Jan 20, 2021 17:18 UTC
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Devant le Congrès, un ancien de la guerre d'invasion de l'Irak de 2003, pressenti pour le poste de chef du Pentagone Liyod a dit dans la nuit de mardi à mercredi 21 janvier, qu'il compatit revoir la présence US dans le golfe Persique puisque les troupes US avaient besoin à être redéployer à l'effet de contrer la Chine:

Evidemment la perspective de la "menace iranienne" tout comme l'engagement US " à sécuriser Israël" n'a cessé de refaire surface dans le discours de cet ex collabo de Collin Powel, n'empêche que cette tendance à la marche arrière a été bien perceptible. Quelques heures auparavant, les Emirats, littéralement débordés par cette vaguer de reconstitution d'alliance en cours qui s'abatte sur lui à l'approche de l'investiture de Biden-l’Égypte vient de reprendre ses liens avec la Turquie- a annoncé vouloir suspendre la suppression du visa avec Israël jusqu'à l'été 2022 en attendant des évolutions futures. Certes l'attitude littéralement colonialiste des touristes israéliens à Dubai et à Abou Dhabi y est pour quelque chose Ben Zayed, ne serait jamais allé jusqu'à revenir sur cette mesure phare de l'accord d'Abraham, si le contexte le lui n'avait pas dicté.

En moins d'un mois, les forces armées iraniennes ont mené plus de 10 exercices, dont un tout dernier impliquant l'armée de terre. mardi, des images de toute première opération aéroportée lors de leurs manœuvres militaires Eqtedar -99 le long de la côte sud iranien, Makran, ont envahi la toile alors que ces mêmes forces diligentaient des opérations offensive, ce qui est rare car jusqu'ici, les exercices des forces terrestres ne revêtaient qu'un caractère défensif. En plus de l'opération aéroportée, les unités navales des forces armées iraniennes ont participé aux exercices de débarquement, une première, le long de la côte de Makran. Mardi, le commandant en chef du CGRI, le général Hossein Salami, n'est pas allé par quatre chemin pour dire que ces exercices à répétition, impliquant non seulement des armements performants mais en core des tactiques et de la technique de guerre inouïe étaient menés délibérément pendant les dernières heures du mandat de Trump , que l'Ira vient tout juste de blacklister pour cause de crime terroriste.

Certains observateurs verraient à travers ces manœuvres en cascade un message à l'adresse de la nouvelle administration US qui assiégera d'ici quelques heures au bureau ovale, et un refus de tout compromis qui mettrait de près ou de loi les capacités balistiques iraniennes en cause, d'autres relaveraient plutôt leur impacte à l’échelle de toute la région. Des exercices de débarquement menés à quelques pâtées des îles émiratis où suivant les accords d'Abraham, Israël devrait prendre pied n'est pas anodin, l'Iran étant prête à aller plus loin et à 'à chasser de force Israël de son voisinage. 

"Le message de l'Iran à l'administration Biden et à l'ensemble de la région est que ces missiles sont là pour rester. Il les a développés au cours de la dernière décennie, beaucoup d'entre eux se sont améliorés pendant l'ère Trump, malgré et au mépris des sanctions sévères. Il s'agit donc d'un procédé irréversible et vouloir aller plus loin dans le sens de l'escalade, de "pression maximale", ne ferait que déboucher sur l'affrontement. L'Iran a déjà ciblé les États-Unis avec des missiles similaires, les a tirés sur Daech en Syrie en 2017 et les a utilisés contre des terroristes séparatistes du PEJAC en 2018. Ses alliés en Syrie ont également tiré des salves de missiles sur Israël et l'Iran a déjà royalement réussi, comme l'a reconnu le secrétaire général du Hezbollah tout récemment, à transférer la technologie de précision guidée au sud Liban et ce, en dépit de plus de 1 000 frappes aériennes qu'Israël se targue d'avoir lancé sur la Syrie, dit Forbes dans son récent numéro. Le général Lloyd Austin en futur chef du Pentagone aura donc tout intérêt à prendre en compte ce message tout comme ses futurs alliés golfiens, Bahreïn, Arabie, Emirats surtout. 

Quant à Cette percée somme toute trop hypothétique d'Israël dans le golfe Persique où on parle d'un "shift power" Israël-USA en faveur des alliés arabes de Washington au sein du CentCom, Austin a là encore tout intérêt à tempérer. Car entre le golfe Persique et le Golan occupé, il n'y a plus trop de distance"géostratégique" désormais. Un ancien général israélien le reconnait en verbe catastrophée parlant d'une prochaine guerre qui sera un « désastre » pour le régime de Tel-Aviv, car il a perdu sa supériorité militaire, y compris aérienne, en Asie de l’Ouest. 

« Lors de la prochaine guerre, des milliers de missiles seront tirés vers le cœur d'Israël. Cela provoquera une catastrophe jamais vue auparavant, notamment en raison de la perte de la supériorité de l'armée de l'air. Israël est entouré dans la région de l'Asie de l’Ouest par des centaines de milliers de missiles déployés dans des pays comme l'Iran, l'Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen, y compris la bande de Gaza. l'armée de l'air israélienne est  à la traîne et incapable à y faire face, « avec les théories du passé qui ont perdu de leur pertinence, tandis que les armées modernes, y compris les armées qui entourent Israël, ont été témoins d'un changement dans leur vision de la guerre future. L 'armée israélienne a pris du retard en raison de la bravade, du manque de créativité et de la faiblesse des chefs d'état-major face dans la direction de l'armée de l'air qui rejette toute idée de mise en place d'un système de missiles sol-sol », vient de dire l'ancien général israélien Yitzhak Brick au site MIDA.

Convoqué devant les congressistes, le futur MAE de Biden, Blinkin s'est laissé encore aller en qualifiant l'Iran de "menace pour les USA  et Israël", ce qui est vrai d'ailleurs mais aussi en parlant de la "sacralité " d'Israël et en soulignant la nécessité de la préserver. Or cette "chose sacrée" ne tarderait pas à être brisée en mille morceau, si l'Accord d'Abraham continue à être respecté et à avancer. Que Blinkin et Austin y prennent garde. Ben Zayed voire Ben Salmane semblent l'avoir plus rapidement compris eux, qui viennent d'envoyer le Qatar proposer sa médiation pour une désescalade avec Téhéran. Ce dernier n'en demande pas mieux mais ps à n'importe quel prix: on ne peut normaliser avec Téhéran tout en ayant Israël dans ses pattes!

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