Sep 19, 2020 10:53 UTC
  • Syrie: le face-à-face USA/Iran!

Il y a effectivement un mouvement de balançoire : depuis que la Turquie otaniste a commencé à saigner à Idlib, ayant perdu une dizaine de soldats rien que ces dix derniers jours par de mystérieuses attaques menées à l'aide de missiles antichars AT13 Metis-M,

de fabrication russe et qu'elle commence à émettre des signes d’essoufflement en disant "oui et non" au demande de retrait de la Russie de ses pseudo bases d'observation dans le nord syrien, le Pentagone a compris que le "scénario turc" a fait son temps, Ankara ayant échoué à mettre en place une DCA propre à battre les aviations russes et syriennes au nord de la Syrie et créé par la même occasion une zone no-fly au grand dame de la base aérienne russe de Qamichli qui, rappelons-le, abrite non seulement des hélicoptères promptes à chasser les blindés américains mais encore les batteries de missiles S-400. 

Depuis mars, date à laquelle la Russie a fait la "paix" avec Ankara, ce dernier a tenté de déployer à Idlib, à plus d'une reprise, ses batteries de MIM-23 Hawk livrées par la Grande-Bretagne mais à chaque fois cette ébauche de DCA a été pulvérisée sous les bombes et missiles syriennes et russes. D'où cette annonce- surprise du chef du CentCom vendredi qui a affirmé vouloir envoyer des radars AN/MPQ-64 Sentinel dans le nord est de la Syrie, un radar 3D des postes avancées US contre des engins à courte portée.

Le commandement central de l’armée américaine au Moyen-Orient (CentCom) a « déployé un radar Sentinel, accru la fréquence des patrouilles aériennes au-dessus des zones contrôlées par les forces américaines et déployé des véhicules de combat Bradley » dans cette zone contrôlée par les États-Unis et leurs alliés kurdes, s'en vante d'ailleurs dans un communiqué le porte-parole du CentCom, le commandant Bill Urban.

Ce qui vient tout de suite à l'esprit, c'est le méga clash US/Russie à Hassaké, le 15 septembre qui s'est soldé par la mort de quatre soldats US, déguisés en cas de commotions cérébrales, clash qui aurait poussé les Américains à se doter de quoi protéger leurs forces. Le porte-parole du CentCom le reconnaît d'ailleurs très explicitement et précise que ces mesures sont destinées à « défendre les forces de la coalition dans cette zone et à assurer la poursuite de leur mission (...) sans interférence ». « Les États-Unis ne cherchent à entrer en conflit avec aucun autre pays en Syrie, mais ils défendront les forces de la coalition si nécessaire », a souligné le commandant Urban.

Et pourtant à bien regarder les capacités des Sentinel, il y a des questions qui surgissent : « L'antenne utilise une technologie de balayage électronique à fréquence de phase, formant des faisceaux de crayon 3D nets couvrant un grand volume de surveillance et de piste. Le radar acquiert, suit, classe, identifie et signale automatiquement les cibles, y compris les missiles de croisière, les véhicules aériens sans pilote et les aéronefs à voilure tournante et fixe. Il utilise une vitesse de balayage élevée (30 tr / min) et fonctionne à une portée de 40 km (25 mi). Le radar est conçu avec une résistance élevée aux contre-mesures électroniques (ECM) », dit Wikipédia qui ajoute : « Monté sur une plate-forme remorquée, il peut être positionné à distance du reste de l'unité, fonctionner de manière autonome et communiquer avec le Fire Direction Center (FDC) via une liaison fibre optique à large bande ».

C'est donc toute une DCA "intégrée "que les Américains sont sur le point de mettre en place sur l'est de l'Euphrate peut-être pas directement contre la Russie dont ils croient avoir neutralisé les S-300 et les S-400 à l'aide de la Turquie mais contre une DCA naissante qui les inquiète. Au moment où une guérilla tribale à Deir ez-Zor commence à bien chasser les troupes US et les FDS des villages entiers de Deir ez-Zor ou de Hassaké et ce, malgré l’assistance tribale d'origine saoudienne dont bénéficient les Américains, la question qui se pose est : contre qui cette mini DCA intégrée est-elle dressée? 

Depuis juin, l'axe de la Résistance a réussi à créer une défense aérienne pertinente sur la frontière syro-sud libanais, Défense qui a fait fuir les F-16 israéliens du ciel du sud du Liban, les poussant à lancer leurs raids aériens contre des cibles en Syrie, à partir du ciel de la Jordanie et de l'Irak soit à partir de la base US à al-Tanf. Le déploiement des radars Sentinel en Syrie répond à la crainte de voir la DCA made in Iran de la Syrie atteindre la Syrie orientale, si ce n'est déjà le cas. 

Sous prétexte de lutter contre les terroristes de Daech et de soutenir les Kurdes syriens, les troupes américaines ont implanté une base militaire dans le nord-est de la Syrie. 
Les États-Unis, pourchassés entre la Syrie et l'Irak où ils subissent quotidiennement des attaques de la Résistance irakienne viennent d'envoyer une unité blindée toujours sur la rive est de l'Euphrate mais cette fois-ci depuis leurs base au Koxeit, signe que les voies d'approvisionement logistique des USA en Irak sont désormais impraticables, celles-ci faisant l'objet des attaques récurrentes à raison de 2 ou 3 fois par jours.

Selon Jerusalem Post, il s'agit des unités blindés M2A2 Bradley que les Américains auraient fait transiter depuis leurs bases au Koweit. En d'autres termes, puisque le ciel syrien se prête de moins en moins à l'action terroriste US/Israël, les Américains viennent de procéder toujours en soutien à Israël à un déploiement des forces terrestres en Syrie. Mais il y a les Russes qui les attendent au tournant tout comme les forces de la Résistance. 

« Plus de 2 000 soldats américains, répartis sur 19 bases militaires situées le long des frontières entre la Syrie, la Jordanie, l’Irak et la Turquie, opèrent illégalement en Syrie. Le Pentagone déploie un petit nombre de troupes américaines en Syrie après une série de rencontres tendues entre les militaires américains et russes », selon trois responsables du Pentagone cités par NBC News qui ajoutent : « Les troupes et les véhicules serviront de démonstration de présence pour décourager l'armée russe de pénétrer dans la zone de sécurité orientale où opèrent les forces de la coalition et les Forces démocratiques syriennes », ont déclaré les responsables. Et NBC News d'ajouter: « Il s’agit du déploiement de moins de 100 soldats opérant au nord-est de la Syrie dans le cadre d’un déploiement de 90 jours ». Le mot "russe" sonne faux. L'armée tribale et ses attaques anti US demandent des blindés pour être contrées mais sera-t-elle contrée? Ce qui se passe en Irak en ce moment même prouve le contraire. 

 

 

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