Feb 23, 2020 12:21 UTC
  • Golan: l'heure H va sonner?

Le 7 février dernier, l'armée sioniste et son unité d'élite, Golani, ont tenté de s'exercer à la perspective d'une "offensive terrestre" du Hezbollah qui pourrait être lancée au Golan.

Le résultat? 12 blessés dans les rangs des soldats d'élite, bilan qui selon l'état-major de l'armée sioniste, aurait été provoqué par l'explosion d'une "roquette".

Evidemment personne en Israël n'a cru cette sornette puisqu'il faut bien qu'une simple roquette pour envoyer à l’hôpital douze soldats armés jusqu'aux dents et en plus, en plein exercice militaire! Une infiltration de la Résistance en pleine exercice militaire? Possible à en juger un article de Maariv que deux semaines plus tard revient sur la manœuvre et en évoque les non-dits. 

Selon Maariv, l'armée israélienne est, « malgré des manœuvres successives » troublée par les « tentatives du Hezbollah de renforcer son influence sur les hauteurs du Golan » : « Une guerre sur le front Nord serait à coup sûr déclenchée au Golan. Il suffit d'une simple visite dans le triangle frontalier pour s'apercevoir que  le Hezbollah étend son emprise sur la région et approfondit sa présence au sud de la Syrie, dans cette limitrophe du Golan où il est désormais ancré profondément sans qu'il y ait aucune distinction entre lui et l'armée syrienne. »

Et Maariv d'ajouter : « Plus d'un mois et demi après l'assassinat de Qassem Soleimani, commandant de la Force Qods par les Américains, la situation sur le front Nord est toujours tendu et cette tension a été bien palpable au cours des récentes manœuvres qui pourtant ont mobilisé nos meilleurs éléments de l'armée de terre.  Même le commandant de ces exercices en est convenu quand il a affirmé aux journalistes : «C’est un exercice difficile, à la fois physiquement et mentalement. On entame un exercice après l’autre et nous devons nous assurer que nous réalisons l’exercice simulant la réalité pendant la prochaine guerre du mieux que nous pouvons. Mais on est loin d'être toujours à la hauteur». 

Et le journal poursuit : « Certes les services de renseignement et de sécurité n'ont signalé aucun changement majeur sur le terrain. Mais peut-on en être sûr quand tout indique que le plateau du Golan est l'un des terrains de vengeance de prédilection de l'Iran et de ses alliés? Les responsables de la sécurité israéliens estiment que la riposte des frappes aériennes contre la Syrie qu'on attribue à Israël viendrait du Golan et qu'elle impliquerait des missiles de haute précision. Il y a même des militaires qui auraient vu des engins ennemis alors qu'ils étaient en exercice en Galilée. Ces soldats sont bien troublés par ce qu'ils qualifient d'efforts constants du Hezbollah pour renforcer son influence et ses capacités le long de la frontière du plateau du Golan. Ce sont des efforts que se font sous le masque de l'armée syrienne qui y a déployé l'artillerie, l’infanterie et les brigades blindées sur la zone frontalière. »

Le retour de l'armée syrienne dans la région au Golan a permis au  Hezbollah d'étendre son influence, sa présence, voire à l'officialiser. Pire, le commandement du front Nord (du régime israélien) croit que le Hezbollah recueille des informations sur Israël et ses activités militaires et ce, par le biais de moyens de contrôle et d'informations de l'armée syrienne : « Les responsables militaires israéliens craignent que le Hezbollah ne tente de transformer le plateau du Golan en champ de bataille; surtout que les récents exercices n'ont pas été de toute quiétude. L'armée israélienne s'est engagée dans de nombreuses activités. Elle a tendu des embuscades, installé des chars et des forces d'infanterie, pour faire preuve de sa disposition et arrêter des suspects afin de les soumettre aux interrogatoires".

Et de poursuivre : Ces dernières années, une relative stabilité de la sécurité a été maintenue à la frontière libanaise. Le Hezbollah a mené de nombreuses opérations à travers la frontière entre 2000 et 2006. Et les choses semblent être reprises. Peut-on poursuivre les raids en Syrie au risque de provoquer une escalade générale?  La position de l'armée israélienne face à la présence du Hezbollah en Syrie n'est pas homogène et les responsables israéliens se sont divisés à ce sujet. Le principal défi qui préoccupe ces jours-ci des dirigeants israéliens est de savoir si Israël doit agir pour freiner les activités du Hezbollah en Syrie ou pas. Mais si Israël pousse les bouchons trop loin, cela risque d'intensifier les tensions sécuritaires sur les frontières avec le Hezbollah voire aggraver les défis diplomatiques avec la Russie. On ne peut le nier le Hezbollah bénéficie de plus en plus de l'appui russe" 

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