Aug 29, 2021 17:00 UTC

Au sommaire : 1-L’Iran déverrouillé l’Asie centrale

Après la première opération pilote TIR réussie de Bandar Abbas (Iran) au Tadjikistan via l’Afghanistan, le corridor KTAI est désormais ouvert aux transports TIR.

Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, l’Union internationale des transports routiers (IRU) a déclaré dans un rapport qu’après le premier test réussi de transit routier reliant l’Iran au Tadjikistan à partir de Bandar Abbas, le corridor KTAI Kirghizistan-Tadjikistan-Afghanistan-Iran est désormais praticable et s’ouvre au réseau de transport international sous l’égide de la convention TIR.

Cette nouvelle route commerciale ouvre la région au commerce et au développement et permet un gain de temps et d’argent important pour les opérateurs de transport et de transit pour transporter leurs marchandises. Ce corridor offre en effet le trajet le plus court possible entre l’Iran et le Kirghizistan et permet de gagner jusqu’à cinq jours pendant les heures normales de transport routier.

Le rapport félicite la mise en œuvre réussie de ce projet phare en envoyant un convoi de camionneurs depuis la ville de Bandar Abbas, l’une des 100 villes portuaires les plus importantes au monde, notant que le convoi a traversé l’Afghanistan sans incident et a été accueilli comme prévu par responsables afghans.

Les camionneurs TIR ont poursuivi leur voyage à travers l’Afghanistan et se sont dirigés en toute sécurité et à toute vitesse jusqu’à leur destination finale à Douchanbé, la capitale du Tadjikistan, précise le rapport.

Selon la Banque mondiale, la population totale des quatre pays bordant le corridor dépasse 128 millions et leur PIB total approche un demi-million de dollars. Le corridor KTAI est pensé et conçu pour approvisionner les marchés des pays émergents.

Dès qu’ils prennent la route à l’extérieur de Bandar Abbas, les commerçants et les opérateurs de transport routier se rendent compte qu’ils pourront profiter de nombreux services numériques fournis par la société de transport TIR sur les aires de repos le long de la route.

Qui ne rêve pas de partir à l’aventure sur ce corridor qui serpente à travers les paysages époustouflants et les plus vierges et inexploités d’Asie centrale et orientale, d’autant plus que ce voyage contribuera à la prospérité et à la croissance économique commerciale des pays de la région ?

Avec Tasnim

2-USA : les bombes chinoises, plus mortelles

La Chine est en passe de devenir une menace sécuritaire majeure pour les États-Unis.

Un haut responsable militaire américain a déclaré que la Chine se transforme progressivement en une « menace majeure pour la sécurité » des États-Unis, dépassant la Russie dans la production d’armes nucléaires.

Le général Thomas Bussier, chef d’état-major adjoint du commandement stratégique de l’US Air Force, qui supervise l’arsenal nucléaire américain, a déclaré que la Chine développait davantage de capacités nucléaires, ce qui contredit les déclarations publiques de la Chine qui prétend rester un niveau minimum de dissuasion nucléaire.

Il a ajouté que la Chine serait bientôt à la pointe des « menaces nucléaires » contre les États-Unis, dépassant la Russie. « Le fait est que nous traversons une période de transition au cours de laquelle le nombre de menaces chinoises dépasse celui des Russes », a déclaré Boussier lors d’une conférence en ligne.

Le commandant de l’US Air Force a par ailleurs déclaré que l’estimation était basée uniquement sur le nombre d’ogives nucléaires de Pékin stockées ainsi que leurs performances. Ces remarques interviennent alors que Washington reconsidère sa politique étrangère pour se concentrer davantage sur la région indopacifique afin de contrer la puissance économique et militaire croissante de la Chine. Contrairement à la Russie, les États-Unis n’ont signé aucun traité ou mécanisme pour négocier avec la Chine sur « la réduction des malentendus ou des problèmes de communication ».

Source : Ghatreh

3-Irak post-US, Paris prend le relais !

Pour Emmanuel Macron, « quels que soient les choix américains », la France restera en Irak 

Emmanuel Macron en voyage officiel en Irak s’est exprimé lors d’une conférence de presse sur la situation dans la région. Selon le chef de l’État, « quels que soient les choix américains », la France restera en Irak.

