Dec 14, 2020 09:07 UTC
  • Arabie : Djeddah frappée encore ...

Pour sa Majesté la Royale Army a été appelée au lendemain de la frappe au missile solitaire Qods-2 contre le réservoir 9 de la raffinerie de Djeddah avec en toile de fond la rupture pour une assez longue durée du réseau de distribution du pétrole aux pays voisins voire à l'Europe, c'est plutôt limite :

un pétrolier britannique vient d'exploser à quelques mètres du port stratégique de Djeddah, haut lieu des exportations et des importations saoudiennes, en se heurtant selon l'AP, à un objet "non identifié" : l'info est d'ailleurs relayée par le centre de commerce maritime britannique avant même que WAS l'agence de presse saoudienne en parle, signe que la Grande-Bretagne dont les démineurs et commandos rôdent depuis 21 jours au large de Djeddah en mer Rouge en quête des "objets inconnus" a très bien compris la combine.

L'explosion a provoqué déjà une marée noire bien que les 22 membres de l'équipage battant le pavillon de Singapour ait réussi à sauver des eaux. Les versions divergent bien évidemment d'une agence "mainstream" à l'autre, les uns évoquant "un bateau piégé" les autres " une mine marine" voire un "missile tiré depuis les mers". 

Depuis le 22 novembre et le tonitruant tir de missile balistique d'Ansarallah qui a fait un trajet de pas moins de 1400 kilomètres avant de s'abattre sur sa cible, les forces spéciales British sont déployées à travers tout le territoire saoudien pour tenter d'obvier au manque criant de la DCA qui composée essentiellement de Patriot, a été parfaitement atone le jour de l'attaque. Mais les British qui pour cause des liens historiques avec les Saoud, se sentent engagés à éviter le naufrage du trône dans les marécages yéménites, se sont activés bien plus que cela.

Alors même que les derniers vestiges de l'occupation saoudienne disparaissent très rapidement de la ville pétrolifère de Maarib, occupée depuis des décennies par BP, Chevron, et les autres pétroliers-vautours, les militaires de sa Majesté viennent de subir une opération-éclair au port stratégique saoudien de Jizan où Londres a pour mission de "sécuriser les côtes". C'est dire que la Royal Army qui a débarqué pas plus tard qu'il y a quelques jours à l'aéroport militaire de Mahra, province orientale yéménite, là encore pour "préserver les intérêts pétroliers saoudiens" mais à vrai dire, britanniques et évidemment rendre service aux Américains et aux Israéliens n'a pas les bras si longs et que le fait de compter sur elle, et sur sa puissance militaire pour se sauver des  eaux yéménites, s'avérerait plutôt suicidaire pour Riyad. 

Le pétrolier britannique vient d'exploser à Djeddah, cela veut dire que les masques sont tombés, que la Résistance yéménite, un acteur international émergent en mer Rouge,  se mesure désormais à l'Amérique et à l'OTAN.

Dans un tout récent message secret à l'adresse d'Ansarallah, les États-Unis l'ont reconnu en affirmant que pour l'avenir de cette guerre, ce n'est pas Riyad qui décide, mais c'est l'axe US/Israël... A la bonne heure!  Au sein des instances directionnelles de la Résistance yéménite, on parle, en fonction de cette menace nouvelle, de contre-offensive. On projette donc d'ajouter un cinquième exploit drone-missile à la liste déjà longue des trophées militaires anti-Empire d'Ansarallah. 

En six ans de guerre sans pitié contre la population yéménite, les missiles-drone d'Ansarallah ont déjà brillé à quatre reprise dont pour une dernière fois le 22 novembre. Mais déjà, le 14 mai 2019  ils ont frappé la station de pompage du gaz et du pétrole à Al-Afif et Al Duadmi dans l'est saoudien, avec son pipeline long de 1170 kilomètres reliant le golfe Persique à la mer Rouge et une capacités d'exportation et de transit de 3.2 millions de barils.

Le coup n'a pas servi de leçon et la seconde frappe survint contre la raffinerie d'al-Shaybah à l'est du "Quart Vert" sur la frontière saoudo émiratie. 10 drones Samad ont visé ce pipeline de 1200 kilomètres alimentant la troisième raffinerie d'importance saoudienne. Le 14 septembre 2019, Aramco a saigné à Buqaiq et à Al Kharis dans le cadre d'une opération spectaculaire impliquant 21 missiles de croisières Qods-1 et de drones kamikazes. L'attaque a fait date, les réservoirs de LNG et les colonnes de distillation étant partis en fumée. Yaura-t-il une cinquième frappe, "ultime" celle-ci ?

Américains et Britanniques en tremblent. L'explosion à bord du pétrolier britannique pourrait en être un prélude. Aramco que sa Majesté dit être ne mesure de protéger, dispose de 8 raffineries d'envergure dont quatre avec une capacité de 10 millions barils ont déjà été ciblés avec en amont des queues aux stations-service à travers tout le territoire saoudien et d'importants retards de livraison. Reste "Al Manifa" près du Koweït, la raffinerie de Qatif, près de Bahreïn, Bahreïn abritant la Ve flotte US...Sa Majesté ne devrait plus dormir sur ses lauriers même si elle compte assurer la relève à l'heure de passation du pouvoir à Washington. C'est alarmant fort alarmant quand on sait qu'à Socotra ce sont encore les Britanniques qui s'offrent en premier pour créer une base US/Israël/OTAN, croyant pouvoir dominer le carrefour energétique en mer Rouge.

 

 

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