Jun 12, 2021 16:40 UTC
  • Russie: un

Evidemment que l'article de Washington Post, publié jeudi, juste au seuil du très attendu sommet Biden-Poutine où il devrait être question d'entente et de mésentente sur la quasi totalité des dossiers en litige et Dieu sait qu'il y en a beaucoup, relève d'une manœuvre de diversion:

ce satellite militaire Kanopus-V de fabrication russe, que la Russie aurait livré au CGRI au "terme de multiples voyages des officiers iraniens à la Russie " et qui donne à l'Iran la possibilité " frapper avec précision" la totalité "des bases militaires US et Israël dans la région" et dont la livraison aurait même débouché à ce que " les conseillers militaires russes débarquent en Iran et s'installent non loin de Téhéran à Karaj pour former le CGRI à l'usage de ce satellite, est entouré de trop de connotations pour que l'observateur averti puisse prendre cette information pour l'argent comptant ou ne pas y douter .

D'ailleurs Poutine qui a vu le piège à dix kilomètres n'y est pas tombé quand les journalistes l'ont interrogé ce vendredi là dessus, qualifiant l'information de "charabia". Ceci étant, cette coopération militaire et technologique Russie-Iran qui la semaine dernière a occupé le devant de la scène médiatique avec des propos croisé du numéro deux de la défense russe, et d'un haut responsable de l'industrie d'armement russe et sur quoi s'est greffée cette phrase particulièrement significative du conseiller du président Poutine qui estime " que la Russie n'a pas d'autre choix que de s'allier avec l'Iran", inquiète et inquiète très profondément. 

Mais de quoi ont peur les USA? c'est clair, de l'approfondissement des liens militaire Russie-Iran qui aille au delà de l'achat de S-300, du S-400, de Su-57 ... pour toucher des domaines que l'Occident croit encore inaccessible à la technologie et au savoir faire balistique iranien  à savoir, Arme satellitaire ou ces missiles intercontinentaux au nombre des quels figure RS-28 Sarmat entre autres.

Mais la crainte US/Cie ne semble pas en rester là puisque l'article accuse la Russie d'avoir sacrifié ses liens avec Israël contre ses relations renforcées avec l'Iran. En effet, que le satellite Kanopus-V se focalise sur les bases militaires US/Israël et qu'il en livre les données à l'Iran, cela veut dire que Moscou a littéralement changé son jeu au Moyen Orient et qui toute comme la Chine dont les propos anti israéliens pendant la bataille balistique Israël/Gaza de mai ont fait date, la Russie est prête à abandonner sa neutralité en faveur de la Résistance. Et bien satellite militaire ou pas, cette tendance, même balbutiante, est bien perceptible et il est fort possible qu'une coopération satellitaire, genre ce à quoi appelait le Hezbollah dès le 5 août 2020, soit au lendemain de la double déflagration qui a dévasté le port de Beyrouth soit en cours. 

Pour le reste, le mot " charabia" qu'emploi le président Poutine est parfaitement fondé car les "missiles" balistique de conception iranienne qui ont eu leur baptême de feu, un certain 8 janvier 2020 en s'abattant sur la base US en Irak, Ain al -Asad ou qui continue à travers les innovations des alliés de l'Iran, au Yémen et en Irak et surtout à Gaza prouver à quel point ils sont à la fois précis et furtif n'ont pas besoin des données satellites pour bien fonctionner. Par contre, un satellite comme Kanopus-V que Washington Post dit être d'une résolution de 1.2 mètres et "qui dépasse largement les capacités iraniennes", pourrait bien inspirer techniciens iraniens, rois de la rétro-ingénierie, qui pas plus tard qu''en avril 2020 ont lancé, au mépris des sanctions son premier satellite militaire Nour-1 dans l'espace.

Et pourquoi la Russie ferait ça? Et bien puisqu'elle sait que la Résistance est bien cette partie qui va jusqu'au bout et qui travaille même à viser ce qui permet à l'axe US:Israël d'avoir à l’œil la Résistance. La technologie iranienne de furtivité, illustrée par les missiles et les drones made in Iran a rendu totalement aveugle les radars US, poussant les Américains et leurs alliés à  une refonte de leur concept de DCA, les armes anti missiles iraniennes pourraient en faire autant avec la couverture satellite US/Israël dans la région. 

Jeudi, le sous-secrétaire adjoint du Pentagone reconnaissait que la DCA basée sur Patriot n'est plus à la hauteur de la tache demandée mais il balbutiait cette terrible vérité en en accusant tout le monde y compris la Chine et la Russie : « Alors que des pays comme la Corée du Nord, l'Iran, la Russie et la Chine ont développé les performances technologiques de leurs missiles, le département de la Défense US prévoit une mise en examen de ses propres politiques, stratégies et capacités de défense antimissile au cours des prochains mois », a-t-il dit. 

« L'examen s'alignera sur la stratégie de défense nationale et contribuera à l'approche du ministère en matière de dissuasion intégrée », a déclaré Leonor Tomero, en allusion effectivement à cette cuisante défaite de la DCA dite "intégrée US" en Asie de l'ouest qui n'a été ni une DCA, ni un C2 : Aussi, les batteries de Patriot ni de THAAD pourtant éparpillés à travers 750 bases US au monde dont une grosse partie au Moyen Orient n'ont sauvé ni Israël de la tempête balistique de Gaza, ni les troupes US des drones et roquettes irakiens encore mois l'Arabie des Salmane de Qassef K2 et des Badre-3 d'Ansarallah.  

« L'examen sera coordonné dans l'ensemble du département, y compris dans des entités telles que la Missile Defence Agency, le U.S. Northern Command, le NORAD et la communauté des acquisitions », a déclaré Tomero qui a jouté dans une claire allusion à la Résistance : « Nous examinerons la menace dans l'environnement de sécurité en évolution… Comment pouvons-nous améliorer et disposer d'une défense antimissile efficace et abordable pour la défense nationale et régionale. Cet examen fera partie de la stratégie de défense nationale, qui, devrait être achevée d'ici janvier 2022. Cette protection contribuera également à diminuer le potentiel coercitif de ces États qui chercheraient à restreindre la capacité des États-Unis à fournir des garanties de sécurité crédibles à nos alliés et partenaires pendant une crise ou un conflit ».

L'Américain n'a toutefois pas expliqué comment feront les USA d'ici 2022 ni si oui ou non, ces "pays hostiles resteront les bras croisés à ce que les Américains rattrapent leur retard". Décidément Poutine a raison : un satellite militaire russe livré au CGRI ne veut rien dire quand la première frappe au missile balistique iranien a eu lieu en janvier 2020, avant même que le satellite militaire iranien Nour-1 soit mis en orbite quelques mois plus tard.

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