Sep 23, 2020 12:13 UTC
  • Israël a-t-il frappé le Sud Liban?

Cette explosion le 22 septembre au sud du Liban a-t-elle été un incident ou une attaque?

Tout au long de la journée de mardi, l'aviation israélienne n'a cessé de survoler la frontière syro-libanaise, un peu comme les heures précédent la double déflagration du 4 août qui a dévasté le port de Beyrouth pour le grand bonheur non seulement de Paris qui croit pouvoir restituer sur les ruines libanaises son empire d'antan mais aussi d’Israël qui avec ses "amis golfiens" tire de ridicules plans sur des comètes et se frotte les mains à l'idée de pouvoir imposer Haïfa en lieu et place de Beyrouth et partant, à faire aussi contourner le canal de Suez dans le flux du transit marchand international et faire deux coups d'une seul pierre, à la fois contre la Résistance mais aussi contre l'Égypte! 

Mais que s'est-il passé le 22 septembre au Liban? La branche médiatique officielle de l’armée libanaise a publié un communiqué où elle explique que la puissante explosion a eu lieu en effet, "vers trois heures, dans l'un des bâtiments de la ville d'Aïn Qana -district d'al-Tuffah, à Nabatiyeh" et que dans la foulée, l'armée s'y est présentée pour mener son enquête. Les premiers éléments en indiquent que l'explosion s'est produite au siège d'une organisation chargée de déminage du territoire du Sud libanais, encore fortement miné depuis la guerre de 2006 et que surtout, il n'y a eu ni morts ni blessés. Pas de ciblage à l'EMP ou arme nouvelle donc! Cependant, tout au long de la journée de mardi, un peu comme la journée de mardi 4 août, les avions israéliens rodaient au-dessus des frontières syro-libanaises, sans doute en mission de collecte de données et une fois l'incident produit, c'est la presse israélienne qui s'en saisit en premier. Et pour dire quoi? Pour dénoncer de supposés "entrepôts de missiles" du Hezbollah, "cachés dans des villages du sud" et que "la FINUL devra avoir pour mission de détecter" puis de "neutraliser" puisque c'est sur ceci que l'offensive anti-Résistance commencée depuis trois ans et sans cesse échouée devra déboucher. 

Mais en terrible attente depuis le 21 juillet -date à laquelle il a commis l'erreur de frapper le sud de Damas et de tuer un combattant du Hezbollah- d'une riposte qui a déjà mis sens dessus dessous tout le front Nord de l'entité, Israël ose-t-il réellement une "attaque" contre le Sud du Liban? Difficile à répondre par oui. A en croire la presse israélienne, le régime de Tel-Aviv en est désormais à vouloir vider les 22 colonies du nord d’Israël de leurs colons et de les peupler exclusivement d'effectifs des forces élites et de militaires. Sur l’efficacité d'une telle mesure, le doute est entier en Israël puisque ce sont ces mêmes unités qui se cachent en ce moment derrière des civils pour éviter les tirs des snipers du Hezbollah, n'empêche que l'entité, totalement dans l'impasse, ne voit d'autres horizons, puisque l'état d'urgence permanent qui règne sur les frontières avec le sud du Liban est intenable.

A la Knesset on s'arrache donc les cheveux pour trouver, selon le site israélien Walla, de quoi se payer la construction de "600 bunkers fortifiés" dans les colonies du Nord. Il s'agit de bunker anti-bombe, anti-missile, anti-drone mais pas forcément anti-commando du Hezbollah que l'armée sioniste devrait ériger à l'intention des colons, en étant désormais totalement sur la défensive, sans que le Hezbollah ait tiré un seul engin.

Le Comité des affaires étrangères et de la sécurité de la Knesset s'est réuni ainsi mardi pour discuter des détails du projet "Bouclier du Nord" (encore un) qui prévoit la "bunkerisation" des colonies face au Hezbollah qui est dans toute la région la seule force militaire terrestre capable de lancer une offensive asymétrique et classique contre la Galilée et d'en prendre le contrôle -non pas pour une semaine comme le prédisent les analyses les plus optimistes des officines sionistes mais pour longtemps- juste avant de lancer des vagues successives de missiles sur Haïfa, Tel-Aviv et les sites gaziers offshore. Et ceci sans compter Gaza, cette autre réserve stratégique de la Résistance qui vient de mettre au point une "feuille de route militaire" conjointe avec le Hezbollah, lors de la toute récente visite de Haniyeh à Beyrouth. Cela signifie que l'offensive contre la Galilée sera déclenché simultanément avec cet autre théâtre d'opérations qu'est le front Sud et ce sur fond là encore de tirs de missiles, d’opérations commandos visant Eilat, Ashkelon, Ashdod et toute la bande du sud. Alors que peuvent faire 600 abris bunkérisés sur le front Nord? Pas grand chose si ce n'est vendre aux colons le fait qu'ils vivent toujours en "Terre promise". Mais même eux, n'y croient plus et se fient aux textos de Nasrallah qu'au bavardage des officiers sionistes!

Le ministre des Affaires militaires, le général Benny Gantz, a souligné la nécessité de préserver la sécurité des colonies du nord vu l'escalade des tensions avec le Hezbollah libanais.

Walla rapporte que le Comité des affaires étrangères et de la sécurité discuterait du projet Bouclier du Nord, proposé par le chef d’état-major, le général Aviv Kochavi, pour fortifier les colonies du nord. 

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