Jul 19, 2021 18:08 UTC
  • Traitement de choc du Hezbollah?

Vu l'échec du courant pro-occidental dans le règlement de la crise libanaise, la deuxième option permettant aux Libanais de sortir sains et saufs du marasme en cours est de faire confiance aux puissances inéluctables de la Résistance que reconnaît même l'ennemi israélien.

Après la démission de Saad Hariri de la candidature à la formation du nouveau cabinet au Liban après 9 mois, la crise politique, économique et sociale dans le pays du Cèdre est entrée dans une nouvelle phase. Pour le moment, le Liban se heurte à un défi crucial. Entre temps, une question importante qui se pose ici, est de savoir si les Libanais peuvent décider de leur sort sans une intervention étrangère?

Depuis 1920, la France et la Grande-Bretagne tentent d’imposer leur tutelle sur le Liban, et les États-Unis n'ont, ces dernières décennies, cessé d’intervenir dans les affaires intérieures du Liban pour protéger les intérêts de l’allié israélien.

Le fait est que les courants politiques impliqués dans les affaires libanaises sont nombreux et leur nombre augmente, mais ces forces peuvent être divisées en deux camps opposés :

– le premier camp comprend un groupe de chefs de tribus, de partis et de factions politiques proches de l’Occident;

– le deuxième camp inclut un groupe de forces nationales, économiques, politiques et d'intellectuels généralement opposées aux pays occidentaux, qui eux, soutiennent Israël.

On peut dire que la nomination de Saad Hariri pour former un gouvernement au Liban après la démission du gouvernement de Hassan Diab, après les explosions horribles dans le port de Beyrouth était un gain politique pour le premier camp ; cependant, l’échec de Hariri à former un nouveau gouvernement signifie en réalité une défaite politique pour le camp.

Certaines puissances étrangères, en particulier la France et les États-Unis, ont ces derniers mois cherché à convaincre les conservateurs du premier camp que surmonter la crise libanaise nécessite certaines actions, telles que :

– former un gouvernement technocrate ou de spécialistes idéologiquement liés à l'Occident et n'ayant aucune représentation des forces affiliées au second camp, en particulier le Hezbollah.

– négocier avec le Fonds monétaire international (FMI) pour obtenir un prêt et recevoir une aide de sa part, compte tenu des conditions destructrices que cette instance internationale impose au Liban.

– redoubler d'efforts pour empêcher tout commerce avec la Syrie.

– élargir la coopération politique et économique avec les monarchies arabes du golfe Persique.

– préparer le terrain à la tenue des élections législatives anticipées et coopérer avec des éléments d'organisations de la société civile soutenus par les pays occidentaux et pro-israéliens.

Bien entendu, ce scénario du premier camp a complètement échoué suite à la démission de Saad Hariri.

Dans une telle conjoncture, il y a deux options pour les Libanais, leur permettant de sortir du dilemme actuel :

1. Que le second camp se focalise sur les priorités à suivre d’une manière urgente au stade actuel. Ces priorités comprennent :

– résoudre la crise de la nourriture, des médicaments et du carburant de toutes les manières possibles ; même si cela nécessite l'importation directe des éléments mentionnés.

– donner le coup d’envoi au processus d'enquête pénale sur les comptes de la Banque centrale et de ses succursales pour identifier les vrais criminels et ceux qui ont illégalement empoché et transféré les biens du pays à l'étranger.

– préparer le terrain pour l'enquête sur les explosions du port de Beyrouth, dont le juge Tariq Bitar est en charge d’instruire.

– importer du carburant et de l’essence de la République islamique d'Iran (RII) en échange de livres libanais.

– entrer en négociations avec le FMI, à condition que les conditions irrationnelles de cette organisation internationale, qui nuisent à l'économie libanaise, soient annulées.

– arriver à un accord global sur la modification de la loi électorale ; même s'il faut reporter de quelques mois les élections législatives.

2- Mais si la première solution est impossible, on passe à la deuxième option, qui comprend les clauses suivantes à mettre en œuvre :

 

– former un gouvernement national global composé du Premier ministre et des dirigeants politiques, qui seront en mesure de mettre en œuvre le programme de réforme conformément aux priorités du Liban.

 

– élargir la coopération économique avec la troïka Iran- Russie -Chine, qui ont déjà proposé des projets de développement intégré pour le Liban, qui peuvent être mis en œuvre sans avoir besoin de recevoir de prêts de pays étrangers.

 

– trouver une formule pratique pour une coopération continue et efficace entre la Résistance et l'armée libanaise qui assurera la sécurité nationale contre l'ennemi israélien.

En réponse à ceux qui prétendent que le virage de l'Ouest vers l'Est n’aura d’autre sens que de préparer le terrain à une autre intervention étrangère au Liban, il convient de dire que l'Axe de l'Est, contrairement à l'Axe de l'Ouest, n'entend pas s'immiscer dans les affaires intérieures, mais il recherche une coopération efficace et pacifique. L'axe de la Résistance a également prouvé qu'il n’épargne aucun effort pour défendre la souveraineté libanaise contre Ie régime agresseur d’Israël.

Un exemple évident en est le succès stratégique de la Résistance dans la guerre de juillet 2006. La percée de la Résistance libanaise a atteint son élan aujourd’hui, notamment lorsqu’elle a réussi à renforcer ses unités de missiles dont la puissance de destruction a fait paniquer plus que jamais l’ennemi israélien.

 

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