May 16, 2021 13:47 UTC

A peine 6 heures après la salve de 150 missiles et roquettes tirés contre Tel-Aviv, au nom de 174 martyrs de Gaza, et des milliers d'autres victimes depuis 70 ans des crimes d'Israël et son impunité au Moyen Orient, les chroniqueurs militaires parlent d'un séisme géostratégique qui est sur le point de se produire, un vrai tournant que le camps d'en face à savoir USA/Israël/Cie n'ont pas vu venir, signant là une criante défaite de leur appareil de renseignement qui font passer de "lâches assassin

La frappe contre Tel Aviv, Beer Sheva, Gush Dan, Herziliya, ... de ce dimanche matin a eu lieu au terme d'un délai de 23 heures, une tactique de guerre jusqu'ici inexplorée par la Résistance palestinienne : de 22 H à minuit de samedi, ce furent les Palestiniens qui autorisaient les 6 millions de sionistes à sortir de leurs abris, comme pour remplacer cette expression si chère a la presse atlantiste " Gaza, prison à ciel ouvert" en " Israël, prison à ciel fermé"! A minuit pile, les premières salves de missiles et de roquettes ont été lancées si copieusement que la réaction de Dôme de fer faisait rire.

Ashdod visée par des missiles de précision, le 15 mai. (Capture d'écran)

En termes militaires, ce délai de 2 H octroyé à l'ennemi, cela signifie que la Résistance palestinienne est maître du terrain, et qui possède l'initiative;  c'est elle qui contrôle à partir d'un centre de commandement unifié à la fois les combattants et les unités balistiques composées de batteries de missiles et de roquettes, les mêmes que l'armée de l'air sioniste ne cesse de prétendre d'avoir pulvérisée.

Ce point renvoie à un concept fort révolutionnaire et baptisé "champs à missiles". En été 2020, l'exercice "Grand Prophète-14" a été marqué par le tir du profondeur de la terre des salves de  missiles de courte portée, de missiles balistiques de haute précision, tactiques... Les champs à missiles sont-ils poussés à Gaza sous le nez et la barde d'un Israël dont le Mossad et ShinBeth prétendent pouvoir buter les mouches dans le ciel? Visiblement. 

Une seconde remarque renvoie au type des roquettes et des missiles lancés ce samedi. Les brigades de Qods a évoqué le nom du missile "Hajj Qassem", un bijou tactique et de haute précision d'une portée de 1000 kms, issu de l'arsenal de la Résistance qui vient de s'ajouter à Ayyash- 250, alias "tueur d'aéroport" puisqu'Ayyash avec sa portée de 250 km s'est royalement abattu sur l'aéroport de Ramon ou encore à Badr-3, surnommé le chasseur des pipeline puisque c'est à Ashkelon et Sderont qu'il a brillé ces derniers jours ou encore aux A-120; à Sh 85 ou à J-180, tous des missiles dont la portée varie entre de 80 à 250. J 80 a été modifié quelque peu ce qui lui a permis d'atteindre la banlieue nord de Tel-Aviv.

cette graduation de portée et de capacité de destruction prouve une chose : la Résistance a décidément opté pour une approche par palier de confrontation. Ceci a un message à délivrer : la Résistance n'a pas encore fait voir toutes ces cartes. Et le missile-surprise "Hajj Qassem" ne marque pas le summum des capacités balistiques explorées. 

Un troisième point que les analystes militaires tirent de ce qui vient de se produire cette nuit à Tel-Aviv, visé par des déflagrations à répétition est ceci: les tirs de Résistance n'a rien du hasard ; Aussi les frappes ne se dirigent pas dans toutes les directions vers les colonies limitrophes de Gaza ou vers l’intérieur d’Israël comme cela fut le cas lors des affrontements précédents. La Résistance a opté très clairement pour une stratégie de frappe visant à asphyxier l'économie israélienne, à lui couper les voies de transit aérienne et maritimes, à faire sécher son flux énergétiques 

