Jun 16, 2021 19:20 UTC
  • USA : Ansarallah s'attaque à

C'est la panique à bord : alors que la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) annonce avoir mis au point un véhicule mobile permettant de lancer un étrange tube volant qui sert à projeter des serpentins sur les hélices des drones pour les neutraliser,

le CentCom annonce, lui des manœuvres de DCA conjointes avec l'armée saoudienne qu'on sait parfaitement "clouée au sol" non seulement à Maarib où ses mercenaires se sont retournés contre elle, mais encore à Jizan soit au sud de l'Arabie saoudite où de très récentes images publiées par la Résistance yéménite ont mis en scène des centaines d'officiers et de soldats saoudiens fuyant, sans armes, les zones de combats et repliés à l'intérieur du territoire saoudien. 

La Résistance yéménite prend l'aéroport d'Abha pour cible de ses drones. © Fars News

En effet, pas plus tard que ce mardi le quartier général des forces armées yéménites a publié de nouvelles images montrant l’opération de l'armée et des Comités populaires (Ansarallah) du Yémen dans l’axe de Jizan, au cours desquelles les forces yéménites ont réussi à prendre le contrôle de certaines positions de l'armée saoudienne, et ce en l'espace de quelques jours. En représailles, des chasseurs de la coalition saoudienne ont  bombardé à plusieurs reprises des cibles dans la province de Maarib au centre du Yémen, mais l'écart est trop criant entre une Résistance yéménite qui avance de façon fulgurante au cœur du royaume le plus pétrolifère du monde à l'aide des lances roquettes, des drones Qassef K2 d'une part et une armée de l'air royale, boosté par l'appui aérien direct de l'axe US/GB qui ne fout rien si ce n'est le fait de raser les maisons et de massacrer les civils. 

Sur les images, reprises par al-Masirahdes unités de l'armée et des comités populaires avançaient d'ailleurs depuis plusieurs directions vers des positions de l'armée saoudienne et de leurs mercenaires soudanais à Jizan, sur fond de frappes aériennes qui se poursuivent.  Des casernes et fortifications entières de cette armée saoudienne sont encerclées par le feu, que provoque l'essaim de drones et de missiles sans que ni les Saoudiens ni les officiers anglo-saxons qui les pilotent soient en mesure de faire arrêter la saignée.  

Ansarallah a détruit un drone d'espionnage saoudien au-dessus de Jizan, le 14 janvier 2020. ©Harbi Press

Les images montrent aussi des dizaines de corps de mercenaires soudanais gisant par terre, trop fort en termes de symbolique d'image puisque cela prouve que la défaite est celle de toute une "coalition" qui a impliqué, au plus fort de sa puissance pas moins de 17 armées dont celles les plus puissantes de la planète. Rappelons que l'armée et les comités populaires ont déjà réussi fin mai à faire une nette percée à Jizan, premier port pétrolier saoudien à être tombé entre les mains de la Résistance yéménite, port particulier puisqu'il a été yéménite avant d'être rétrocédé au terme d'un contrat à l'Arabie saoudite, il y a plus de 40 ans.

 

Plus d'un analyste voit en effet à travers cette fulgurante avancée à Jizan, le prélude à une dynamique qui a toutes les chances de déboucher, si elle se poursuit, sur une implosion du royaume saoudien. "Car tout comme Jizan, Assir et Najran, deux autres provinces du sud du royaume sont peuplées de tribus d'origine yéménite. Si Ansarallah est parvenu à se faire accepter par les tribus de Maariv que Riyad soudoie depuis des décennies, l'alignement de Jizan et de ces deux autres provinces ne serait pas si difficile. Or ce qui ressort de cette défaite au domicile ne concerne pas uniquement l'Arabie des Salmane, mais surtout les États-Unis et l'OTAN à titre de ses soutiens. La presse régionale et même pro Riyad regorge désormais de remarque sur la capacité réelle de la "coalition" à défendre le royaume face aux Houthis et dénonce même par endroit l'arnaque qu'est cette somme de contrats signée avec les Américains pour doter l'Arabie de "meilleure DCA du monde".

Le porte-parole de la coalition continue à prétendre une interception et abattage en série des drones d'Ansarallah n'empêche que ces "Loitering Munition" font un tabac. Rien que sur le front de Maarib, les attaques répétées au drone yéménite contre Abha et Khamis Mushait ( Asir) ont sensiblement réduit l'action des F-15 saoudiens, et ce, au profit des combattants de la Résistance. L'annonce d'une manœuvre conjointe anti drone US/Arabie va dans ce sens, note un analyste. 

Des combats dans la province yéménite d'al-Jawf. ©Harbi Press

En effet, les raids à répétition visant le sol saoudien commencent à dépasser toute limite, les batteries de Patriot étant totalement incapables de les intercepter. Le récent exercice de DCA constitue une tentative désespérée de réhabiliter ce qui est l'épine dorsale de l'ensemble du système de défense aérienne occidental qui rappelons-le, s'étend sur une bonne partie de la planète. Mais cet effort de réhabilitation a-t-il été un succès ? 

"Sur sa page Tweeter, le Centcom publie des photos du système MADIS, une DCA de courte-portée de l'US Navy. Les images de ce système ajoutées à celles de ce curieux dispositif de la Darpa ne peuvent qu'avoir un double message : le Patriot a échoué et les USA se fichent un peu de ce qui arrive au royaume, mais s'inquiètent bien pour ses marines dont ils viennent de reconnaître leur présence au Yémen. Pour le reste, et à en juger les images publiées, il est difficile d'envisager ces gadgets pouvoir faire face aux attaques en essaim, poursuit l'analyste. 

"Les USA ont peur d'Ansarallah surtout que leurs troupes s'apprêtent à s'installer à Mahra, à Perim ou à Soccotra. Le site Web Saudi Leaks, se référant à de récentes révélations des habitants de l'île yéménite de Périm (Mayyun en arabe), située à l'entrée du détroit de Bab al-Mandeb, a rapporté que les responsables de la monarchie saoudienne avaient chargé des courtiers sur l'île pour persuader les habitants de Périm de quitter l'île en échange de pots de vin séduisants. Riyad fait place nette pour assurer la sécurité des troupes US. Mais est-ce suffisant ?"

 

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