Jan 20, 2020 06:49 UTC
  • F-35 : le barrage de feu

La tendance se confirme : les USA et leurs acolytes israélien et turc projettent d'étendre le front de confrontation militaire directe au-delà de l'axe de la Résistance pour toucher droit la Russie.

L'assassinat de quatre officiers russes dans une attaque attribuée aux terroristes pro-Turquie le samedi 18 janvier à quoi s'ajoutent les provocations des militaires US à Qamichli où ils ont tenté, à coup de menace militaire de repousser un convoi russe composé de 60 véhicules militaires russes, s'inscrit dans ce sens.

Mais ce n'est pas tout : 12 jours après la frappe au missile balistique iranienne contre la base américaine Aïn al-Asad en Irak, et alors que le Pentagone tout comme la petite armée israélienne n'en reviennent pas, DEBKAfile, site proche du renseignement de l'armée sioniste tente d'en accuser la Russie, tant est grande la crainte de voir le "coup iranien" se reproduire : « L'étonnante précision de la frappe aux missiles balistiques du 8 janvier provient de la Russie qui, selon des sources militaires israéliennes, a fournit à l'Iran son système de navigation mondial GLONASS, lequel correspond au GPS américain et qui a fait que les 17 engins iraniens (USA/Israël ont toujours du mal à chiffrer le nombre de missiles iraniens et leurs publications varient entre 11 13 et 17, NDLR) se sont abattus sur leurs cibles avec une marge d'erreur de 10 mètres ». 

Evidemment la première partie à avoir repoussé cette grotesque lecture, c'est la Russie. « S'il est vrai que l'Iran aurait effectivement pu avoir utilisé GLONASS pour éviter le GPS américain, il est erroné en revanche de croire que la précision des engins iraniens vient de là », disent des sources au sein du ministère russe de la Défense, citées par Avia.pro.

Mais pourquoi une telle suggestions de la part du régime israélien? 

En effet, l'axe USA/Israël suit deux objectifs : primo, amoindrir l'étonnant succès militaire iranien du 8 janvier et secundo, justifier des attaques directes contre les forces russes au Moyen-Orient. Les États-Unis sont bien inquiets de la tournure que prennent les événements à la fois en Syrie et en Irak où le maintien du statut quo US ne parait plus possible. En assassinant le 3 janvier le commandant en chef de la Force Qods ils ont tenté de changer le rapport de force ce qui a eu un effet inverse. Il leur faut désormais s'en prendre à la Russie, ne serait-ce que pour refaire le même scénario qui a échoué concernant l'Iran. DEBKA l'avoue en termes à peine voilés: « La précision de l’impact des missiles iraniens a étonné les services de renseignements américains et israéliens, qui ignoraient jusqu'ici cette vaste capacité militaire iranienne. Cette capacité est telle que - qu'ils soient fournis par la Russie ou d'origine locale - les missiles iraniens à courte et moyenne portée peuvent atteindre n'importe quel point au Moyen-Orient, non protégés par des systèmes anti-missiles efficaces dans un rayon de 700 km ». 

Au demeurant, l'article de DEBKA laisse apparaître une autre crainte : un barrage de feu balistique conjoint Iran-Russie, susceptible de se combiner à une DCA toujours de fabrication irano-russe. Au moment où les Patriot perdent du crédibilité, l'émergence d'un système offensif-défensif irano-russe est la pire nouvelle qui soit. Surtout que l'État irakien mène à grand pas des négociations pour se doter des systèmes de défense antimissiles S-400 et que la Syrie se trouve à un tournant où Idlib pourrait à la faveur d'une médiation russe être libérée en échange de Tripoli. Il est donc impératif pour les Etats-Unis et Israël de mettre un frein à la présence militaire de la Russie au Moyen-Orient. D'où la frappe israélienne contre les cibles russes à T-4, le meurtre des officiers russes et des provocations des forces américaines contre les forces russes au nord de la Syrie.

Mais ce double objectif risque d'avoir l'effet inverse. Les déclarations de Lavrov le vendredi où l'intéressé souligne la présence des F-35, quelques heures après la frappe iranienne autour de l'Iran laisse entendre que l'Iran et la Russie préparent d'ores et déjà des surprises de taille pour la partie d'en face. 

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