Sep 22, 2020 21:02 UTC
  • Hezbollah: la guéguerre de Trump

Réagissant aux nouvelles manœuvres américaines, le journal libanais Al-Binaa les qualifie d’« erreurs stratégique » et écrit : « Ce n’est pas simplement une erreur de calcul, mais une erreur stratégique majeure perpétrée par les États-Unis. »

« Washington pense que la pression contre l’Iran et le Hezbollah les conduira à réagir militairement et que les agissements militaires américains contre ces deux acteurs de la région, perpétrés sous couvert d’opérations de défense, pourraient ainsi être justifiés », peut-on lire dans une analyse du journal Al-Binaa.

Pour l’éditorialiste du journal libanais, cela fournirait l’occasion à Donald Trump et à son armée d’activer leur machine de guerre contre ceux qu’ils appellent « ennemis », et cela, au nom d’un pseudo « acte de défense », mais en réalité, c’est « la machine électorale » de Trump qui se veut plus puissante et mieux organisée qu’en 2016 afin de gagner plus de votes pour obtenir un deuxième mandat.

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, et les autres faucons républicains ont convaincu Trump que le chemin le plus court vers la victoire aux élections de novembre passerait par le déclenchement d’une guerre « limitée » contre l’Iran et le Hezbollah.

Des calculs américains, « superficiels et naïfs », note le journal, car les Américains semblent avoir oublié que les équations de 2020 sont différentes de celles de 2010.

L’auteur de l’article s’intéresse aux relations compliquées entre les États-Unis et la Russie aux accents de guerre froide et poursuit : « En ce qui concerne la Russie, les États-Unis se trouvent devant une situation désastreuse et complexe. Avant les évolutions du monde arabe, connu sous le nom de Printemps arabe, la Russie avait un gouvernement intérieur puissant et stable sans être pourtant une puissance d’influence mondiale. Mais maintenant, elle s’est transformée en un acteur principal de l’ordre international et régional dont l’influence ne se limite pas à la Syrie, mais s’exerce un peu partout, dont le continent africain avec la crise libyenne. »

Moscou s’était également taillé une place de choix dans le régalement de la crise yéménite, rappelle le journal.

Pour l’éditorialiste du quotidien libanais Al-Binaa, les velléités agressives des États-Unis dans la région n’étaient qu’une carte d’invitation à l’adresse des Russes pour qu’ils sortent de leur isolement et émergent comme un rival international majeur face aux Américains.

Quant à la Chine, le journal libanais écrit : « La Chine est un autre obstacle qui se dresse devant les États-Unis face auquel Washington n’a pu rien faire. L’économie chinoise est nettement en avance sur l’économie des États-Unis et aucune des mesures de blocages économiques de Trump n’a pu arrêter la Chine. Par contre, Pékin a choqué les Américains en annonçant sa volonté d’utiliser la force militaire pour se défendre si nécessaire, ainsi que sa volonté de dédolariser son économie. »

En ce qui concerne l’Iran, l’auteur indique : « Trump pense pouvoir améliorer sa position électorale et prolonger sa présence à la Maison-Blanche avec ses actions iranophones, mais cette politique n’a fait que conduire Téhéran à renforcer ses capacités militaires de jour en jour. Les récents exercices militaires dans ce pays en sont des preuves. »

En fin de compte, concernant le Liban et le Hezbollah, Al-Binaa a écrit que les complots américains pour mettre fin à la Résistance et assiéger le Liban afin de contraindre le pays à entrer en dialogue direct avec le régime de Tel-Aviv n’ont abouti à rien.

Toujours est-il que les médias mainstream n'ont pas hésité à annoncer que l'explosion survenue ce mardi dans un village au sud du Liban avait visé le mouvement de résistance libanais, ce que le Hezbollah n'a pas confirmé. 

« Certes, le Hezbollah ne cédera en aucun cas et restera actif au sein du gouvernement en tant que représentant officiel d’une partie politique influente et populaire », conclut l’article. 

 

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