May 09, 2021 19:28 UTC
  • Irak: 1er assassinat ciblé signé Mossad

Ehab al-Wazni, chargé de coordonner les manifestations à Karbala, a été assassiné samedi soir. En Irak, sa mort est considérée par certains analystes comme un acte terroriste qui porte les traces de l’agence d’espionnage israélienne Mossad.

L’écrivain et journaliste irakien Mohammed al-Issa a écrit dans une note que la première instance responsable de l’assassinat d’Ehab al-Wazni était le Mossad, le régime d’Israël étant profondément déconcerté par les acquis de la République islamique d’Iran lors des récents pourparlers de Vienne. Or, pour déstabiliser la situation et semer le trouble, il pense qu’« avec des assassinats ciblés dans des pays dont le système politique est proche de l’Iran, il réussira à affecter le processus des négociations nucléaires à Vienne ».

Une image diffusée par des sources occidentales sur les dommages causés à Ain al-Asad par les missiles iraniens. ©Planet Labs

Certains experts irakiens estiment que le Mossad israélien s’est infiltré dans la société irakienne via ses mercenaires, dont des Américains. Rappelons qu’un centre de renseignement et de sécurité du Mossad à Erbil, dans le nord de l’Irak, a été détruit dans une attaque à la roquette, le 25 avril 2020. Plusieurs Israéliens y ont trouvé la mort.

Les actes terroristes du Mossad en Irak vivent essentiellement à déstabiliser la position de l’Iran et à faire de l’Irak le terrain d’un conflit avec les États-Unis.

Mohammad al-Issa n’a pas exclu la possibilité d’une escalade des différends internes entre les groupes liés aux manifestations d’octobre 2019 en Irak. En effet, Al-Wazni a survécu à un assassinat en décembre 2019, deux mois seulement après le début des manifestations d’octobre qui appelaient à des réformes du système politique irakien. Son assassinat viserait à gagner le sentiment populaire pour les prochaines élections législatives, a-t-il estimé.

À cet égard, certains activistes sur les réseaux sociaux considèrent les dirigeants de certains groupes liés aux manifestations d’octobre 2019 comme responsables de la mort de Wazni.

Ces groupes ont même publié une déclaration annonçant leur éventuel retrait des législatives prévues le 10 octobre prochain en signe de protestation contre l’assassinat de Wazni.

Mohammed al-Issa a par ailleurs estimé que le troisième accusé dans l’affaire de l’assassinat de l’activiste irakien était le groupe terroriste Daech qui cherche à perturber l’ordre public dans les provinces du centre et du sud de I’Irak.

Selon certaines dépêches, des groupes liés aux manifestations d’octobre se sont rassemblés aujourd’hui à Karbala et à Najaf pour montrer leur indignation envers cet assassinat.

Le gouverneur de Karbala a annoncé que les forces de sécurité irakiennes avaient lancé une enquête importante. Le Bureau d’information du commandement militaire conjoint irakien a également indiqué dans un communiqué que les forces de sécurité avaient commencé à traquer des éléments terroristes.

Une vidéo de surveillance enregistrée la nuit dernière montre al-Wazni au volant de sa voiture, au seuil de sa résidence, lorsque deux motocyclistes lui tirent dessus avec une arme à silencieux.

Le mode opératoire utilisé pour commettre ce crime est similaire à celui qui a récemment visé l’analyste politique irakien Hashem al-Hashimi.   

À cet égard, les chaînes sur les réseaux sociaux qui soutiennent les manifestations d’octobre 2019 ont lancé une campagne de protestation contre la récurrence des attaques terroristes contre des éléments liés aux manifestations, et ont appelé le gouvernement à agir rapidement pour identifier et arrêter les terroristes.

Le Leader de la Révolution islamique d'Iran, l'Ayatollah Ali Khamenei. (Archives)

 

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