Jan 05, 2021 12:02 UTC
  • Irak: l'US Army frappée encore

A peine quelques heures après la fin des commémorations des martyrs Soleimani et Abou Mohandes, double attaque visant les convois militaires US en Irak :

Une première attaque s'est produite ce mardi matin à l'aube, à Doujaïl, dans la province irakienne de Salaheddine, au nord de Bagdad, détruisant un convoi logistique de l'armée américaine. La seconde, survenue à peine quelques heures plus tard toujours à Salaheddine n'est pas encore revendiquée, au contraire de la première que revendique haut et fort le groupe pro- Résistance, Qasim al Jabarin. Quant aux bilans, ils restent pour le moment non déterminés. 

Ces 9 millions d'irakiens venus le 3 janvier sur la place Tahrir de Bagdad commémorer le grand général Soleimani et ses lieutenants et dont la méga marche a rapidement pris l'allure d'une manif anti-occupation semblent donc avoir tiré la sonnette : la fin de la récrée s'approche pour les Américains en Irak : Plus de 90 attaques à compter depuis janvier 2020 et toujours bien calibrées de façon à ce qu'il n'y ait pas de morts, ce qui n'est pas sûr une fois le 20 janvier, date de la passation du pouvoir à Washington expirée comme l'ont promis les groupes de la Résistance au gouvernement Kazemi. 

Mais dans les faits, les États-Unis se trouvent presque mis au pas : les attaques consécutives à la bombe visant systématiquement les convois militaires US à travers tout Irak, et surtout ciblant les principales artères de transit d'armes et de munitions en provenance du Koweït et de la Syrie, et bloquant ainsi les vannes militaires aux troupes US. La paralysie est si grande que les Américains se voient dans l'obligation de faire escorter les gros convois par leur armée de l'air! Ce fut le cas de ce convoi d’équipements militaires composé de 200 véhicules Hummer, qui est entré dans la base d’Aïn al-Asad depuis la ville de Bassora, escorté par des chasseurs qui n'ont cessé de survoler la région jusqu'à ce que le convoi atteigne la base aérienne dans la ville de Hit, à l'ouest de la province d'al-Anbar. C'est dire à quel point l’étau se resserre sur les Yankee. 

Surtout que le coup de Daech bis, héliporté depuis la Syrie à Al Anbar ,à Salaheddine, à Kirkuk ou encore à Diayala est un fiasco total plus de huit mois après son déclenchement. Sadegh al Hosseini, porte-parole des Hachd al-Chaabi à Diyala vient de l'annoncer, "les États-Unis ont échoué à enfanter la seconde génération de Daech". Cité par Malouma, le commandant fait état de la capitulation des dizaines voire des centaines de commandants daechistes, venus de Syrie et ailleurs et ce sans aucune forme de résister, "signe que cette seconde génération des agents US a totalement perdu foi et confiance aux Américains" : " 90% des kamikazes, que les Hachd al-Chaabi ont capturés, menaçaient au moment de l'arrestation de capturer leur ceinture explosive, mais ils ne l'ont pas fait. C'est un pion totalement brûlé des Américains qui pour rester en Irak n'ont désormais d'autres choix que de faire face directement aux Irakiens. 

Et le commandant ne croit si bien dire : pour la première fois depuis l'invasion de l'Irak en 2003 le gouvernement irakien a déposé une plainte contre les Etats Unis pour avoir fait l'usage de l'uranium appauvri contre les civils. La thématique a refait surface il y a quelques temps quand les députés irakiens ont dénoncé des exercices militaires constants des troupes US dans l'ambassade américaine dans la Zone verte, exercices menés en présence des batteries de DCA et des C-RAM qui diffusent de grosses quantités de radiation dans l'environnement. La plainte a été déposée auprès d'un tribunal suédoise et elle est datée de 26 décembre 2020. Une équipe d'avocats irakiens résident en France, au Canada, au Copenhague, et en Belgique ont aidé les familles irakiennes ciblées par des sous-munitions à déposer la plainte. Les Américains ont bombardé à l'uranium appauvri l'Irak en 1991, 1998 et 2003. 

Signe des temps, la Résistance irakienne est sur le point de faire un lent mais un sûr déplacement : après avoir encerclé les troupes US à travers tout Irak, leur resserrer la vis sur les principales voies de transit d'armes et de munitions, puis viser le ciel irakien avec de claires exigences de le doter de DCA russe, iranienne ou ukrainienne, elle passe au terrain politique. Les victimes de l'usage par US de l'uranium appauvri ne pourraient être indemnisées que si l'Irak revient pleinement sur ses accords militaires signés avec les Yankee. ce sera un supplément à ces 7  trillons de dollars que Trump regrette d'avoir perdu en Mésopotamie, région où " un président US n'ose pas s'afficher sans escorte de ses drones et chasseurs F-16" . 

 

Mots clés