Aug 06, 2020 19:36 UTC
  • Beyrouth: du nitrate trafiqué depuis Israël?

Si, comme l’a dit Trump, l’explosion à Beyrouth s’est produite à la suite d’une attaque, ce sont les États-Unis et Israël qui sont derrière, estime le rédacteur en chef du journal Raï al-Youm, au lendemain des explosions monstrueuses qui ont dévasté la capitale libanaise, Beyrouth, et fait plusieurs milliers de victimes et de sans abris.

« Pourquoi la déclaration de Trump selon laquelle le bombardement du Liban est une "attaque délibérée" n'exclut pas "la théorie du complot", alors qui est derrière ces événements ? Qui a envoyé le navire de nitrate d'ammonium au port de Beyrouth il y a des années ? Qui a fait obstacle à toutes les demandes de transfert ? Est-ce Israël ou l'Amérique par le biais d’une complicité locale ? Pourquoi ont-ils d’emblée accusé le Hezbollah? S’agit-il d’une coïncidence ? », interroge Abdel Bari Atwan, dans le numéro du mercredi 5 août du journal extra régional Raï al-Youm.

Et Atwan de poursuivre : « Le président Trump a été presque le seul à avoir rapidement affirmé que l’explosion était le résultat d’une "attaque terrible". De même ses généraux, ceux en qui il a confiance, n’ont pas tardé à approuver cette déclaration en excluant l’explosion comme accidentelle vue la portée des déflagrations qui ont soufflé Beyrouth. »

« Il est vrai que les orateurs du Pentagone ont désavoué les déclarations de leur président et les ont ridiculisées, mais Trump ne pourrait pas parler de caprice, souvent, il sait ce qu’il dit. D'autant plus qu'il parle ici d’un Liban confronté aux pressions sans précédent de la part des États-Unis et d’Israël qui ont pour objectif de faire exploser le pays de l’intérieur et de menacer sa sécurité et sa stabilité en déclenchant une guerre civile », a-t-il fait noter.

« Aucune possibilité n’est à exclure, soit qu’il s’agisse d’un attentat délibéré à la bombe soutenu par une partie étrangère en collusion avec certains à l’intérieur qui ne veut pas d’un Liban stable, soit qu’il s’agisse d’un accident résultant de la corruption, de la négligence et de la mauvaise gestion. Mais les questions qui se posent sont de savoir, comment cette quantité de nitrate d’ammonium est arrivée il y a six ans à bord d’un navire moldave au port de Beyrouth, qui en est le propriétaire et dans quel but a-t-il été apporté, voulait-il faire parvenir la cargaison aux terroristes syriens, comme le suggèrent certains rapports, ou la stocker au Liban à des fins terroristes, pour fabriquer des bombes et des voitures piégées », a-t-il indiqué.

« Mais cette cargaison ne pourrait-elle pas provenir d’une partie quelconque et être stockée, à l’aide d’une collusion avec des parties conspiratrices, dans le port du Liban pour être utilisée au moment opportun ? Est-ce les parties qui ont fait obstruction - de bonnes ou mauvaise foi - à toutes les demandes et décisions judiciaires visant à détruire la cargaison ou la déplacer vers un endroit sûr, sont-elles impliquées ? 

Au Liban, tout le monde sait que ce produit chimique est très dangereux, et Israël en a plus de 12 000 tonnes, dont 800 sont distribuées dans plus de 1 500 conteneurs de stockage dans le port de Haïfa », souligne-t-il.

A cet égard, le Dr. Nassib Hoteit, analyste politique libanais, a déclaré à Tasnim News : « L’hypothèse d’un acte terroriste, particulièrement au Liban, n’est pas écartée, car l’explosion s’est produite avant la prise de décision par la Cour internationale de Justice au sujet de l’assassinat de Rafiq Hariri. Un regard analytique sur les informations publiées par les médias libanais et arabes sur l’explosion à Beyrouth montrent les tendances à donner un coup dur au Hezbollah. Au cours des premières heures suivant l’incident, les médias ont annoncé qu’un dépôt appartenant au Hezbollah avait fait l’objet d’une attaque israélienne à Zahiya, la banlieue sud de Beyrouth. »

Évoquant la démission précipitée de certains ministres libanais et les tentatives des médias arabes de semer la sédition, Nassib Hoteit explique que les événements qui se sont succédé au cours de ces dernières semaines et avant que la décision de la Cour internationale de Justice sur l’assassinat de Hariri ne soit prise, était tous des signes avant-coureurs d'un incident.

Inédite au Liban, du jamais vu ni au temps de la guerre civile ni au moment où le pays subissait les attaques israéliennes, l’explosion de mardi à Beyrouth, estime-t-il, ne serait qu’une partie d’un plan crucial qui décidera de l’avenir politique du Liban suite à l’échec des 14 années d’efforts de la Cour internationale de Justice visant à aggraver le chaos au Liban, mais aussi à accuser la Résistance libanaise.

Reste à savoir comment les États-Unis et leurs alliés profiteront de cet événement tragique pour appliquer des sanctions ou demander des concessions sous prétexte d’aider le Liban à se reconstruire.

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