Oct 21, 2020 19:53 UTC
  • Trump éliminé: MBS partira?

L’Arabie saoudite et le régime sioniste craignent qu’avec la défaite de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine, leurs acquis de ces quatre derniers ans à la Maison-Blanche ne soient détruits.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu poursuivent un objectif commun dans le cadre de l’élection présidentielle américaine. Voici sur quoi revient Marc Champion, un correspondant international de haut rang à Bloomberg dans un article.

Selon Bloomberg, malgré leurs divergences concernant les intérêts régionaux et internationaux, l’Arabie saoudite et le régime sioniste souhaitent que le président sortant Donald Trump soit élu pour un deuxième mandat à la Maison-Blanche, d’où la poursuite d’un objectif commun. Car la défaite de Trump signifie l’échec de leurs plans et complots.

« De nombreux gouvernements célèbrent la défaite du président américain ; alors que pour d’autres les choses pourraient être bien tristes étant donné Trump a eu un brillant bilan dans le sens des intérêts de ces derniers et qu’il a été partisan de leurs crimes. L’Arabie saoudite et Israël sont parmi les perdants les plus importants du revers de Trump aux élections de novembre », a souligné Marc Champion.

Le point commun des parties pro-Trump est leur tyrannie, l’Arabie saoudite et le régime sioniste ont peur de la défaite de Trump parce que cela marquerait la perte de leurs acquis de ces quatre dernières années à la Maison-Blanche, ajoute l’article.

Le régime sioniste est inquiet d’une éventuelle victoire de Biden aux élections, en raison de la suspension des programmes de coopération entre Tel-Aviv et Washington et la cessation des acquis obtenus pendant quatre ans de présidence de Trump, et l’Arabie saoudite est aussi préoccupée en raison de la pression croissante sur les affaires de droits de l’homme, la réduction des accords d’armements et la fin de l’intervention des États-Unis dans la guerre contre le Yémen. Mais leur préoccupation commune concernant l’arrivée au pouvoir des démocrates à la Maison-Blanche est le retour des États-Unis à l’accord nucléaire de 2015, toujours selon la même source.

Bloomberg ajoute que Trump a entretenu une relation profonde avec l’Arabie saoudite pendant les quatre années de son mandat, à tel point qu’il a choisi Riyad pour son premier déplacement officiel à l’étranger en 2017 où il a été accueilli par les Saoudiens devant un hôtel somptueux où sa délégation a séjourné.

Ben Salmane a réalisé des gains importants de sa relation avec Trump, le plus important étant le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire avec l’Iran. Trump a également offert un soutien personnel et a opposé son veto aux sanctions du Congrès lorsque MBS, comme il le sait, a été assiégé par des accusations selon lesquelles il aurait ordonné le meurtre en 2018 de l’éminent critique du régime Jamal Khashoggi.

Le prince héritier d’Arabie saoudite risque de perdre Donald Trump et ses alliés, et si Joe Biden remporte l’élection présidentielle, Ben Salmane aura de quoi s’inquiéter, notamment des visions de Biden et de la manière de traiter avec lui, d’autant plus que Joe Biden s’est exprimé contre l’Arabie saoudite à l’occasion de l’anniversaire de l’assassinat de Jamal Khashoggi. Biden a également déclaré qu’en cas de victoire, il ne soutiendrait pas l’agression saoudienne contre le Yémen. Il est clair que l’annonce de telles positions de la part de quelqu’un qui pourrait être en charge de la Maison-Blanche affole le régime de Riyad.

L’Arabie saoudite a joué un rôle clé dans la décision de Trump de retirer les États-Unis de l’accord nucléaire. Riyad avait mis à son ordre du jour une alliance avec Tel-Aviv pour entraver les progrès dans les négociations sur le nucléaire iranien.

En ce qui concerne les sionistes, Trump a, à maintes reprises, violé les anciennes positions des États-Unis : il a reconnu l’annexion par Israël du Plateau du Golan occupé en 1967 et transféré l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Qods.

Malgré l’échec des plans des sionistes de vouloir annexer des parties de Cisjordanie, le « Deal du siècle » pourrait être relancé dans la deuxième période de présidence Trump à la Maison-Blanche, et les États-Unis essaieraient de le mettre en œuvre sous prétexte du rétablissement de la paix au Moyen-Orient.

Trump a également signé des accords de normalisation entre les Émirats arabes unis et Bahreïn avec le régime sioniste. De nombreux Israéliens craignent que le régime de Tel-Aviv ne fasse l’objet d’un examen plus minutieux sous l’administration Biden, tandis que l’establishment de la sécurité s’inquiète d’un retour des États-Unis à l’accord nucléaire iranien.

La publication des propositions du Parti démocrate et les remarques de Biden ont soulevé des inquiétudes au sein du régime israélien, d’autant plus que les responsables sionistes ont joué un rôle important dans le retrait de Trump de l’accord nucléaire.

Benjamin Netanyahu a également été l’un des principaux incitateurs de Trump à se retirer du PGAC et à durcir les sanctions contre l’Iran. Netanyahu a reconnu à plusieurs reprises qu’il était responsable de la décision de Trump de se retirer de l’accord nucléaire. L’ambassadeur d’Israël à Washington, Ron Dermer, a également déclaré lors de la réunion du lobby de l’AIPAC de 2019 que l’appel à une nouvelle adhésion des États-Unis à l’accord nucléaire était inacceptable pour Israël.

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