égyptien contre le gouvernement de Mohamed Morsi et l'arrivée au pouvoir du nouveau président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, les relations entre les deux pays ont complètement changé. Morsi, issu des Frères égyptiens, a annoncé son soutien officiel aux terroristes de l'Armée syrienne libre (ASL). La position féroce de Morsi contre Bachar al-Assad et le gouvernement syrien a entravé les relations entre les deux pays à l’époque.

Mais la montée au pouvoir d'al-Sissi en Égypte et sa profonde haine envers les Frères musulmans l'ont amené à déclarer son soutien au gouvernement et à l'armée syriens dans la lutte contre le terrorisme, malgré l’opposition de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

Les Égyptiens ont même parfois envoyé des armes et du matériel militaire à l'armée syrienne et ont même proposé d'envoyer des troupes en Syrie, mais le gouvernement syrien n’a pas accepté.

L’aviation syrienne a été la dernière partie de l’armée qui est entrée dans les affrontements internes. Dès le début du mois de juillet 2012 où les troubles de la rue se sont transformés en une guerre sans merci, l’aviation est intervenue pour soutenir les unités terrestres de l’armée. Tout au début de la guerre, l’aviation disposait de 400 chasseurs en phase opérationnelle dont la grande partie était composée de MiG-21.

À l’époque, la flotte MiG-21 de l’armée de l’air syrienne opérait dans trois divisions réparties dans cinq bases aériennes du pays :

-Division 73 à l’aéroport de Khalkhala de la province de Soueïda (20 avions)

-Division 14 aux aéroports de Hama et d’Abou Douhour (40 avions)

-Division 24 aux aéroports de Deir ez-Zor et de Tabqa (25 avions)

Au total, 85 chasseurs MiG-21 syriens étaient opérationnels au début de la guerre, mais au fur et à mesure et à cause de la guerre d’usure intense, quelque 25 d’entre eux ont été abattus soit par l’ennemi soit devenus hors usage par défaillance technique. Une partie de ces avions, en fin de vie, ont connu la déconstruction sur les pistes des aéroports de Hama et Tabqa. En effet, depuis 2017, rares ont été les vols de MiG-21 dans le ciel syrien.

La vente de MiG égyptiens à la Syrie

En cas de finalisation de ce contrat, l’armée de l’air syrienne qui dispose actuellement un très peu nombre d’avions de combat en phase opérationnelle, reprendra son souffle. Selon les estimations, environ 40 chasseurs MiG-21 égyptiens sont entreposés en stock et en cas de vente à la Syrie, une grande partie des pilotes égyptiens, qui étaient au chômage en raison du manque d’avions de combat opérationnels, pourront rentrer dans l’armée de l’air syrienne.

Bien que les MiG-21 soient considérés comme des chasseurs anciens et qu'ils ne conviennent pas aux batailles aériennes modernes, ils peuvent tout de même servir en temps que bombardiers tactiques légers.

En outre, bien que l'aviation russe ait mené une grande partie des frappes aériennes et soutenu l'armée syrienne ces dernières années, toutefois en raison de l'embargo mondial sur les armes imposé au gouvernement syrien et la réticence des Russes à lui vendre de nouveaux équipements, le maintien du pouvoir relatif et le refus l'effondrement total de l’armée de l’air syrienne d’ici quelques années, s’avèrent vitaux. 

Mots clés

commentaires