Apr 21, 2021 09:46 UTC
  • La Résistance

Lors d’une audition mardi devant le Congrès, le général Kenneth McKenzie, commandant en chef du CentCom, l’homme qui « combat depuis 30 ans l’Iran » a fait un aveu, d’une acuité :

« Pour la première fois depuis la Guerre de Corée, l’US Air Force opère au Moyen-Orient sans jouir d’une supériorité absolue… L’Iran, œuvre à rétrécir quotidiennement la supériorité militaire américaine dans la région, ce qui représente une menace de tout instant pour les États-Unis et leurs alliés… Rien que depuis le mois de janvier les alliés houthis de l’Iran ont tiré plus de 150 missiles balistiques, missiles de croisière, et mené les raids aux drones visant les objectifs militaires, infrastructurelles et civils en Arabie saoudite… Tant que ces dispositifs aériens inconnus (ceux de l’Iran, NDLR) ne seront identifiés et vaincus, toute attaque tournera à l’avantage de l’attaquant (Iran, NDLR) ». 

De quoi parle exactement le haut gradé US qui se targue en public d’avoir à son actif « quelque trente ans de combat acharné contre le « régime iranien »?  

Entre le janvier 2021 date à laquelle McKenzie s’est rendu précipitamment sur la côte ouest saoudienne, à peine deux jours après les premiers raids au drone de la Résistance irakienne contre Riyad et ce en représailles à la double attentat Kamikaze de la place Tayaran de Bagdad signé Riyad, et ce 20 avril où l’Américain a annoncé la militarisation de Yanbu, de Taez et de Tabouk pour cause d’une éventuelle guerre qui pourrait éclater dans le golfe Persique et où « les troupes US n’auraient pas assez de temps pour se déployer face aux vagues de missiles iraniens » et ce 20 avril, où l’intéressé reconnaît devant le Congrès que la « Supériorité aérienne US » n’existe plus et que l’US AIR force est littéralement désarmée et qu’il est désormais impossible pour l’axe US-Israël de faire larguer comme lors de la guerre de Corée quelque 576 000 tonnes en 37 jours pour remporter salement une guerre, il ne se passe que quatre mois, mais quatre mois d’intense « leçon » que le général qualifie euphémiquement  de « menace quotidienne ». Quelles sont ces menaces?

Du 13 à 16 avrils alors même que l’US Army s’efforçait à consolider sa DCA anti-missiles et anti roquettes, puisque le modus operandi de la Résistance irakienne a été jusqu’ici, missile- centrique, une véritable coup de tonnerre lui est tombée dessus : au Fujaïrah un drone solitaire iranien, mystérieusement équipé, est sorti de nulle part et a frappé un navire logistique israélien, escorté par une frégate belge largement équipée de missiles antinavire, de canons, de radars, et surveillé par la Ve flotte US à Bahreïn. A peine quelques heures plus tard, ce fut le tour de Harir, la méga base US à Erbil, ce havre de paix israélo-américaine depuis 2003. Une nuée de trois drones s’est abattue sur des dortoirs, juste à quelques mètres des batteries de missiles Patriot qui ont pour charge de protéger la base. Les photos que les sociétés satellites US viennent de publier de l’intérieur de Harir mettent en scène un chef d’œuvre de précision et de furtivité.

Mais ce n’était pas tout: le lendamin, Aïn al-Assad, méga base aérienne US qui avait déjà saigné le 8 janvier 2020 quand 13 missiles balistiques iraniens de type Qiam l'avaient visée, et qui de ce fait s’était doublement fortifié, a connu le même sort, ayant été frappée par un trio de drone-choc…Même précision, même furtivité et même capacité de destruction hors norme. Or l’Irak n’est pas l’Arabie saoudite pour que l’US Army ne s’affole pas de pareils spectacles. Il est vrai que la Résistance yéménite avait déjà pris pour cible le 7 mars d’une méga opération hybride (drones-missiles) Ras Tanoura, sur la côte est saoudienne, une zone que colonisent depuis des décennies quelque 20 000  fonctionnaires américano-britanniques de Haliburton, qu’une vingtaine de batterie de Patriot déployées non seulement sur le territoire saoudien mais encore aux Émirats, à la Ve flotte à Bahreïn, au Koweït, au Qatar… n’ont pas su protéger.

