Apr 09, 2020 10:34 UTC
  • F-35 US en Irak: la surprise russe?

La reconfiguration des forces US en Irak, soldée par le départ des GI's de toutes les bases militaires d'importance minime pour deux des plus grosses à savoir Aïn al-Asad et la base d'Erbil se précise :

 Au fait, l’armée américaine, depuis qu'elle a envahi l'Irak, n’a jamais installé de troupes et d’équipements importants sur des bases dont elle vient de se retirer.  K-1, à Kirkouk, ou encore Balad, située dans la province de Salaheddine ont depuis toujours été des "sites" consacrés à la formation du personnel de l'armée de l'air irakienne, une armée de l'air qui rappelons-le, a été avant l'invasion de 2003 l'une des meilleures de la région et qui n'a donc jamais eu vraiment besoin de la formation US.

La reconfiguration des forces américaines étant presque complète, les forces américaines se concentrent donc désormais sur les camps d’al-Taji (dans le nord de Bagdad) et d’Aïn al-Asad (à al-Anbar) mais aussi Harir à Erbil. Et c'est là que le facteur russe entre en jeu. 

Une récente vidéo diffusée par les réseaux sociaux mettent en scène des images particulièrement intéressantes des concentrations de troupes et d'armement sur la base de Harir. Parallèlement au déploiement d'une batterie de Patriot à Aïn al-Asad, Harir se consolide donc : des hélicoptères de combat et de transport de troupes, une batterie de Patriot, des avions cargo et d'espionnage, largement plus avancés que ceux, déployés à Aïn al-Asad. Suivant les images diffusées, harir abriterait au moins 16 Apache AH64, 3 UH60 Black Hawk, 6 CH47 Chinook, un C-130, 4 avions cargo King Air... Les images les plus inattendues sont celles qui mettent en scène au moins deux emplacements pour les F-35... Contre qui sont déployées autant d'armements? 

Certains observateurs n'écartent pas un plan américain visant à contrer la Russie qui depuis fin 2019 possède une base aérienne d'envergure à Qamichli, soit à quelques kilomètres des frontières du Kurdistan irakien. Sur cette base, la Russie a effectivement déployé outre des unités d'hélicoptère, ses batteries de missiles S-400, plaçant ainsi et de facto non seulement le sud de la Turquie mais aussi le nord de l'Irak sur sa surveillance. Pour les analystes qui commentent ces images, les emplacement destinés à accueillir les F-35 en disent long sur les intentions évidemment anti-Résistance mais aussi anti-russe des Etats-Unis en Irak. Après avoir bloqué de facto un accord de la vente des S-400 russes à l'Etat irakien, en implantant sans avoir l'avant de Bagdad ses batteries de Patriot à al-Anbar et à Erbil, la voilà l'Amérique déterminée à contrer la Russie en Syrie via le territoire irakien.

La réaction russe? elle s'esquisse déjà. 

L'hebdomadaire russe affirme dans l'un de ses récents numéros : "la Russie a l'intention d'utiliser ses systèmes de défense aérienne et ses radars les plus puissants pour détruire l'avion américain F-35, afin de démontrer son potentiel et sa volonté de répondre à toute menace américaine. Les USA prétendent que le F-35 est capable de vaincre le système de défense aérienne russe, mais jusqu'à présent, aucune preuve n'a été fournie à ce dire. Quant à la supposée furtivité du F-35, les propos notoires du ministre russe des Affaires étrangères, tenus peu après la destruction en pleine ciel de Téhéran, la capitale iranienne d'un Boeing 737 ukrainien sont bien révélateurs. Sergueï Lavrov a littéralement affirmé que les radars The Container russe avaient, au moment de l'incident enregistré le vol d'un groupe de F-35 «dit furtifs» à une distance d'environ mille mille kilomètres - près de la frontière avec l'Iran. Mais ce n'est pas tout. Les déboires des F-35 israéliens dans le ciel syrien ont brisé le mythe de F-35 comme «super-avion»!»

Et le journal de poursuivre : "Les agissements américains dans le nord irakien, tout près de la base aérienne russe à Qamichli n'échappent pas à la Russie. De plus en plus l'Irak semble devenir une partie intégrante du front qui oppose la Russie et ses alliés aux Etats-Unis". 

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