« Quels que soient les choix américains, nous maintiendrons notre présence pour lutter contre le terrorisme en Irak, aussi longtemps que l’Irak le demandera », a déclaré Emmanuel Macron, ce 28 août, lors d’une conférence de presse à Bagdad au cours de son voyage officiel dans le pays.

« Nous avons les capacités opérationnelles pour assurer cette présence », a-t-il ajouté à l’issue d’un sommet régional consacré à la lutte contre le terrorisme et à la souveraineté de l’Irak.

L’Irak, où Daesh continue de mener des attentats quatre ans après sa défaite militaire, et la France « sont des partenaires clés dans la guerre contre le terrorisme », a par ailleurs déclaré le chef du gouvernement irakien.

Paris fournit en effet à l’Irak un appui militaire, notamment aérien, avec en moyenne 600 hommes sur place dans le cadre de la soi-disant coalition internationale contre le terrorisme.

À l’occasion de ce sommet, le président français veut montrer que la France conserve un rôle dans la région, poursuit la lutte contre le terrorisme, et soutient les efforts de médiation de l’Irak, « pays pivot, essentiel à la stabilité du Moyen-Orient », explique l’Élysée.

Emmanuel Macron se rendra le 29 août au Kurdistan irakien, où il saluera la lutte des Kurdes contre Daesh, puis à Mossoul, symbole de la victoire contre le groupe islamiste qui a occupé cette ville de 2014 à 2017.

L’Afghanistan évoqué aussi par le chef de l’État sur l’Afghanistan, le président français Emmanuel Macron a annoncé lors de cette même conférence de presse que des « discussions » avaient été entamées avec les talibans afin de « protéger et rapatrier des Afghanes et des Afghans » menacés depuis le changement de régime à Kaboul, le 15 août.

Ces évacuations sont planifiées conjointement avec le Qatar qui, dans le cadre de ses discussions avec les talibans, a la possibilité d’« aménager des opérations de pont aérien », a précisé le chef de l’État.

La France a évacué d’Afghanistan 2 834 personnes, dont 142 Français, 17 Européens et plus de 2 600 Afghans menacés depuis le 17 août, deux jours après que les talibans se sont emparés du pouvoir à Kaboul, a-t-il aussi précisé. Ces évacuations ont eu lieu grâce à « une quinzaine de vols » à travers les Émirats arabes unis, a précisé le chef de l’État au lendemain de la fin du pont aérien mis en place par Paris.

Source : RT France

4-Gaz/Nucléaire : le lien russo-hongrois renforcé 

Lors de son voyage en Hongrie, le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a rassuré sur les accords liés à l’approvisionnement en gaz de Budapest et à la construction de la centrale nucléaire de Paks 2.

« Concernant la centrale nucléaire de Paks 2, comme notre coopération dans le domaine de l’approvisionnement en gaz, les négociations sont en cours entre les entreprises concernées, les projets sont en cours, et je peux vous assurer que des accords seront conclus reconnaissant l’intérêt mutuel », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à Budapest, le 24 août en conférence de presse commune avec son homologue hongrois Peter Szijjarto.

Paks 2 désigne le projet d’extension de la centrale nucléaire hongroise de Paks, à une centaine de kilomètres au sud de Budapest, avec deux nouveaux réacteurs de troisième génération VVER de 1200 watts de puissance chacun, fournis par la Russie. Avec Paks 2 la production d’électricité d’origine nucléaire doublerait le projet à fait l’objet d’un accord intergouvernemental signé par les présidents Viktor Orban et Vladimir Poutine en 2014 et la signature du Parlement hongrois la même année.

Mais les travaux de construction prévus pour 2018 ont pris du retard et sont peu avancés. La centrale nucléaire de Paks est déjà équipée de quatre réacteurs de construction russe qui assurent, depuis leur entrée en service dans les années 1980, près de 45 % de la consommation d’électricité du pays. Avec la mise en service de Paks 2, la production d’électricité d’origine nucléaire doublerait.

