Jan 20, 2021 19:30 UTC
  • Turquie: le spectre de coup d’état?

Celui que le président américain Joe Biden a choisi pour occuper le poste de secrétaire d'État, a accusé, mardi 19 janvier, la Turquie, membre de l'OTAN, de ne pas agir comme un allié et a déclaré que Washington examinerait si de nouvelles sanctions étaient nécessaires contre Ankara pour son acquisition d'un système de défense aérienne russe.

Le mois dernier, Washington a imposé des sanctions attendues depuis longtemps à l’industrie de la défense turque pour son acquisition de systèmes de défense antimissile S-400 à Moscou, ce que la Turquie a qualifié de « grave erreur ».

« L'idée selon laquelle un de nos partenaires stratégiques - soi-disant stratégiques - serait en fait conforme à l'un de nos plus grands concurrents stratégiques en Russie n'est pas acceptable », a déclaré aux législateurs Antony Blinken, le choix de Biden pour le poste de diplomate américain en chef.

« Je pense que nous devons jeter un coup d'œil pour voir l'impact que les sanctions existantes ont eu et ensuite déterminer si (il y a) plus à faire », a déclaré Blinken lors de son audience de confirmation de la commission des relations étrangères du Sénat.« La Turquie est un allié, qui à bien des égards... n'agit pas comme un allié devrait et c'est un défi très, très important pour nous et nous sommes très lucides à ce sujet », a déclaré Blinken.

Les sanctions, imposées à la Turquie, bénéficient d’un soutien bipartisan. C’est la première fois qu’un membre de l’OTAN fait l’objet de telles sanctions. À ce propos, le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a déclaré qu’Ankara s’attendait à ce que ces sanctions soient levées immédiatement sous le mandat de Joe Biden. Or, les commentaires d’Antony Blinken prouvent que l’équipe de Biden est trop conservatrice et prudente pour tendre soudainement la main vers le gouvernement Erdogan. Il est vrai que la question de l’achat des S-400 russes reste le plus important sujet de discorde entre Ankara et Washington mais ce n’est pas tout : la Syrie, le forage du pétrole par Ankara dans l’est de la Méditerranée et l’intervention de la Turquie dans les conflits du Haut-Karabakh.

Mais pourquoi les S-400 russes de la Turquie sont devenus une bête noire pour les Américains ? Il est vrai que la Turquie n’attaquera pas l’Europe ni les États-Unis à l’aide de ses armes russes. En réalité, ce n’est pas la Turquie qui préoccupe les Américains mais bien la Russie. En effet, les groupes de réflexion américains, proches des démocrates, croient que la Russie et la Chine ont réussi, grâce aux politiques défectueuses de Donald Trump, à devenir plus puissantes que jamais et qu’elles ont maintenant le haut du pavé dans la majorité des domaines. Cela dit, l’un des objectifs très délicats de l’administration Biden est de réparer l’image des États-Unis et la Turquie devrait donc se préparer à rencontrer les impacts de son amitié avec la Russie. 

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