May 19, 2021 14:00 UTC
  • Alerte au drone

C'est un peu comme ce "drone sous-marin kamikaze" qui a explosé à Tamar et et qui à l'heure qu'il est continue à provoquer de vastes spéculations dans les milieux militaires US/Israël qui n'osent se l'avouer par crainte d'avoir à penser à ce qui pourrait arriver, si la guerre Israël/Gaza durait six mois!

Ce mercredi 19 mai, peu de sources israéliennes ont eu le culot de se pencher sur  ce drone "hostile" qui a pénétré sans accroc le mardi 18 mai, le ciel du "sud d'Israël" et que dans la confusion totale qui règne en ce moment même au QG de l'état major sioniste où le prolifique Avichai Kouchavi a été jusqu'à confondre le chiffre de 3000 missiles et roquettes palestiniens tirés depuis le 10 mai contre Israël avec 12 000 (!!) avant que Netanyahu ne le corrige, on a tenté d'ignorer. Grave erreur! 

Car ce drone "hostile" que les sources militaires russes, comme Avia.pro, disent avoir été de fabrication iranienne et dont elles désignent même le type, Ababil-6, à en juger sans doute l'image de ses épaves publiées avec honneur par l'armée israélienne,  pourrait bien avoir eu pour mission celle de tester la perméabilité des frontières jordano israélienne. Après tout cette perméabilité a été plus que total le 21 avril dernier quand un missile tactique syrien, de type M-600 a pu la pénétrer, en partance du sud de la Syrie et en traversant le ciel de la Jordanie avant de s'abattre à 30 kilomètres du réacteur nucléaire de Dimona. 

L'erreur israélienne de traiter cette affaire à la légère est d'autant plus grande que ce fameux Ababil 3  a une autonomie de vol de cinq heures. De plus, il peut transporter des cargaisons jusqu’à 40 kg qui atteindront un poids maximum de 255 kg au décollage. Il est capable de voler à une vitesse de pointe de 200 kilomètres par heure et bénéficie d'une vision nocturne, lui permettant de prendre des images et des vidéos en survolant des cibles jour et nuit.

Ababil-3 était auparavant connu comme un drone permettant d'identifier, de tourner des images pour mener une guerre électronique. Mais en août de l’année en cours, l’Iran a dévoilé une nouvelle série de bombes Qaem et diffusé des images sur l’installation de ces bombes sur le drone en question, qui fait désormais partie des escadrons des drones de combat iraniens. Les nouvelles bombes Qaem, montées sur les drones Ababil-3, ont une précision d’un demi-mètre. Ces armes sont également en mesure de détruire des cibles marines telles que des navires et même des petits bateaux ce qui pourrait largement servir la Résistance palestinienne maintenant qu’elle s’en est pris à Sha'ar, à Tamar et à Léviathan. Surtout que les bombes Qaem ont une portée de 6 km et leurs ogives englobe 1.7 kg d'explosifs.  

Evidemment les drones Israël en a et de bon sauf que dans le cas présent il ne s’agit pas d’attaquer à coup de drone mais se défendre contre les drones :  Jerusalem Post  qui estime que l’appareil made in Iran aurait été lancé depuis la Syrie, un peu comme le missile de Dimona avant de pénétrer le ciel jordanien, comme le missile de Dimona, puis atteindre le ciel d’Israël, tout comme le missile de Dimona a fini par être abattu. Mais il l’a été par un hélicoptère Apache près de Beït Shéan mais pas par une DCA. Ceci veut dire très clairement que cette moitié nord d’Israël relativement préservée depuis le 10 mai court un réel risque puisque démuni d’une défense aérienne digne de nom capable par exemple de la protéger contre des nuées de drones ‘ syrien » qui Jerusalem Post nous l’apprend «  n’en ont pas été  à leur premier coup d’essai ce 18 mai puisqu’en 2018, un drone iranien avait décollé de la base syrienne T-4 et transportant des explosifs, était entré en Israël depuis la même zone. »

