Feb 20, 2020 09:30 UTC
  • Aïn al-Asad: Royal coup irano-russe?

Des sources irakiennes ont fait état cette semaine des efforts "clandestins" des États-Unis destinés à déployer des batteries de missiles Patriot à Aïn al-Asad, et ce, en dépit de la forte opposition de Bagdad aussi bien du temps de l'ex-Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi que du temps de son successeur, le Parlement irakien ayant voté le 5 janvier dernier le retrait des troupes US d'Irak. 

Il va sans dire que l'apparition des Patriot sur le territoire irakien équivaut à la perte définitive de la souveraineté aérienne d'Irak qui, depuis le crime commis le 3 janvier, tend à revenir à l'État, l'US Air Force n'ayant plus osé multiplier ses vols dans son espace aérien et n'ayant pas été non plus appelé à prendre part aux opérations antiterrorsites. Le contingent US est désormais de plus en plus isolé, de plus en plus haï.

Mercredi 19 février et pour la seconde fois en l'espace de trois jours, la Résistance irakienne Al-Nujaba a fait publier une vidéo tournée à l'intérieur de la base US à Al-Anbar. Si la première vidéo diffusé 48 heures plus tôt mettaient en scène des véhicules blindés bourrés de GI's, la seconde vidéo montre très clairement et à l'aide de caméra infrarouge, des Cobras US en train de déplacer les troupes.

Pour de nombreux analystes, ces images qui prouvent que les moindres agissements militaires US sont minutieusement surveillés par les Hachd, outre signifier l'imminence d'une riposte militaire, démontre que cette riposte pourrait se focaliser prioritairement sur le potentiel aérien des USA en Irak. 

Il y a une semaine, l’opération baptisée Abtal al-Irak (Heros d'Irak) a été lancé à Al-Anbar permettant dans sa première phase à ce que la "DCA irakienne" sorte des limbes. Les sources proches de la Résistance ont affirmé que cette défense aérienne n'avait rien d'américain ou d'otanien, ce qui renforce l'hypothèse qu'elle serait sortie des arsenaux de la Résistance irakienne.  

Mercredi, et dans le cadre des consultations et des échanges d’informations contre le terrorisme, une réunion quadripartite a eu lieu à Bagdad, réunissant l'Iran, la Russie, de la Syrie et l’Irak. Cette réunion intervient au plus fort du conflit à Idlib et alors que plus d'un analyste estime qu'avant même qu'Idlib soit libérée, les "forces alliées" pourront s'en prendre aux Américains à l'est de l'Euphrate

La Russie a dénoncé en effet l'arrivée de 300 camions d'armes et de munition depuis l'Irak à partir du premier janvier à l'est de l'Euphrate. D'ores et déjà les premières opérations anti-américaine ont éclaté à Hassaké et à Al-Tanf avec en toile de fond la mort de forces US; des morts évidemment censurés par les médias. 

Une chose est sûre : la réunion quadripartite Iran-Russie-Syrie-Irak ne pourrait ne pas avoir traité de la présence militaire US à Idlib et sur la rive est de l'Euphrate. Selon l'attaché militaire iranien joint par les médias, les participants à cette réunion ont rendu hommage à la mémoire des martyrs de la Résistance, notamment le général Qassem Soleimani et Abou-Mahdi al-Mohandes, signe que la ligne est conservée et que les parties travaillent toujours à la "neutralisation des USA". 

"Les experts iraniens, russes, syriens et irakiens ont insisté sur le développement de la coopération régionale et internationale pour éradiquer le terrorisme" et évidemment ses sponsors. Ont-ils parlé d'un renforcement du contrôle des forces "alliées" sur le ciel irakien ?      

Ali al-Bayati, membre du Haut-Commissariat des droits de l’Homme (affilié au Parlement), a affirmé mercredi que 926 plaintes avaient été déposées auprès du gouvernement irakien contre la "coalition internationale dirigée par les États-Unis", en grande partie liées aux raids aériens assassins menés contre les civils. Il a précisé que ces plaintes avaient été déposées par les familles des victimes des bombardements menés par les chasseurs américains contre les zones résidentielles dans les provinces d’Al-Anbar, Ninive et Kirkouk.

Ali al-Bayati a noté que presque la moitié des plaintes avaient été déposées par les familles des personnes tuées dans ces bombardements tandis que les autres portaient sur les cas des blessés. "Nous pensons que de nombreux autres cas n’ont pas du tout été signalés", a-t-il estimé.

Il a ajouté que la coalition internationale avait admis il y a quelques jours que pendant les années de guerre contre Daech, environ 1 370 civils avaient été tués en Irak et en Syrie. Par contre, les rapports internationaux ont avancé un bilan d'au moins 11 800 civils tués et de 8 000 autres blessés lors des bombardements menés par les forces de la coalition dirigée par les États-Unis en Irak et en Syrie.

Il a déclaré: "Le gouvernement irakien doit intenter une action en justice et exiger une indemnisation des victimes, car il s’agit d’une violation du droit international humanitaire et des quatre Conventions de Genève, qui obligent les belligérants à ne pas viser les civils et insistent sur la nécessité de leur protection."

En Irak, l'idée d'une "pénalisation" des troupes d'occupation fait son chemin maintenant que le pacte de sécurité Irak-USA n'existe plus. Mais avant les "pays alliés" pourraient bien faire des surprises aux Américains: le ciel du nord, de l'est , de l'ouest et du centre de la Syrie pourraient se lier au ciel irakien au grand dame des USA !

Mots clés

commentaires