Jun 06, 2020 17:37 UTC
  • Israël/USA se tirent dessus!

Malgré la coopération et l’alliance stratégique entre les États-Unis et le régime israélien, le conflit d’intérêts entre les deux parties a jusqu’à présent empêché la fixation d’une date pour la mise en œuvre de l’annexion de la Cisjordanie à Israël.

Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, l’annexion de la Cisjordanie est devenue, ces jours-ci, une question clé et préoccupante pour le nouveau cabinet israélien qui travaille d’arrache-pied pour mettre en œuvre un plan qu’il présente comme faisant partie du « Deal du siècle » de l’administration Trump.

Le plan consiste à annexer la vallée du Jourdain et une partie de la Cisjordanie aux territoires de 1948. Pourtant, il y a un différend américano-israélien, qui n’est pas directement mentionné, mais dont les signes se font sentir dans les déclarations des deux parties.

Les points de désaccord entre Washington et Tel-Aviv à propos de l’annexion

Alors que des plans de l’annexion de la vallée du Jourdain et la Cisjordanie auraient été soumis à l’armée israélienne jeudi, certaines des informations contradictoires diffusées par les médias israéliens indiquent que le « plan d’annexion » aurait été reporté. Cette question, qui n’a pas été officiellement mentionnée jusqu’à présent, est axée sur deux points de discorde.

Élections américaines

L’une des raisons pour lesquelles les deux parties ne s’entendent pas sur la mise en œuvre dudit plan est la volonté des Américains de l’appliquer après la tenue de la présidentielle américaine fin 2020. Les Américains ne disent rien directement sur la raison de ce report, mais les analystes disent que Trump entend en profiter pour mener sa campagne électorale.

En réalité, Trump tente d’arracher une concession au lobby sioniste de sorte de l’obliger à lui porter son soutien lors de la campagne présidentielle et de le convaincre que s’il {Trump} n’est pas réélu, le plan ne sera pas mis en œuvre. Ces jours-ci, les sondages et les résultats des élections régionales montrent que le rival de Trump, Joe Biden, va de l’avant, et que les points n’ont jamais été aussi proches au cours des derniers mois, Biden dépassant Trump dans certaines régions. Il semble donc que Trump joue la carte de l’annexion pour gagner les élections.

L’opposition des chefs du Conseil municipal des colonies en Cisjordanie à l’arrêt de la colonisation

Selon l’administration Trump, la colonisation dans les zones de Cisjordanie qui doivent être cédées aux Palestiniens, doit être cessée et reprise seulement après l’annexion de la vallée du Jourdain et des colonies sionistes de Cisjordanie à Israël. Cela fut critiqué par les présidents du conseil municipal des colonies sionistes de Cisjordanie, tous extrémistes religieux, mais pourquoi ? Pour deux raisons : Premièrement, le soi-disant plan d’annexion approuve un arrêt partiel de la colonisation. Deuxièmement, le plan confirme effectivement la création d’un État palestinien en déclarant l’arrêt de la colonisation dans les zones qui devront être confiées aux Palestiniens.

Les remarques de Netanyahu et des signes de tensions entre Tel-Aviv et Washington

L’opposition des chefs du conseil municipal des colonies a contraint Benjamin Netanyahu à s’exprimer sur le sujet. Lors d’une réunion avec eux, il a décrit les différentes parties du soi-disant plan d’annexion. Mais ce qu’il a dit sur l’état actuel des relations entre le régime israélien et l’administration Trump était plus important. « Aujourd’hui, notre relation avec les Washington n’est pas la même qu’il y a cinq mois », a déclaré Netanyahu. Ses propos insistent en effet sur l’existence de dissensions entre le régime sioniste et l’administration Trump : Netanyahu cherche à mettre en œuvre le soi-disant plan d’annexion dans les prochains mois, mais le gouvernement américain ne veut pas le faire si rapidement.

À cela s’ajoute l’arrêt total de la coopération de l’Autorité autonome palestinienne avec Israël.

L’Autorité palestinienne, dirigée par Mahmoud Abbas, a finalement mis en œuvre la décision prise en 2015 par le Comité central de l’Organisation pour la libération de la Palestine, en cessant complètement la coopération avec le régime sioniste. En conséquence, aucune partie de l’Autorité palestinienne n’est actuellement en relation avec les Israéliens. Dans cette conjoncture, l’armée israélienne a d’abord menacé de bloquer la circulation des forces de sécurité de l’Autorité autonome. En revanche, en libérant les recettes douanières et fiscales bloquées du gouvernement autonome, il a annoncé que ces recettes seraient restituées à l’Autorité palestinienne. Mais le gouvernement palestinien a déclaré qu’il refuserait d’accepter cet argent. Il s’agit d’un nouveau problème qui rendra très difficile pour les sionistes la mise en œuvre du plan d’annexion.  

Donald Trump, dont la chance de remporter les élections de 2020 s’amenuise au fil du temps, cherche à assurer sa victoire aux élections en faisant pression sur le lobby sioniste. De son côté, le régime sioniste, qui craint de ne plus avoir la possibilité de mettre en œuvre le plan d’annexion à la suite de l’éventuel échec de Trump, tente de l’appliquer dans les plus brefs délais.

De leur côté, les extrémistes religieux font pression sur le nouveau cabinet de Netanyahu pour mettre en œuvre le plan d’annexion, et l’Autorité autonome palestinienne, en coupant les liens avec Tel-Aviv, a créé un obstacle majeur à la mise en œuvre dudit plan. Reste à voir laquelle de ces parties peut changer la donne en sa faveur et atteindre son objectif.

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