Feb 13, 2020 07:49 UTC
  • Guerre Israël/Iran

Le ministre israélien de la Guerre, Naftali Bennett a tort de croire que la logorrhée qu’il tient de temps à autre contre l’Iran restera éternellement impunie. Il y a deux jours, il disait que les USA et Israël avaient partagé la tâche d’expulser l’Iran de la Syrie et de l’Irak et qu’avec l’assassinat du haut commandant iranien, les deux pays avaient bon espoir d’y parvenir d’ici un an.

Bennett semble ne pas avoir bien étudié les câbles que l’armée sioniste devrait lui envoyer minute par minute sur ce qui se passe en Syrie, en Irak et surtout sur le front Sud et Nord israélien.

Mercredi, le porte-parole de la Diplomatie iranienne l’a lui rappelé en termes trop clairs : « L’Iran n’hésitera pas un instant à défendre sa présence en Syrie et à défendre sa sécurité nationale et ses intérêts régionaux. Sa réponse sera écrasante et fera regretter toute agression ou toute action stupide visant les intérêts iraniens ». Quelques jours plutôt le secrétaire général du Conseil du discernement du bien de l’ordre islamique et ancien commandant du CGRI, Mohsen Rezai avait formulé cette idée autrement. S’adressant samedi à la chaîne de télévision libanaise al Mayadeen, Rezaei s’est vu demander si l’Iran mettrait à exécution ses menaces d’attaque contre Israël en cas de guerre avec les États-Unis : « Vous ne devriez avoir aucun doute à ce sujet. Nous raserions Tel-Aviv à coup sûr. Nous cherchons un prétexte pour ». 

Ce prétexte le régime israélien a faillé le fournir à l’Iran le vendredi 7 février quand son armée de l’air a tenté de se servir comme d’un boulier d’un avion de ligne reliant Téhéran à Damas avec 172 passagers à bord dont de nombreux Iraniens. L’intervention russe a permis atterrissage sain et sauf de l’Airbus 320, mais l’incident, trop semblable celui qui a coûté la vie à 15 officiers russes en 2018 au large de Lattaquié a valu à Israël la fin de son accord aérien avec Moscou et le feu vert du Kremlin à ce que les DCA syrienne et russe abattent désormais les appareils sionistes.

Depuis vendredi les officiers russes se sont d’ailleurs succédé à la tribune pour faire comprendre que les données liées aux vols des avions de combat israéliens qui s’aventurent régulièrement et depuis 2014 tout autour de l’espace aérien syrien, violant tantôt le ciel libanais, tantôt celui du Golan ou agissent à partir du ciel jordanien sont désormais accessibles à l’Iran et à l’axe de la Résistance. Cela veut dire que les unités de la DCA syrienne et russe qui contrôlent tout dans le ciel syrien sauf le ciel de Deir ez-Zor élargissent leur horizon pour inclure « la composante iranienne ».

C’est en ce sens que Bennett et tout son régime devront comprendre « l’incident » qui s’est produit dans la nuit de mercredi à jeudi dans le ciel libanais. Au Liban, des sources locales ont fait état d’une spectaculaire opération anti-drones que les médias mainstream ont passé sous le silence. Plusieurs drones israéliens ont été forcés à fuir le ciel de la ville de Meiss El Jabal, située dans la province d’al-Nabatieh, dans le Sud libanais. Les sources locales affirment que des « tirs » ont visé les drones israéliens avant de les contraindre à quitter rapidement l’espace aérien de ce pays.

En 2019, le régime israélien a eu l’occasion de découvrir la présence non seulement des missiles de haute précision, mais aussi des unités de DCA dans l’arsenal du Hezbollah, découverte assortie par une sévère mise en garde du secrétaire général du Hezbollah qui l’a invité à ne pas mettre à l’épreuve la patience « aérienne » de la Résistance. Ce qui s’est passé mercredi 12 février, dans la soirée, et que les médias libanais ont rapporté, renvoie en effet à cette capacité que Tel-Aviv tend à oublier évidemment à ses dépens. Pour le reste, la riposte de la DCA libanaise a été suffisamment grande pour pouvoir repousser « plusieurs drones israéliens » ayant violé l’espace aérien libanais à Nabatieh. L’information ajoute que « l’armée libanaise » a ouvert le feu sur les drones israéliens dès que les appareils ont tenté de s’infiltrer dans le ciel libanais. Depuis août 2019, Israël a envoyé plusieurs drones dans le sud du Liban, lesquels ont été soit abattus soit interceptés. Le 25 août, le régime de Tel-Aviv a en effet violé l’espace aérien de Zahiya par deux drones-kamikazes, violation qualifiée par le président libanais Michel Aoun de « déclaration de guerre ». À l’époque, le secrétaire général du Hezbollah, Seyyed Hassan Nasrallah a été trop clair : " Le Hezbollah possède des batteries de missiles antimissiles et antiaériens. Ce mouvement est capable de surprendre dans l’espace aérien libanais les avions de chasse et les drones israéliens ». 

Mais Bennett et compagnie ne devrait pas trop compter non plus sur les Américains pour voler à leur secours, dans ce qui est la perspective d’un face-à-face direct Israël/Résistance. Mercredi et alors que le monde d’entier se focalise sur Idlib, les forces armées irakiennes ont dévoilé pour la première fois la « DCA souveraine irakienne » à al-Anbar où une méga opération militaire s’étendant des frontières syriennes aux frontières jordaniennes vienne d’être lancée. Vu que l’Irak négociait l’achat des S-300 et des S-400 russes aucune source n’a parlé de la nature de la DCA irakienne. Il se peut qu’elle soit celle conçue par l’Iran à savoir Bavar 373. La guerre « directe » que Bennett dit mener avec l’Amérique contre l’Iran sur le plan « militaire, économique, de renseignement » est loin d’être une partie de plaisir... 

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