La guerre en cours à  Gaza a d’ailleurs vu l’apparition d’un Shahab palestinien,, drone kamikaze largement aspiré d’Ababil et qui s’est avéré de haute précision puisque figurent au nombre de ses cibles le pipeline Ashkelon-Eilat, les réservoirs d’Ashkelon entre autre. Ces derniers temps, l’Iran et ses alliés ont radicalement activé le facteur drone dans leur action contre les troupes US en Irak où Harir, Ain al- Asad et Balad ont été visés. Au Yémen cela fait 6 ans déjà, que les nuées de drones houthis paralysent quand bon leur semble le trafic énergétique saoudien, avec en toile de fond un impact direct sur les cours, des pénuries d’essence en Arabie saoudite. Ce sont justement des Ababil, remis au goût des yéménites et rebaptisés  Qassef K2 qui ciblent régulièrement aéroport, sites d’Aramco. Mais en Syrie, si la Syrie s’y met, comme l’a promis son MAE à assister Gaza, il y aurait d’autres drones avec qui il faut compter.

"Les drones iraniens sont un nouveau facteur sur le champ de bataille qui n'existait pas auparavant. Avant la menace des drones iraniens, le principal problème était celui des petits avions ou quadricoptères a présent, Gaza, le Hezbollah, Ansarallah disposent des drones de la taille d'un humain ou d'un petit avion équipé de télécommandes, bien qu'ils ne doivent pas nécessairement être perturbés car ils se déplacent dans une direction pré planifiée. Cela signifie qu'ils ressemblent plutôt à des missiles de croisière », dit d'ailleurs le journal avant de souligner : "Le drone iranien « Kian 2 » en tant que drone kamikaze a par exemple  la capacité d'attaquer un large éventail de cibles au sol, pire, le drone « Arash » avec une portée de 1400 km et une capacité anti-radar peut écraser  les défenses aériennes et mener des opérations antinavires. Il est aussi considéré comme le drone suicide ayant la plus grande portée à l’échelle mondiale. En Syrie c’est ce genre de drones qui pourrait être activé contre Israël."

Mais le commentaire de JP sur l’affaire du drone iranien « abattu » dans le ciel d’Israël oublie bien un détail de taille : c’est un hélicoptère Apach qui a chassé Ababil "jordanien" et pas une DCA. Et pourtant Israël y travaille depuis 2019 date de la première attaque à l’essaim de drone de la Résistance contre Aramco.

On a eu surtout le droit à une excessive campagne de pub autour de Iron Ray conçu disait-on, pour intercepter des cibles aériennes à des distances allant jusqu'à 7 kilomètres. Mais ni Ashkelon, ni Ashdod, ni non plus à Beit Shean. Israël n’a pas pu abattre les drones «  hostile « par ses batteries anti-drone. Pire, il a été forcé d’activer un hélico ou un F-16 pour les chasser. Ce qui veut dire que d’ici quelques temps, l’entité risque d’avoir à activer pour chaque sorti  ses 160 avions F-16, F-15…non pas pour  bombarder  femmes et enfants de Gaza, mais bien pour faire face aux nuées des centaines drones. Car à Buqaiq et à Khamis, la Résistance yéménite n’a jamais activé plus de 20 drones en une seule fois.

Mais à Gaza la tournure que semble prendre des événements pourrait s’avérer bien différente. Des nuées de dizaines voire de centaines de drones sauraient bien occuper les escadrons de F-16 entiers tandis que les missiles Qassam, Ayyash-250 et Badr-3 passeraient à l'acte. Cela paralyserait pour le reste  l'armée de l'air criminelle d'Israël. Quand aux équipements liés à une synchronisation des essaims, l’entité qui en 10 jours de frappes n’a pas été foutue d’atteindre une seule plateforme de lancement, peut être sûre: le QG de commandement de Gaza qui fait en ce moment une oeuvre magnifique en termes de coordinations des frappes balistiques peut compter sur l'Iran. Le CGRI a récemment dévoilé le couple TIAM /Taha : TIAM 1400 est un système d’autodéfense UAV qui a la capacité de détecter et d’identifier les radars de surveillance et de guidage de l’ennemi. Et Taha 1400, c’est un dispositif qui consiste en un système perturbateur de radars de surveillance aérienne de l’ennemi embarqué sur le drone. Ce système utilise des antennes directionnelles, couvre intelligemment une large zone d’opération et maintient la sécurité de vol de divers drones dans la zone ennemie. Les unités balistiques sous-terrains de Gaza pourront facilement adopté ces dispositifs portatifs et faciles à manier si ce n’est déjà pas le cas, dans la pure tradition de la guerre asymétrique. 

 
 

 

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