Jul 20, 2021 15:41 UTC
  • Irak: 1ère base US tombe...

C'est un silence qui devrait bien faire peur aux Yankee : depuis quelques heures et alors même que Sadr City, à l'est de Bagdad comptait ses morts après un attentat kamikaze, ce lundi 19 juillet, lequel attentat a coûté la vie à 29 irakiens et en a blessé 47 autres, les Américains retiennent leur souffle.

Il est vrai qu'une dernière attaque terroriste qui a eu lieu en janvier et sur la place Tayaran de Bagdad au cours de laquelle deux kamikazes dont un, de nationalité saoudienne, se sont fait sauter provoquant la mort de près de 20 personnes, a coûté trop cher au tireur de ficelle qu'est l'Amérique et qui réalise, chaque jour qui passe, à quel point le dilemme irakien pourrait lui être fatal : " Retirer l'US Air Force ou l'US Army sous les coups des drones et des missiles qui ne coûtent qu'à peine quelques milliers de dollars chaque pièce, réalisez-vous un instant quel pourrait en être l'impact géostratégique? ", se demandait récemment un sénateur US.

En janvier, la double attaque kamikaze a valu à Riyad deux frappes au drone irakiennes, dont aucune n'a pu être interceptée, frappes qui ont même déclenché au dessus du palais des Salmane le système THAAD. Mais ce n'était pas tout : Ces deux drones irakiens qui prouvaient en effet que l'Arabie pétrolifère des Salmane se trouve aussi et potentiellement confrontée à un front irakien, a poussé le commandant en chef du CentCom a débarquer précipitamment sur la côte ouest de l'Arabie et à s'emparer de Taëz, de Tabouk et de Yanbu et les déclarer la zone militaire avant d'y implanter troupes et munition et ce, au nom des " tensions avec l'Iran " qui " si elles sont virées un jour en escalade majeure pourraient priver les troupes US de toute liberté d'agir dans le golfe Persique". Plus d'un analyste y ont vu surtout une bunkérisation de la côte ouest saoudienne en vue de protéger Israël en mer Rouge, puisque les drones irakiens dans le ciel de Riyad cela signifiait aussi des drones irakiens dans le ciel d'Israël. 

D'ailleurs cette appréhension de voir la Résistance irakienne ouvrir le front dronesque n'a pas mis longtemps à se justifier quand dès le mois d'avril, les drones irakiens se sont mis à s'abattre sur les bases US à travers tout l'Irak, puis en mai, aller au-delà de cette frontière pour atteindre droit et lors de la guerre Israël/Gaza, le nord d'Israël. Tout ceci fait que le carnage de Sadr City soit potentiellement porteur de très mauvaises surprises pour un axe US/Israël qui à l'heure qu'il est s'est mis en tête de bunkériser la Jordanie voisine, de veiller à ce que son ciel ne devienne pas encore un lieu de transit pour les drones et les missiles irakiens qui futés qu'ils sont, sont capables de percer tout ce que compte la DCA occidentale et on y pense évidemment aux Patriot, aux THAAD et Cie. 

Ce mardi, le roi Abdallah de Jordanie et sa famille ont été accueillis à la Maison Blanche par un Biden, qui n'a cessé de le qualifier d'allié stratégique dont le rôle est axial au Moyen-Orient en termes de lutte contre le terrorisme. Beaucoup ont pensé que le vieux président tentait par là d'imposer à Abdallah l'idée de refaire de son royaume une base arrière contre l'Irak comme en 2011 quand elle a accueilli sur le sol jordanien des bases d'entraînement de terroristes à destination de la Syrie. Cette perspective est d'autant plus vitale pour les USA que leurs troupes viennent de connaître leurs premiers déboires en Syrie orientale, lieu où les Yankée étaient en totale sécurité depuis 2015 et occupés à la faveur de la couverture que leur offraient les FDS, à piller le sous-sol syrien. 

Le triangle Syrie-Jordanie-Irak au niveau d'al-Tanf a deux côtés qui tremblent. Le troisième côté les Américains entendent la "renforcer" surtout que le projet de Daech-bis basé sur des infiltrations massives de terroristes depuis la Syrie vers l'Irak a du plomb dans l'aile, tant se montre imperméable la frontière syro-irakienne grâce aux Hachd; autant tenter de refaire le coup depuis la Jordanie. 

Ceux des terroristes héliportés depuis les prisons de Hassaké n'ont été capables jusqu'ici que de faire sauter des lignes de hautes tensions, de provoquer des incendies dans deux hôpitaux, à bord d'un cargo, ou dans quelques bâtiments publics, ce qui n'est pas rien quand on sait que la température et la consommation d'électricité grimpent en Irak, et que ce genre de sabotage peut déstabiliser. Mais cette politique d'Irakiens et de poteaux brûlés, l'Amérique sait qu'elle ne suffit pas pour inverser la donne et stopper cette dynamique d'expulsion de troupes US en cours en Irak et en Syrie. Il lui fait des "exploits" comme en 2014 quand son armée takfiriste faisait marche sur la capitale. Mais est-ce possible? 

Les stratèges du Pentagone y croient encore à condition qu'ils puissent faire de la Jordanie, de toute la Jordanie, une base d'entraînement de terroristes grandeur nature soit une extension d'al-Tanf en Syrie entre autres. 

Commentant la visite du roi hachémite à la Maison Blanche, un responsable du département d'État américain revient d'ailleurs en déclarant que Washington voulait que la Jordanie joue un "rôle pro-américain" après le retrait des troupes américaines d'Afghanistan. Cité par Sky News, il dit que l'administration du président Joe Biden considère la Jordanie comme le centre de la formation militaire américaine plutôt que le Qatar. Cela est conforme à la stratégie américaine visant à maintenir les forces américaines dans la région du Golfe (Persique) et ce, à l'abri de toute confrontation ou de tout ciblage possible par des groupes de Résistance et l'Iran. Washington souhaite que la Jordanie joue un rôle pro-américain dans la prochaine phase de son retrait d'Afghanistan fin juillet en accueillant des programmes de formation pour les forces afghanes, notamment l'Afghan Air Force."

Mais le mot "Afghanistan" sonne faux... Les USA cherchent plutôt à s'offrir une alternative aux bases qu'ils sont en train de perdre en Syrie et en Irak sous les coups balistiques de la Résistance, avoir quelque part où poursuivre leurs tentatives d'extension du terrorisme. Or au Qatar tout comme en Jordanie, les missiles anti-américains ne font pas de différence entre leurs cibles. La riposte à l'attentat de Sadr City pourrait en donner d'ici les heures à venir une petite idée. 

 

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