Ainsi, les raids palestiniens se concentrent sur la ville d'Ashdod au nord, en particulier sur ses installations portuaires qui desservent 60% des importations israéliennes en provenance de l'étranger et par où passent des pipelines vers Eilat ou encore sur Gush Dan, cœur hi tech, militaire et industriel d'Israël, densément peuplée, et qui est aussi un important centre financier et commercial. La frappe visant «l’aéroport Ben Gourin» qui a fait fuir des centaines de compagnies aériennes d’Israël et déplace ciel israélien vers la Grèce et Chypre s'est soldé sur une décision de Tel-Aviv d'activer Ramon à Eilat. Or les missiles de la Résistance ont aussitôt chargé de direction pour s'abattre sur Ramon, ayant très facilement percé pour arrêter le trafic aérien, et c’est ce qui s’est réellement passé alors qu’Israël détournait des vols vers l’aéroport Ramon d’Eilat dans le désert du Néguev. Malgré cela, la Résistance a tiré des missiles vers Eilat et là encore le trafic aérien a été coupé.

Fort incendie dans la colonie sioniste à Ashdod. ©Fars News

Au chapitre des surprises, l’intifada balistique de Gaza a prouvé depuis ces six jours qu'elle dure, n'avoir rien laissé au hasard et semble avoir été planifiée suivant de très solides bases de renseignements et exploitant les failles organiques du système de "défense", du système sécuritaire, des forces armées israéliennes.  

Depuis 2006, après la guerre de 33 jours, ainsi que trois guerres ultérieures avec les factions palestiniennes, l'armée israélienne s'est rendu compte en effet qu'elle sera désormais confrontée à des menaces de grande envergure visant à menacer les profondeurs des territoires occupés. Par conséquent, les commandants de l'armée du régime ont dû procéder à La DCA israélienne pour n’en parler que d’elle, a fait l’objet de multiples retouches et d’optimisations depuis 2006 data à laquelle Israël a perdu la guerre face au Hezbollah.

A de nombreuses reprises, Américains et Israéliens ont annoncé les testes à succès d’Arrow, de Fronde de David soit l’interception sans faille des missiles , des drones ennemis. Israël a même créé un office de « Défense antimissiles » puis supprimé  la défense aérienne par front régionale (front nord, centre, sud), la remplaçant par un système de défense intégrée. Un « Centre pour la gestion de l'image balistique » y a vu le jour  chargé d'émettre des avertissements et de gérer les opérations pour détecter, intercepter et détruire tous les types de cibles aériennes. Or la DCA multicouche a fait flop!

Attaque au drone contre une usine chimique à Nir Oz, près de la bande de Gaza. (Capture d’écran)

Le Dôme de fer réparti au sein des 137e et 947e bataillons, et chargé d’interception à basse altitude a échoué face aux roquettes et aux missiles de la Résistance. Au total, 12 sites de Dôme de fer assure " la protection du ciel israélien", nombre totalement insuffisant en cas d'une guerre multifront. Puis ses radars sont trop vite saturés pour pouvoir faire face à un feu intense. La célérité des missiles a pour le reste bouclé le boucle, le Döme de fer ayant rapidement dépassé. La Résistance a même bien examiné Tamir, le missile antimissile sioniste: Doté d'un fusible adjacent, l'engin attend que sa cible se trouve à un mètre de distance pour réagir ce qui lui enlève énormément de sa marge de manœuvre. 

Gaza: Israël pris de court

Les Patriot des 138e et 139e bataillons tout comme  la Fronde de David du  66e bataillon chargés d'engager des cibles à moyenne altitude ont été incapables de faire quoi que ce soit face à Hajj Qassem et Ayyash 250 depuis le 10 Mai. Quant au 136e bataillon Megan, composé des systèmes Arrow 2 et Arrow 3, il n’a même pas tiré un seul antimissile en six jours de combats. De toutes ces surprises, il ressort une question : Israël est-il encore viable ou le temps est venu pour que cette produit du siècle dernier qui a permis un siècle de pillage énergétique de la région soit effacé. C’est le rapport qualité prix, si bien compréhensible pour les puissances : Israël vaut-il ce qu’il coûte aux Américains ?

 

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