Apr 17, 2021 17:04 UTC
  • Léviathan: la percée libanaise

L'échec du régime sioniste dans les négociations indirectes sur la démarcation des frontières maritimes avec le Liban l’a conduit à recourir à la tactique de chantage avec Beyrouth.

Ces dernières semaines, la question du tracé des frontières maritimes a de nouveau été soulevée dans les cercles politiques libanais, ainsi que dans les territoires occupés; les pourparlers indirects entre Beyrouth et Tel-Aviv sur la démarcation des frontières maritimes ayant été suspendus en raison des termes et des conditions fixés par l'équipe de négociation sioniste.

A l’aide des intermédiaires, Tel-Aviv a pourtant envoyé des messages au Liban avec pour contenu les mêmes termes et conditions extravagants, auxquelles le président libanais a répondu en déclarant la position claire et transparente de Beyrouth.

«Nous ne céderons jamais aux chantages d'Israël et nous n'accepterons pas ses conditions, nous soulignons que les intérêts nationaux du Liban doivent être réalisés et que tout accord avec Tel-Aviv sur la démarcation des frontières maritimes sera conclu dans le cadre de la souveraineté nationale libanaise”, a déclaré le président libanais Michel Aoun.

«Lors des négociations sur la démarcation des frontières maritimes avec le régime sioniste, nous n’ignorons en aucun cas les intérêts du Liban et sa souveraineté nationale, Israël ne devrait pas extraire de pétrole et de gaz des eaux contestées”, a-t-il indiqué plus tard mercredi 14 avril.

Bien que les pourparlers indirects entre le Liban et le régime sioniste doivent inclure les frontières terrestres, ils se sont jusqu'à présent limités aux frontières maritimes. La portée géographique des frontières terrestres entre le Liban et les territoires occupés ayant été approuvée par les Nations unies, les pourparlers se limitent uniquement aux frontières maritimes.

Il s’agit donc d’une zone économique en mer qui couvre une superficie d’environ 70 kilomètres carrés sous forme d’un triangle composé de 3 points; le Liban tente aujourd’hui d'en exploiter les richesses pétrolières et gazières alors qu’il est confronté au défi qui provient de l’extravagance des dirigeants à Tel-Aviv. Ces derniers ne sont en aucun cas disposés à accepter les droits légaux du Liban sur ces frontières. D’où l’échec des pourparlers sur la démarcation.

Mais le Liban est aussi confronté à l’ingérence des États-Unis qui en y jouant le rôle de médiateur, soutiennent ouvertement le régime sioniste pour le tracé des frontières maritimes entre le Liban et les territoires occupés; Washington ayant récemment affirmé que les positions de la délégation libanaise lors des pourparlers n'étaient pas uniformes et unifiées. En effet, la rhétorique anti-Beyrouth fait partie d’un vaste plan américain visant à décrédibiliser les responsables à Beyrouth et dresser l'opinion publique libanaise contre le gouvernement.

Pour faire pression sur le gouvernement libanais et le pousser à accepter les conditions de Tel-Aviv, Washington est allé jusqu’à avancer la visite du secrétaire d'État adjoint David Hill qui devait se rendre à Beyrouth à la mi-avril. 

«Le principal objectif de la visite de David Hill au Liban est de faire pression sur les autorités libanaises sur la question du tracé des frontières maritimes avec le régime sioniste; une question dans laquelle les Américains sont déjà intervenus”, a écrit le journal libanais Al-Binaa.

Selon le journal, Hill a tenté d'empêcher les responsables libanais de signer un ordre modifiant la carte de la frontière maritime. La pression américaine sur les Libanais devrait, estime le journal, s'intensifier pour arrêter le processus de modification de la carte de la frontière maritime au profit de Beyrouth.

Quoi qu’il en soit, la pratique de chantage des sionistes s’est heurtée à la ferme réaction de Michel Aoun; Washington et Tel-Aviv s’évertuent maintenant d’atteindre leurs objectifs de tracer des frontières maritimes à l’aide de leurs pivots au Liban qui sont chargés d’intensifier la pression sur le président Aoun.

 

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