Jan 25, 2020 08:27 UTC
  • Irak: les GI's devront avoir peur!

La table est mise : le vendredi 14 janvier à Bagdad, plus de 2 millions d'Irakiens, toutes confessions confondues, sunnites, chiites, chaldéens, turkmènes, chrétiens... ont exigé au cri "Kala Kala Amérique" (Amérique go home), le retrait des troupes d'occupation de leur pays.

Le religieux Sadr à l'origine de l'appel au rassemblement qui à en juger les observateurs, n'a pas eu d'égale depuis 1920, l'année où les Irakiens ont expulsé de la même manière l'empire britannique, a d'ailleurs été très clair : l'Irak ne veut plus d'une présence militaire qui viole sa souveraineté, qui tue ses hôtes, qui assassine ses forces vives. Pas de bases militaires, ni de pacte de sécurité, l'Irak devra revenir aux Irakiens. Même le président Saleh, qui quelques heures plutôt avait serré la main à Trump au risque de provoquer la colère et l'indignation de ses compatriotes l'a dit : "le méga rassemblement du vendredi prouve que l'Irak tient à ce que sa souveraineté soit respectée". Et si les USA refusaient d'obtempérer? 

Dans un communiqué publié vendredi 24 janvier, le Hezbollah libanais déclare que l'imposante manifestation des Irakiens contre la présence des troupes américaines en Irak a lancé un défi à l'occupant américain : « Les manifestations anti américaines du peuple irakien constituent un avertissement à l'adresse des Américains. Un peuple digne comme l'est le peuple irakien ne permettra pas aux occupants de s'enraciner dans son pays. Il s'agit d'une exigence que partage l'Oumma islamique laquelle veut en finir avec l’occupation de ses territoires, le pillage de ses richesses, la violation de sa souveraineté », a jouté le communiqué. La Résistance yéménite a elle aussi réagi à la méga manifestation du vendredi en Irak qui s'est déroulée sous les yeux terrorisés des troupes US, retranchées à la fois dans l'ambassade américaine, mais aussi dans leurs bases militaires. 

Le porte-parole d'Ansarallah, Mohammad Abdel Salam, a rendu un hommage appuyé "à la nation irakienne qui a exigé par sa présence massive le retrait de l'occupant" lors d'un "événement historique" tout en appelant que les "peuples arabes de la région appuient le mouvement de libération qui vient d'être déclenché en Irak". 

Selon les observateurs, la manif du vendredi 24 janvier a la valeur d'un ultimatum que les États-Unis et leurs alliés ont tout intérêt à prendre au sérieux. En effet, les options sont bien claires : soit que les forces US partent pour de bon, soit qu'elle s'obstinent à rester en Irak et à être combattues jusqu'à ce qu'elles battent en brèche. L'axe de la Résistance, toutes composantes confondues, semble déjà prête à confronter cette seconde perspective et sa feuille de route est sur la table. "Si le face-à-face éclate, les forces US ne peuvent plus rester dans des régions du sud du pays, elles pourraient tout au plus maintenir leur présence à court terme dans le désert d'al-Anbar, proche de la frontière syrienne, ou encore se déplacer dans le Kurdistan irakien. Or la plus grande base militaire US en Asie de l'Ouest, Aïn al-Asad, s'est avérée totalement incapable d'assurer la protection des GI's, et les bases US au Kurdistan, K1 par exemple, ne passe pas plus pour être mieux protégées. Nechirvan Barzani ne cesse de le pérorer, la présence militaire US est nécessaire, au Kurdistan, les partisans de la Résistance sont bien nombreux même dans les rangs des peshmerga. 

Toutes les bases militaires en Irak sont occupées par deux forces distinctes : une partie est sous le contrôle des forces irakiennes et l’autre sous le contrôle des forces US. Le Premier ministre irakien pourra être tenté par le fait d’ordonner le retrait de toutes les forces irakiennes des bases où les troupes US sont positionnées maintenant qu’elles sont officiellement désignées comme une force d’occupation qui refuse de s’en aller. Cela permettra à la Résistance irakienne d’attaquer les bases sans risque de faire de victimes irakiennes. Certains courants au sein de la Résistance irakienne possèdent une longue expérience de combat contre les USA et Washington le sait. S’il hésite, d’autres leaders se pointeront. Les alliés de l’Irak au sein de l’axe de la Résistance sont également présents en Irak, prêts à intervenir. Les jours sont comptés pour l'occupation US. 

 

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