Le projet a fait l’objet d’un accord intergouvernemental signé par les présidents Viktor Orban et Vladimir Poutine en 2014 et de la signature du Parlement hongrois la même année.

Mais les travaux de construction prévus pour 2018 ont pris du retard et ne sont pas bien avancés. La centrale nucléaire de Paks est déjà équipée de quatre réacteurs de construction russe qui, depuis leur mise en service dans les années 1980, ont fourni près de 45 % de la consommation électrique du pays. Avec la mise en service de Paks 2, la production d’électricité nucléaire doublerait.

Lors de la visite du ministre russe en Hongrie, le second dossier énergétique important évoqué a été le contrat d’approvisionnement pluriannuel de gaz russe en Hongrie.

« Notre contrat à long terme sur l’approvisionnement en gaz naturel de la Russie expirera bientôt et nous sommes prêts à conclure un nouvel accord à long terme avec Gazprom », a déclaré à ce sujet, Peter Szijjarto ministre hongrois des Affaires étrangères à Budapest, lors de la même conférence de presse.

« Nous sommes maintenant à la phase finale de préparation de ce document et nous discuterons des derniers détails lundi 30 août à Saint-Pétersbourg avec le directeur général de Gazprom Alexeï Miller. Je pense que nous pourrons entrer dans le long terme via un contrat de 15 ans avec des conditions acceptables, pour soutenir la sécurité énergétique nationale », a ajouté le haut diplomate hongrois. Selon l’agence TASS, le ministre s’est aussi félicité d’avoir fait le choix en faveur de la route d’approvisionnement en gaz via la Serbie. Celle-ci est alimentée par la seconde ligne de gaz de TurkStream qui arrive de Turquie et passe par la Bulgarie.  « Cela nous fournit 8,5 milliards de mètres cubes de gaz », a précisé Peter Szijjarto.

Source : RT France

5-La Turquie chassée de Kaboul

Les talibans ne font plus confiance à Ankara pour garder l’aéroport international de Kaboul.

Malgré la déclaration du président turc Recep Tayyip Erdogan selon laquelle les talibans avaient transféré le droit d’assurer la sécurité à l’aéroport international de Kaboul à l’armée turque, il est désormais officiel que le mouvement taliban a refusé de déléguer à Ankara le droit de contrôler le port aérien et d’assurer sa sécurité. Comme il ressort de la déclaration des talibans, de telles actions leur semblent inconcevables au point que l’armée turque n’a eu que trois jours pour quitter le territoire afghan.

La déclaration de la direction des talibans se réjouit que les militants ne donnent à aucune des deux parties le droit de résoudre diverses tâches militaires, y compris la Turquie, qui, de plus, n’a pas réussi à s’imposer comme un partenaire possible.

Apparemment, les talibans eux-mêmes contrôleront la sécurité à l’aéroport international de Kaboul, tandis que les Afghans locaux géreront l’aéroport, mais sous la supervision étroite du mouvement taliban.

À noter qu’auparavant, les talibans avaient lancé un ultimatum sur la nécessité pour les troupes étrangères de quitter le territoire afghan immédiatement avant le 31 août, menaçant également de très graves conséquences négatives, dont la capture de soldats qui n’ont pas eu le temps d’être évacués.

Opex tire également : Ankara abandonne son plan de protection de l’aéroport de Kaboul tout en cherchant à amadouer les talibans, mais donne également des détails précieux que voici :

Selon le média français, « La Turquie ne peut pas assumer la responsabilité de la situation en Afghanistan, mais elle ne peut pas non plus fuir la crise. Étant donné que les réfugiés afghans sont déjà en route, la ligne de conduite la plus sensée est de jouer un rôle dans la gestion de cette crise », a-t-il fait valoir.

Et poursuivons notre lecture avec cette petite parenthèse qu’E-Press s’est permis de diviser le texte d’Opex en deux et d’inverser l’ordre chronologique des événements tels qu’ils sont racontés selon le schéma du triangle inversé.

