Nov 14, 2019 09:48 UTC
  • Syrie: M4, Ankara stoppera la Russie?

Certains analystes n'ont pas été dupe de cette info largement médiatisée depuis deux jours : Le président Erdogan en visite à la Maison Blanche s'est fait "draguer" par Trump qui lui a proposé un marché de 100 milliards de dollars pour qu'il renonce à l'achat des S-400 russe.

Les divergences persistent de part et d'autre! Et pourtant sur le terrain, il y a une parfaite convergence US/Turque en ce qui concerne l'avancée de troupes ou encore l'occupations des gisements pétroliers.

Al-Ikhbariya fait état du passage d'un tout dernier convoi US composé de 22 véhicules blindés et de camions via le point de passage d'al-Waleed qui s'est orienté vers le champ pétrolier Aouda à Qahtaniya et le gisement de Jabssa, tous deux situés à l'est de l'Euphrate. les patrouilles US autour du gisement d'al-Rumilan à Hassak que contrôle l'armée syrienne se poursuit. 

C'est dans ce contexte qu'une dépêche en provenance de la banlieue de Ras al-Aïn, située au nord-ouest de la province de Hassaké, affirme que des affrontements font rage entre les troupes turques et des éléments des groupes terroristes d’une part et les militaires syriens et des Forces démocratiques syriennes (FDS) de l’autre.

Malgré le mémorandum de Sotchi, les militaires turcs et leurs supplétifs terroristes qui se sont emparés pendant le mois dernier du nord de la province de Raqqa et du nord-ouest de la province de Hassaké, planifient maintenant d’occuper d’autres zones. C'est dire, les velléités expansionnistes vont croissant tout comme les coordinations Turquie/OTAN. 

L'armée turque et des éléments terroristes contrôlent la périphérie de la ville occupée de Ras al-Aïn, dans le nord-ouest du gouvernorat de Hassaké mais la tache est bien plus difficile que prévue, la riposte syrienne étant foudroyante.

Ainsi l'armée a repris il y a quelques jours à la Turquie et Cie le village d’Om Chafiya près de la localité de Ras al-Aïn. Le village de Daoudiyah dans la banlieue sud-est de Ras al-Aïn est désormais sécurisé tout comme la banlieue occidentale d’Arab Khan. Pour l'heure, des affrontements sporadiques se poursuivent dans les banlieues sud et sud-est de Ras al-Aïn. On apprend la fuite des militaires turcs et de leurs mercenaires vers le village d'al-Mahmudiyah.

N'empêche que ce repli a été fracassant : des pilonnages de l'armée turque contre la périphérie sud-est de Ras al-Aïn ont coûté la vie à plusieurs militaires syriens et le général de division Ahmed Sharif Ahmed et le colonel Manif Mansour figurent parmi les blessés.

Mais que veut la Turquie? 

Les forces turques opérant sur l'axe sud-est de Ras al-Aïn projettent d'occuper des villages d'al-Arishah, Qasmiyeh, Rihaniya dans l'objectif d'atteindre le district stratégique de Tell Tamer, au nord de la province de Hassaké. Et pourquoi? L'occupation de Tell Tamer permettra à Ankara de couper la voie de communication entre les forces syriennes déployées dans le nord-est d'Alep et le centre de la province de Raqqa, situé au nord-est de la Syrie. Si l'armée syrienne perd le contrôle de la région de Tell Tamer, les troupes turques et les terroristes domineront l’ouest et l’est de l’autoroute stratégique M4, qui passe par le nord et se situe à environ 4 kilomètres de la frontière turque. C'est l'une de deux artères stratégiques du pays avec l'autoroute Nord-Sud M5, indispensable à la relance de l'économie syrienne en période de reconstruction. 

Cette autoroute stratégique relie le nord-est de Hassaké au centre d’Alep et traverse des zones importantes, notamment la banlieue sud de Qamichli, Tell Beydar, Tell Tamer, Aïn Issa, Sarrine, Manbij, al-Bab. Si les militaires turcs et les terroristes prennent le contrôle de la route Ras al-Aïn-al-Tamer, ils pourront pénétrer dans Hassaké. Mais le jeu turc se fait en complémentarité avec les États-Unis. Al Masdar affirme : « Un convoi militaire a été filmé (vidéo) cette semaine alors qu'il quittait la frontière Alep-Turquie, soit la base de Sarrine pour se rendre en Irak. » Tout se passe comme si les USA quittent les lieux pour se faire remplacer par La Turquie et leurs autres alliés de l'OTAN. 

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