Mais de là à revivre des scènes similaires en Irak, c’est un pas que le général McKenzie n’aurait jamais imaginé d’être forcé de franchir même dans ses pires cauchemars. Car en Irak, l’US Army se sentait jusqu’ici chez elle, à travers des dizaines de bases déclarées et non déclarées et surtout à la faveur de ces terroristes daechistes régulièrement héliportés depuis la Syrie voisine qui lui servent de bataillons terrestres même si leur succès est quasi nul chaque fois que l’Irak souverain décide de frapper un convoi militaire yankée. Or malgré cette présence militaire tentaculaire, illustrée dans le ciel, à travers une flotte aérienne US superbe, les six drones « Ababil » de la Résistance irakienne ont fait saigner l’US Army. McKenzie ne saurait confirmer le contraire, et parler des « commotions cérébrales » de soldats US,  maintenant que Trump est partie et que la bande pro sioniste au Pentagone est en ordre dispersé

Ce « Tant que ces dispositifs aériens inconnus (ceux de l’Iran, NDLR) ne seront identifiés et vaincus, toute attaque tournera à l’avantage de l’attaquant (Iran) » que prononce McKenzie,, marque donc la fin d’une époque, celle à la fois de la supériorité aérienne US, mais aussi de sa maîtrise technologique. Car cela fait deux ans, très exactement depuis septembre 2019, date à laquelle la première nuée de 21 drones et missiles yéménites a frappé Aramco à Abqaid que le complexe militaro-industriel US-Israël (Raytehon, Lockheed Martin, Elbit, Raphael...) cherche à en percer le mystère. Comment se fait-il que des drones de fabrication iranienne et qui dominent désormais le ciel du Moyen-Orient quitte à en chasser les F22 les F35 … font-t-il pour leurrer les radars des Patriot, des THAAD….ces fameux 'AN/MPQ-53 … ?

Interrogé par la presse iranienne à ce sujet, le numéro deux du QG de la DCA intégrée iranienne, le général de brigade Agha Mohammadi disait il y a peu : « On fait le radar triphasé sur quoi est fondé le système de DCA occidental est quelque peu dépassé. La DCA intégrée iranienne utilise elle des censeurs des dispositifs qui récompensent les failles des radars en termes d’interception, de découverte et d'identification des menaces ».

Il semblerait que McKenzie devrait chercher de ce coté là, lui à qui on prête la paternité d’un plan de refonte des Patriot d’ici 2028. Mais là rien n’est garanti car l’axe de la Résistance ne s’arrêtera jamais, quitte à préserver une longueur d’avance sur l’adversaire. Histoire d’en donner une petite idée, spéculons sur le type de drone irakien qui a ciblé « Hyperion Ray », « Harir » et « Aï al Assad ». Est-ce un Shahed-129 ?

Wikipédia le décrit en ces termes : « Le S129 est un drone aérien de combat MALE de reconnaissance et de combat de 8 mètres de long, 3,1 mètres de haut et 16 mètres d'envergure et composé de matériaux composites et d'une structure en aluminium. Il effectue huit missions de combat et de reconnaissance pendant 24 heures et a une portée de vol de 2000 km. Il peut être équipé de bombes et de missiles et il est capable de mener des missions de reconnaissance et de combat. C’est une plate-forme puissante avec une capacité de charge de huit bombes nettement supérieure aux prototypes étrangers comme Hermès-450. Sa forme externe reflète une avancée significative dans la fabrication de matériaux composites, y compris la production de grandes cellules et d'éléments structurels. Les missions de frappe utilisant des armes guidées indiquent également l'évolution de capteurs et de liaisons de données compacts mais performants, permettant le relais d'images cibles et l'engagement de telles cibles en temps réel, sur des distances considérables. »

Mais Shahed 129 n’est pas Hermes-450 bien qu’il en a l’air. Et c’est là que réside « cet élément inconnu des dispositifs aériens iraniens » qui a désarmé McKenzie, élément qui fait mieux que toute la flotte aérienne US-Israël réunie…

 

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