« Aussi, Ankara ne ménage pas ses efforts, via le Pakistan et le Qatar [où le mouvement taleb a un bureau politique], pour séduire les nouveaux maîtres de l’Afghanistan. A priori, ces démarches n’ont pas été vaines puisque, selon Ibrahim Kalin, le porte-parole de la présidence turque, les talibans ont demandé l’aide technique de la Turquie “pour gérer l’aéroport de Kaboul”, à la condition qu’elle retire ses soldats qui y sont actuellement affectés. »

« D’où l’annonce faite le 25 août. “Les éléments des forces armées turques en mission à l’aéroport Hamid Karzai en Afghanistan ont commencé à être évacués. Les forces armées turques retournent dans notre patrie”, a en effet indiqué le ministère turc de la Défense, via un communiqué. »

À noter qu’un diplomate allemand, Markus Potzel, a dit avoir obtenu l’assurance de la part du bureau politique des talibans établis à Doha que les « Afghans possédant des documents valides continueront à avoir la possibilité de voyager sur des vols commerciaux après le 31 août », c’est-à-dire après le retrait définitif des militaires de l’OTAN. Cependant, si la sécurité n’est pas assurée à l’aéroport de Kaboul, cette promesse risque d’être sans effet. D’autant plus qu’il existerait une menace terroriste « très sérieuse » et « imminente » contre celui-ci, d’après les États-Unis et le Royaume-Uni. Quoi qu’il en soit, si le contingent turc quitte Kaboul, le président Erdogan entend visiblement s’impliquer en Afghanistan…

« La Turquie poursuivra un dialogue rapproché avec toutes les parties en Afghanistan » et « contribuera par tous les moyens à la paix et la prospérité de la population afghane », a-t-il fait savoir, le 25 août.

Il y a un peu plus de deux mois, le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Jens Stoltenberg, avait souligné l’importance de l’aéroport de Kaboul pour le maintien d’une « présence diplomatique et internationale » en Afghanistan. « L’OTAN fournira un financement transitoire de manière à y assurer la continuité des activités », avait-il dit, à l’issue d’un sommet organisé à Bruxelles.

Et afin de s’attirer les bonnes grâces des États-Unis, avec lesquels ses relations sont difficiles en raison de plusieurs différends [F-35, achat de systèmes russes S-400, activités en Méditerranée orientale, en Libye et au Haut-Karabakh, question kurde, etc.], la Turquie – pays majoritairement musulman – avait accepté d’assurer la protection de l’aéroport de Kaboul après le départ des derniers soldats américains d’Afghanistan. En clair, il s’agissait pour Ankara de maintenir le contingent de 500 à 600 hommes qui avait été déployé précédemment à Kaboul dans le cadre de la mission Resolute Support, menée par l’OTAN.

L’effondrement des forces de sécurité afghanes face aux talibans et la prise du pouvoir par ces derniers ont évidemment changé la donne. Le 16 août, soit un jour après la chute de Kaboul, des responsables turcs ont confié à l’agence Reuters qu’il n’était plus question pour Ankara d’assurer la protection de l’aéroport international Hamid Karzaï… sauf si le nouveau régime lui demandait une « assistance technique ».

À vrai dire, l’arrivée du mouvement taleb à Kaboul a été plutôt vue d’un bon œil par les autorités turques. « Nous accueillons de manière positive les messages envoyés jusqu’à présent par les talibans, que ce soit aux étrangers et aux représentations diplomatiques, mais aussi à leur propre peuple », a ainsi déclaré Mevlut Cavusoglu, le ministre turc des Affaires étrangères, le 17 août. Et d’ajouter : « Maintenant, ils [les Afghans] vont discuter entre eux. Qui va prendre part à la transition, quel type de gouvernement temporaire vont-ils avoir ? Nous verrons et discuterons de tout cela ».

De son côté, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a estimé qu’il fallait « garder les canaux de dialogue ouvert avec les talibans et poursuivre un engagement progressif au lieu d’une approche basée sur des conditions dures », soulignant que « le processus à venir » allait être « façonné par non par leurs paroles, mais pas leurs actes ».

Pour Burhanettin Duran, éditorialiste au quotidien pro-gouvernemental Sabah, une telle approche devait permettre à la Turquie d’endosser les rôles de « médiateur de confiance » et de « puissance stabilisatrice ».

Source : Avia.pro et Opex 360

 

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