Jun 03, 2020 06:53 UTC
  • Les F-35 US intimident l'Iran?

La dernière marche arrière US face à l'Iran et de loin la plus grande,  puisque produite dans leur arrière courts, s'est soldé par une annonce : 

48 heures après l'arrivée du dernier navire-citerne iranien Clavel, au Venezuela et alors que trois autres pétroliers se trouvent déjà sur le chemin de retour au milieu de enthousiasme d'un Etat et d'une nation vénézuélien dont le chef s'apprête à se rendre à l'Iran, les médias américains ont fait état du redéploiement de plusieurs F-35 US sur la base aérienne Al Dhafra, à 30 km au sud d'Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis. Il s'agit d'appareils de la 421e escadron de l'US Air Force, ayant décollé de leur base à Utah et qui débarquent pour la troisième fois depuis un an aux Emirats, qui rappelons-le, accueillaient il y a peu les F-22 US. L'objectif? limiter la "casse caribéenne"et intimider l'Iran !

Car que l'Iran et le Venezuela, deux des plus gros producteurs du pétrole et cibles depuis des années des sanctions US, se mettent à ouvrir un couloir maritime d'échange et de commerce sans dollar, entre le golfe Persique et les Caraïbes, couloir transitant pour le reste, par au moins quatre détroits stratégiquement,t vitaux pour les USA sans que l'US Navy puisse lever le petit doigt, cela s'appelle enterrer l'Empire US vivant. 

L'envoi de quelques F-35 aux Emirats ne fait en fin du compte qu'approfondir le sentiment d'impasse et d'échec des Américains. Surtout que  l’avion F-35, techno-merveille de 5e génération, fleuron du Complexe militaro-industriel US, ne pourrait  même pas voler à une vitesse supersonique soutenue! Juste pour rappel, le concept de « 5e génération » n’engage pas uniquement la capacité de voler plus vite que la vitesse du son, cela implique aussi  la possibilité de le faire pendant une longue période, et sans utiliser la postcombustion, dans le mode dit « supercruise », ce qui n'est, de l'aveu du Congrès pas le cas.. 

Mais pourquoi avoir jeté la proie pour l'ombre, et laissé passer l'occasion inouïe d'un face à face avec l'Iran aux Caraïbes, se contentant de brandir encore et encore des F-35, des F-22 sous le nez des Iraniens, sans jamais oser aller au bout? Puisque une guerre est beaucoup plus qu'une simple simulation et qu'au stade où en est l'US Navy, elle ne peut se permettre une quelconque face-à-face avec quel que adversaire que ce soit, encore moins avec l'Iran. 

L’ensemble de la flotte de surface de l’US Navy est désormais compromis en raison de sa structure centrée sur les porte-avions, ces balourdes des mers, parfaitement vulnérables aux attaques navales asymétriques. l'US Navy  manque également de missiles de croisière modernes, ce dont dispose au contraire et en grand nombre l'Iran. Des classes entières de navires de surface sont désormais obsolètes ou présentent des défaillances de conception majeures, comme le programme Littoral Combat Ship (LCS), un fiasco technique et financier. Et ce alors même que la marine iranienne, de petite taille certes, se targue de son agilité, de sa vivacité et de ses innovations et l'exemple de "Ya Madi" , sous-marin sans pilote iranien, en apporte la meilleur preuve.  

Alors, que les USA et leurs alliés régionaux ne misent pas trop sur  le désastre absolu du programme des F-35 pour intimider l'Iran. Ce désastre signifie que, pour la première fois de son histoire, l’avion américain sera surpassé par ses adversaires probables et que la furtivité US et allié est bien menacée par des missiles antiaériens à très longue portée russes et chinois et surtout iraniens lancés du sol voire de l’air.

Certes, les États-Unis ont toujours l’apparence d’une véritable puissance au Moyen-Orient avec des cartes que CENTCOM brandit à tors et à travers. mais depuis la frappe du 8 janvier contre Aïn al-Asad, tout le monde, y compris les alliés US sait que "cette empreinte" vise surtout à les impressionner , à gagner de l’argent sur leur dos.

Quant aux adversaires US dont le Venezuela, il commence à juger bien possible un remake du schémas "golfe persien" aux Caraïbes. Après tout à quelques jours de l'arrivée des navires citernes iraniens au Venezuela, un F-22 et un F-35 s'écrasaient curieusement en Floride tandis qu'un drone RQ-9 s’abîmait sur les frontières avec le Mexique. Quant aux mauvaises langues, elles disent que les navires iraniens ne transportaient pas que de l’essence au Venezuela et que l'Iran ne laisserait pas ses alliés, "désarmés" face à une Amérique agonisante..

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