Feb 13, 2020 11:26 UTC
  • Quand Poutine frappera l'armée turque?

L’absence d’une réponse de la part du président russe, Vladimir Poutine aux demandes répétées de Recep Tayyip Erdogan, président turc, de le rencontrer, témoigne du profond mécontentement de Poutine de l’envoi des renforts militaires turcs à Idlib qui signifie une violation de l’accord de Sotchi conclu en septembre 2018 entre les deux parties.

S’y ajoute l’échec des négociations sur Idlib entre les délégations russe et turque à Anakara, qui montre, à son tour, que les Russes rejettent toutes les demandes turques, a écrit Abdel Bari Atwan, rédacteur en chef du journal Rai Al-Youm.

Et lui de poursuivre : Les Russes tiennent à la mise en œuvre de l’accord de Sotchi par la partie turque, à défaut de laquelle l’option militaire qui se traduit par le soutient terrestre et aérien à l’armée syrienne, reste la seule option. Tandis que la Turquie réclame la tenue d’un nouveau tour de négociations qui aboutiraient d’un côté à forcer l’armée syrienne à se retrier de toutes les zones qu’elle a libérées au cours des dernières semaines et de l’autre côté, à garantir la poursuite de la présence militaire turque à Afrin, Jarables et al-Baba.

Loin d’apporter les résultats escomptés, les politiques régionales d’Erdogan dont la compagne de la guerre psychologique marquée notamment par les fausses informations sur le nombre exagéré de victimes parmi les militaires syriens sont en train de jouer contre lui.

Erdogan a eu tort de compter sur les éléments de l’Armée syrienne libre (ASL) qui ont été contraints de se retirer de trois villes stratégiques à savoir, Khan Cheikhoun, Maarat al-Nouman et Saraqib, sans même qu’un soldat syrien soit tué. Créés dans le cadre de l’accord de Sotchi sur la création d’une zone démilitarisée à Idlib, les 12 postes d’observation turcs, abritant chacun 100 militaires, n’ont fait que fragiliser l’armée turque face aux forces syriennes. Ayant pris le contrôle de sept des douze postes turcs, l’armée syrienne est désormais en mesure de donner de sévères ripostes sanglantes à toute attaque turque.

Cumulant erreur sur erreur, Erdogan a manqué l’occasion en or en rejetant le plan de médiation de l’Iran qui présenté par le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif, prône la solution politique à la crise entre la Syrie et la Turquie.

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