Nov 08, 2021 20:00 UTC
  • US Navy: Pékin imite le CGRI

Des images satellites montrent que la Chine a construit la réplique d'un porte-avions américain pour des exercices militaires contre des cibles du Pentagone à l'image des forces du Corps des gardiens de la Révolution islamique d’Iran qui en ont construit un en juillet 2020 en déplaçant la réplique du porte-avion américain de classe USS Nimitz dans le détroit stratégique d'Hormuz.

Des images de la société satellite Maxar, fournies au site Web de l'US Navy, montrent que l'armée chinoise a construit des répliques d'un porte-avions et d’au moins deux destroyers américains dans le désert de Tamaklan dans le cadre de ses objectifs d'entraînement aux missiles.

Selon les images de Maxar, l’endroit où se trouvent les répliques est proche de la zone traditionnellement utilisée par l’armée chinoise pour tester des prototypes de missiles balistiques, dont les missiles anti-navires Deng Feng-21.

Selon certaines sources, les images montrent que les répliques de plusieurs navires de guerre américains ainsi que d'autres navires de guerre sont montées sur rail mobile. Une analyse plus détaillée des images indique que les maquettes ont d'abord été construites entre mars et avril 2019, puis reconstruites et démontées plusieurs fois jusqu’en décembre 2019 et n’ont été réactivées que fin septembre de cette année en cours pour être achevées début octobre.

Plus tôt en juillet 2020, les forces armées iraniennes ont détruit la maquette du porte-avions américain USS Nimitz lors d’exercices militaires appelés « Grand Prophète-14 » menés près du détroit d’Hormuz dans les eaux du golfe Persique dans le sud de l’Iran. La maquette en question, en réalité, une barge ayant l’allure du porte-avions, fut visée par des missiles de haute précision tirés depuis la côte et les hélicoptères pour être ensuite conduite au large de l’île de Qechm par le CGRI.

Selon le dernier rapport du Pentagone sur les capacités militaires de la Chine et le lancement de missiles d'essai à diverses fins, l'armée chinoise a lancé son premier tir direct sur des cibles en mer de Chine méridionale en juillet 2019 et a tiré six Deng Feng.

Deng Feng est un missile balistique anti-navire multi rôle, capable de transporter des ogives nucléaires conventionnelles pour frapper avec précision des cibles terrestres et maritimes dans le Pacifique occidental, l'océan Indien et la mer de Chine méridionale.

Mais la récente réaction des responsables américains au rapport du Pentagone sur la puissance militaire croissante de la Chine témoigne de l'écart peu important avec les États-Unis, mais aussi de l’impossibilité de changer la tendance.

En effet, le Pentagone et ses institutions surveillent de près les progrès militaires croissants de la Chine dans divers domaines. Il s'agit notamment des récents tests de missiles à ultrasons, du développement d'un arsenal nucléaire, des avancées dans le cyberespace et l'escalade des tensions avec Taïwan.

« Malgré les défis posés par la pandémie de Corona, Pékin fournit des efforts pour poursuivre sa croissance économique, renforcer ses forces armées et évoluer vers un rôle important sur la scène mondiale », avertit le Pentagone dans son rapport de 200 pages publié mercredi 3 novembre.

"Nous assistons à l'un des plus grands transferts géostratégiques au monde", a déclaré le général Mark Miley, chef d’état-major de l’armée américaine la semaine dernière en soulignant : « Ils [les Chinois] nous ont clairement défiés dans la région, et leur objectif est de défier les États-Unis sur la scène mondiale. »

Le général John Hayton, chef d’état-major adjoint de l’état-major interarmées des États-Unis, a déclaré la semaine dernière que les progrès militaires de la Chine étaient étonnants et qu'ils les dépasseraient bientôt, si les États-Unis ne prenaient pas des mesures efficaces.

« Je pense que nous sommes dans la situation la plus dangereuse que notre pays n’ait jamais rencontrée par rapport à la Chine, en particulier en termes de capacités dont elle est dotée", a déclaré James Einhoff, membre senior de la commission des services armés du Sénat américain, lors d'une conférence de presse la semaine dernière.

Pour Mike Rogers, membre républicain du Sénat, les États-Unis devraient répondre à la Chine en modernisant de façon sans précédent son équipement de défense.

La possibilité d'un rééquilibrage des pouvoirs semble donc préoccuper plus que jamais les responsables et législateurs américains qui sont nombreux à exprimer publiquement leurs inquiétudes suite à la publication du rapport la semaine dernière.

La Chine dépassant les États-Unis qui sont une puissance militaire et économique depuis des décennies, les alliances pourraient profondément changer dans la mer de Chine méridionale et la région Indo-Pacifique à un moment où les tensions entre Pékin et Washington sont à leur plus haut niveau.

Au cours d’une manœuvre de quatre jours menée début octobre, la Chine a fait s’envoler 150 avions militaires au-dessus de Taïwan pour démontrer ses prouesses militaires. Bien que certains experts excluent la possibilité d'une attaque militaire chinoise contre Taïwan, Mark Miley la juge comme probable dans l’avenir.

 

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