Dec 14, 2019 08:14 UTC
  • Israël : l'alerte maritime de Nasrallah?

Quelques heures avant que le secrétaire général du Hezbollah n'affirme que son mouvement représente effectivement la plus grande menace existentielle pour Israël, une vidéo a été largement publiée mettant en scène l'un des exploits militaires de la Résistance en 2018.

Il s'agit de clichés mettant en scène un UAV israélien, en l’occurrence un Hermes 450, littéralement réduit en miettes ; drone qu'Israël avait dit avoir perdu en raison de problèmes techniques. Avia.Pro qui revient sur les clichés estime que le Hermes israélien avait été abattu par les missiles OSA soviétiques qui « font désormais partie de l'arsenal de défense antiaérienne du mouvement » et qui « sont propres à donner du grain à moudre aux avions et aux drones israéliens » dont les performances sont largement « exagérées », affirme le site. 

Épave d'un Hermes 450 israélien abattu en 2018 par le Hezbollah ©Avia.Pro 

Cette « exagération » vient d'être remise en cause, même par les experts militaires en Israël. L’armée du régime israélien est en effet pointée du doigt pour « sa culture de mensonge » et « sa propension à déformer la réalité ». Des flèches à ne pas sous-estimer alors que le nouveau ministre de la Guerre prétend vouloir transformer la Syrie en un Vietnam pour la Résistance.

Al-Mayadeen revient sur cette culture de mensonge et en détaille les conséquences catastrophiques pour l'armée israélienne, drapée dans des illusions et parfaitement déconnectée de la réalité. Alors que Tel-Aviv se dit prêt à n'importe quel type de bataille contre l'Iran et le Hezbollah, des inquiétudes ne cessent de s'amplifier sur les réelles capacités militaires israéliennes que des manœuvres militaires tenues à tort et à travers ne seraient cacher, surtout que ces manœuvres se déroulent toujours sous le commandement US et qu'à chaque action isolée de la part d'Israël, il y a un incident qui se produit. 

« Alors qu’on parle beaucoup de la multiplication de menaces contre Israël et du rôle décisif de l'armée israélienne pour contrer cette menace, un autre fléau apparaît : la culture du mensonge. L’interaction sélective est l'un des mensonges de l'armée israélienne. L'armée israélienne, qui a vivement critiqué le nouveau ministre de la Guerre, Naftali Bennett, pour avoir parlé publiquement des "activités militaires israéliennes à l'étranger", n'a pas commenté les fiascos qu'ont été ces mêmes actions menées sous la supervision de Netanyahu. Naftali Bennett s'est dit fier des activités israéliennes à l'étranger et a parlé de changement dans les "règles du jeu" contre l'axe de la Résistance, alors que ces actions ont été souvent marquées par des dysfonctionnements graves comme cette opération commando menée en 2018 contre Khan Younès à l'est de Gaza et qui a fini par totalement ternir l'image des unités élites de l'armée israélienne. Or, c'est par le biais des révélations des brigades Qassam que les Israéliens ont appris que mêmes leurs soldats d'élite ne valaient pas grande chose », affirme Manal Ismaeïl, journaliste d'al-Mayadeen.

Les observateurs disent que la chose la plus dangereuse dans cette culture du mensonge est le "manque de transparence dans les informations publiées par l'armée israélienne" : « En Israël personne ne sait où en est l'armée israélienne. Est-elle vraiment une armée ou une entreprise à ingurgiter des sous? La révélation sur la corruption à grande échelle au sein de cette même armée, que ce soit dans l’affaire des sous-marins achetés à l'Allemagne ou dans celle des services militaires des juifs orthodoxes, est symptomatique d'une profonde crise. On se demande si ces mensonges-là ne sont pas racontés à tout bout de champ aux Israéliens quand nos commandants parlent de la guerre contre l'Iran ou contre le Hezbollah, vantant nos capacités de combats », se demande Or Hiller, expert israélien de Channel 13.

« On a entendu dire que l'Armée de l'air pourrait gagner toutes les guerres grâce aux services de renseignements. Mais la réalité est que la force aérienne n’a jamais gagné aucune guerre et elle n'en gagnera aucune. Certaines parties de l'armée ne sont pas prêtes pour la guerre. Nous devons abandonner l'idée que notre armée est l'armée la plus forte du monde », déclarait dans ce même sens l'ancien responsable militaire israélien, Yitzhak Brick.

La culture du mensonge enracinée au sein de l'armée israélienne l'a discrédité aux yeux des Israéliens et des colons qui vivent quotidiennement les contrecoups des défaillances des milieux militaires. Pire, cette culture bannit toute critique et sacralise l'armée au point de bloquer toute piste de réforme et de changement. C'est juste le contraire de ce qui se passe de l'autre côté. Dans son discours du vendredi, Nasrallah a très clairement évoqué la perspective d'une guerre marine à venir avec le régime israélien sans aucune exagération ni mensonge. Il a déjà prouvé en 2006 la capacité du mouvement sur terre et en mer et cet été, il a montré que son discours concernant un arsenal aérien du Hezbollah n'est guère mensonger.

Le vendredi 13 décembre, il a dit : « les Israéliens ont cherché à résoudre leurs crises liées aux blocs de pétrole en surfant sur les manifestations au Liban... Nous sommes fiers de représenter le premier danger réel sur l'entité sioniste. L'État libanais est dans l'incapacité de riposter aux violations israéliennes qui ont construit un mur à la frontière, parce que tout simplement la résistance a laissé aux autorités le soin de traiter ces transgressions. De même, par rapport au navire d'exploration israélien, l'État libanais n'a pas pu dissuader l'ennemi de rebrousser chemin. Pour cela, le Hezbollah constitue un danger pour les intérêts US et israéliens ». Et bien, tout ceci prouve une chose : l'armée sioniste se cache la tête dans le sable, alors que le camp d'en face va de l'avant, a indiqué Manal Ismaeïl.

 

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