Oct 29, 2020 17:38 UTC
  • Idlib: le Sultan

La frappe aux missiles "Iskandar" qu'a lancée la Russie le lundi 26 octobre à Idlib contre un camp d'entrainement et de recrutement des terroristes de Faylaq al-Cham semble avoir fait trop de mal, le Sultan d'Ankara y ayant perdu visiblement quelques gros bonnets, ceux là même qui rameutent les troupes en direction du Caucase-sud.

Il est vrai que ce tournant "balistique" que vient de connaitre la guerre en Syrie et qui place d'emblée l'Etat syrien et ses alliés contre l'OTAN pourrait déboucher sur des épisodes encore plus sanglants pour les occupants, si d'aventure, la Syrie se mettait à faire un usage plus large de "missiles" dans les combats. Evidemment, il s'agit d'une option à laquelle Dama n'a pas pensé puisqu'Idlib est la terre syrienne et que des missiles sont faits pour détruire l'ennemi et non pas sa propre maison.

N'empêche que la précision du tir et la puissance du feu et l'ampleur de la destruction causée ne peuvent laisser indifférents. Y a-t-il le risque que la frappe au missile du 26 octobre ne soit pas la dernier? En effet juste avant cette attaque qui aurait fait selon un dernier bilan 200 morts et blessés dont des officiers turcs, l'armée syrienne et la Résistance ont fait le même coup à Morek, toutefois avec des engins moins puissants. Et il s'agissait là encore de prouver que les drones Bayrakdar, aussi ingénieux soient-ils, sont incapables de faire gagner une guerre surtout quand celle-ci entre dans la phase balistique. D'où cette crainte et cette menace du Président Erdogan qui selon le site web militaire russe, Avia-Pro,a accusé la Russie d'avoir attaqué des militaires turcs en Syrie et s'être exposée ainsi à la riposte russe. 

Selon Erdogan, la Russie a violé les accords conclus précédemment et Ankara se réserve le droit d’y réagir, ce qui n'exclut pas que cette «réponse» puisse impliquer une frappe contre les troupes russes en Syrie. Mais Erdogan est allé encore plus loin : 

«L'attaque de la Russie visant le centre de formation des forces de l'armée nationale syrienne est un signe qu'une paix et un calme durables ne sont pas voulus dans la région», a déclaré Erdogan aux législateurs du Parti de la justice et du développement au pouvoir, ajoutant que si les promesses d'éloigner les terroristes des zones identifiées en Syrie ne sont pas remplies, la Turquie a le droit de les expulser.

A quoi rime cette menace? La Tuqruie s'apprête-t-elle à l'instigation de l'axe US/OTAN à envoyer ses F-16 bombarder la base russe en Arménie ou cherchera-t-elle à monter des attaques contre les patrouilles russes transitant le M-4? Une chose est sûre : la présence turque à Idlib commence à être comptée.  Surtout que le missile Iskandar visiblement tiré depuis la base de Hmeimim pourrait s'accompagner désormais de "redoutables missiles de fabrication iranienne". En 2018, quelques missiles de type Zolfaghar ont pulvérisé le QG des terroristes à Deir ez-Zor où l'Iran a vengé la mort de 23 de ses ressortissants tués dans une attaque terroriste de Daech à Ahwaz (sud d'Iran). Pourquoi ne pas en reproduire l'expérience maintenant que les terroristes pro-Sultan sont exportés d'Idlib vers le Haut-Karabakh, aux portes de l'Iran?  

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