Apr 17, 2021 16:42 UTC
  • Cuisant

Le Hezbollah n’est certes pas une force locale dont le champ d’influence se borne au Liban ; il s’agit d’une force régionale. Pas surprenant donc que les Russes s’intéressent à coopérer avec ce mouvement.

En effet, les Russes qui vont droit vers une confrontation frontale avec l'axe US/OTAN en Ukraine, projetteraient de se donner une certaine capacité de dissuasion terrestre en Syrie, grâce au Hezbollah et aux conseillers militaires chevronnés de la Résistance, et cela pourrait tracer le cadre d'un  partenariat stratégique gagnant-gagnant si on  inclut à cet ensemble une frontière maritime litigieuse avec Israël que l'Etat libanais vient d'élargir de 1430 kilomètres et qui concerne la question si stratégique pour la Russie du gaz méditerranéen.

Et puis, il y a évidemment cette double explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth, que peu d'analystes hésitent désormais à décrire comme étant une attaque " l'arme nucléaire tactique" non seulement contre le Liban mais surtout contre le Hezbollah laquelle attaque aurait dû en effet servir la cause de l'occupation militaire du pays, et partant du désarmement forcé du Hezbollah et dont l'enquête truffée de zones d'ombre, en ce qui concerne, le modus operandi de l'attaque, ses auteurs et surtout l'arme du crime pourrait offrir une base de coopération Russie/Hezbollah. Car une Russie désormais en guerre contre l'axe US/OTAN n'a plus aucun intérêt à refuser le  moment venu, la requête du Hezbollah au sujet des informations qui pourraient tirer bien au clair l'affaire du port de Beyrouth.  Une haute délégation du Hezbollah récemment en visite à Moscou à l'invitation des autorités moscovites a décidé de l'ouverture d'un bureau permanent du mouvement en Russe, ce qui promet une coopération durable dans tous les dossiers précités. 

'Une présence active et efficace sur la scène politique du Liban, une expérience militaire bien solide en Syrie, un appui bien ferme aux Hachd al-Chaabi à combattre Daech et une présence quoi que  limitée – au niveau d’un certain nombre de commandants – en l'occurence au Yémen font du Hezbollah un partenaire idéal pour la Russie dans le cadre d'une  alliance militaire avec la Résistance surtout que les pourtour d'un conflit à venir qui opposerait Russie et USA se précisent et que Moscou a largement besoin d'étendre ses partenariats,, note le politologue Seyyed Afqahi. Et ceci 

"Et ceci surtout que la présence militaire illégale des Américains en Syrie et leurs ingérences destructrices au Liban rendent plus nécessaire que la coopération de Moscou avec le Hezbollah car les politiques adoptées jusqu’ici par l’équipe de Joe Biden ne promettraient pas un avenir clair pour les relations russo-américaines. En ce sens, il est bien plus probable qu'au contraire de certains commentaires qui misent trop sur les liens Tel-Aviv, Moscou, les Russes finissent  par accorder leurs violons avec Damas et à voir sur le front du Golan, un levier de pression contre Israël , qui s'implique de plus en plus dans des conflits à caractère anti Russie.

L'exemple ukrainien illustre à merveille le duo Israël-US qui lesté de la Turquie d'Erdogan cherche très clairement à épuiser la Russie dans son pré carré de façon à ce qu'elle finisse par lâcher prise et quitter comme l'a très clairement dit le chef du Pentagone le Moyen Orient. En Méditerranée c'est le même enjeu mais à une échelle bien plus vaste puisque l'entité sioniste, la Grace, Chypre et la Turquie font partie d'une même répartition anti Russie particulièrement axée autour du jeu gazier. Or le Liban et le Hezbollah qui en est un acteur incontournable pourrait bien amortir ce jeu anti russe.  D'ailleurs dans la foulée de la double explosion du 4 août, la volonté des Russes d'offrir aide et assistance tout comme celle des Iraniens et des Chinois s'est heurtée à la farouche opposition des milieux pro Occident libanais et ont conduit à l'impasse actuel." 

Et d'ajouter : «Et bien ce même sujet pourrait bien servir de motif à un approfondissement des liens Russie/Hezbollah. Puisque l'enquête sur cette double attaque s'enlise pour cause d'implication des services secrets occidentaux et du FBI, pourquoi ne pas y apporter des éclaircissements russes de façon à appuyer l'argument du Hezbollah qui certes silencieux sur la nature de l'attaque et l'identité des assaillants, n'en demande pas moins des clarifications. Et l'analyste d'ajouter : " Le 4 août 2020, une explosion massive a détruit le port de Beyrouth. On nous a dit qu’il s’agissait d’engrais, déclenché par un feu d’artifice. Le cratère, en grande partie sous-marin, a traversé 15 mètres de roche solide et fait plus de 150 mètres de large.

D’importants responsables de la défense libanaise ont rapporté, via Damas, qu’Israël venait de frapper Beyrouth avec une arme nucléaire tactique. Aujourd'hui, l’histoire initiale de l’engrais et des feux d’artifice s’est totalement effondrée en raison de la simple science, l’engrais ne brûle pas, une autre histoire, celle d’une zone de stockage de fuel à proximité, a complété ce détail manquant. Or le désatre de Beyrouth semble avoir été provoqué par des bombes « bunker buster » et on sait que désormais les Américains et les Israéliens en ont en version nucléaire et que très probablement c'est ce genre d'engin qui a frappé et avec quoi l'axe US/OTAN compte frapper les troupes russes au cours de toute confrontation à venir. Et bien dans le cadre d'un partenariat gagnant-gagnant, la Russie pourrait parfaitement prouver l'usage de cette arme criminelle que certaines sources affirment avoir aussi été utilisé contre les navires et cargos iraniens qu'a saboté Israël en mer Rouge. Mieux vaut stopper l'usage des bombes à neutron en Méditerrnée qu'essayer de le faire ne mer Noire", ajoute l'analyste. 

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