Aug 06, 2020 07:01 UTC
  • La contre

Cette "arme" nouvelle dont disposeraient les Etats-Unis et dont l'usage contre le Liban et partant la Résistance libanaise aurait été décidée la semaine dernière par le cynique général Milley, chef d'Etat major US en visite précipitée en Israël, alors totalement transi de crainte d'une imprévisible mais irréversible riposte du Hezbollah, s'avère certes méga destructrice mais propre à se tourner contre son auteur.

En effet depuis deux mois, des explosions suivies d'incendies se multiplient à travers tout le Moyen-Orient : du cas de "Natanz" au centre de l'Iran avec l'explosion puis l'incendie qui en a endommagé les unités d'enrichissement de l'uranium, à la double explosion de Beyrouth le 4 août en passant par cet énorme feu qui s'est emparé mercredi d'un centre de commerce aux Emirats, ou encore d'un silo à blé à Najaf, tout ceci prouve que le hasard ne pourrait en être un élément moteur.

Certaines sources officieuses évoquent une bombe "MOAB", la plus puissante bombe non-nucléaire que les Américains ont testé pour la première fois en 2017 et dans la "pure tradition de Yankée génocidaire" à Nangarhar en Afghanistan sous prétexte d'avoir à abattre Daech qu'ils nourrissent encore en cette année 2020 depuis leur base à al-Tanf en Syrie ou d'Aïn al-Asad en Irak, tandis que d'autres misent sur des ciblages à l'EMP (électromagnétique pulsion) du dépôt 12 du port de Beyrouth, curieusement rempli de nitrate d’ammonium et de TNT au moment des faits, lequel ciblage aurait provoqué des courts-circuit et dans la foulée, des explosions et incendies. Mais Il y en a une troisième analyse qui se basant sur le nuage de fumée particulièrement inouïe produit par la seconde explosion de Beyrouth, va jusqu'à évoquer l'utilisation d'une "arme simili-nucléaire". Absorbé par ses querelles avec le Pentagone, Donald Trump a d'ailleurs avoué qu'une "attaque terrible avait eu lieu à Beyrouth" avant d'y revenir mercredi soir, assailli par les généraux de l'US Army.

À Beyrouth, l’explosion a fait trembler la terre à 200 kilomètres à la ronde, à une magnitude de 3,5 sur l’échelle de Richter, selon le centre allemand de géoscience (GFZ). Et c’est cette vibration et non pas le souffle de l’explosion qui aurait détruit de nombreux quartiers de la ville. Elle a aussi provoqué une vague géante et a soulevé certaines voitures au port, et non pas poussé latéralement l’eau et les véhicules, mais comme si on avait appuyé sur la mer et sur le lieu immédiat du sinistre.

Ces constats rendent donc, bien ridicule ce discours médiatique, prôné aussitôt après la double explosion à Riyad et à Tel-Aviv, lequel pousse à faire croire que du nitrate d’ammonium accumulé dans le dépôt 12 serait à l'origine de deux déflagrations. Cette substance l'a accéléré certes, mais elle a servi surtout de couverture à l'usage de cette arme américaine dont Milley, a promise l'usage au Sioniste Aviv Kochavi tout en demandant à l'état-major israélien des données nécessaires à mener à bien "l'opération de Beyrouth". Rappelons que 48 heures avant la double explosion, la côte syro-libanise n'a cessé d'être passée au peigne fin de quatre super avions espion US ('P-3, P-8, E...) suivant les cartes publiées par des agences spécialisées, ce qui confirme que le lieu exact de l'explosion avait été préalablement localisé.

A lire DEBKAfile, site proche du renseignement de l'armée sioniste, la réponse est affirmative. Cela a été d'ailleurs le premier objectif de la diabolique "opération Beyrouth" qui a fait à l'heure qu'il est, 135 morts, 5000 blessés, des dizaines de disparus et 300 000 déplacés, soit un chef d'oeuvre de crime comparé à ce que l'axe US/Israël a pu faire en dix ans de guerre mondiale en Syrie. DEBKAfile écrit : 

« Le Hezbollah, qui dispose de certaines capacités, gardera la tête baissée, de peur d'être accusé pour ses  énormes stocks de missiles et d’armes fournis par l’Iran que Nasrallah a caché dans différentes parties du pays. Certes, ce n’est pas le moment pour le Hezbollah d’exécuter sa menace de punir Israël, qui a tué l’un de ses combattants. Par ailleurs, un afflux de fonds d'aide étrangère vers le gouvernement libanais est susceptible d'exacerber les querelles amères entre les trois "sectes" qui gouvernent le Liban et en particulier d'approfondir encore le fossé entre le Hezbollah chiite et les chrétiens maronites. »

L'axe US-Israël a donc cherché en provoquant la troisième plus importante explosion de l'Histoire (après celle de Hiroshima et de Nagasaki, elles aussi signées USA, NDLR) à obtenir trois choses : que le Hezbollah renonce à sa riposte, qu'il soit poussé par les Libanais eux-mêmes à être désarmé et que son alliance vive et efficace avec les Chrétiens du Liban, soit détruite, bref qu'il soit dépouillé de tous ces atouts. 

Mais un constat et quelques rappels s'imposent :

Pour atteindre ces objectifs, l'axe US/Israël a été forcé de sortir de l’ornière, à outre-passer ses leviers de pression classiques qu'il a mis des décennies à construire, guerre et sanction économique, le duo-choc à l'aide de quoi il mettait tout adversaire à genou, et qui n'a pas fonctionné face au Hezbollah, et à provoquer une explosion quasi atomique pour espérer pouvoir changer la donne. C'est là un méga aveu d'échec. Puis "l'opération Beyrouth", bien que spectaculaire, porte de gosses failles et pas des moindres, ce qui risque de changer trop rapidement la joie d'Israël en crainte supplémentaire. Comment?

Il y a peu le Hezbollah proposait un "virage à l'est" au Liban pour que le pays retrouve sa souveraineté, qu'il brise le cercle sanction-restriction US/OTAN. La proposition a provoqué un séisme dans le camp occidental et des réticences des courants pro-Occident au Liban. En réduisant en ruine un tiers du port stratégique de Beyrouth, l'Occident a ouvert grand les portes libanaises à la Chine, puisque il est sûr et certain qu'il n'irait ni lever les sanctions ni débloquer les fonds pour aider le Liban. Mais il y a plus. Le Hezbollah a toujours promis des ripostes à la hauteur des attaques qu'il subit : jusqu'au 4 août 2020, il ne s'agissait que de venger le sang du combattant Ali Kamel Mohsen, tué le 21 juillet dans le sud de Damas, désarmais, il est question de venger le sang des centaines "Kamel Mohsen", sunnites, chiites et chrétiens, sauvagement massacrés par un axe US/Israël qui a franchi toute limite... La riposte à venir ira donc bien au-delà des opérations chirurgicales. Haïfa et pas que lui, devra ressembler à Beyrouth post-4 août... 

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