Jan 08, 2022 19:16 UTC

Le Kazakhstan, plus grand pays d'Asie centrale, est ébranlé par une contestation qui a éclaté dimanche en province avant de s'étendre à de grandes villes, surtout Almaty, la capitale économique.

 Après avoir attaqué les bases militaires, les manifestants se sont emparés très rapidement d'armes, de lance-roquettes, de blindés et ont pris le contrôle de l'aéroport.
Mais ces émeutes sont-elles réellement spontanées? Vu la cohésion du mouvement qui s'est fixé comme objectif l'occupation des aéroports, des centres armés puis des villes entières, il est peu probable que les États-Unis et l'OTAN ne soient pas derrière ce mouvement. Face aux protestations, le gouvernement kazakh a annoncé sa démission, mercredi. Il a réduit le prix de l'essence encore au plus bas qu'il ne l'était. L’ancien président Noursoultan Nazarbaïev a été désigné de présider le Conseil de sécurité nationale.
L’on doit attendre et voir ce qui se passe au Kazakhstan. Mais les États-Unis et l'Union européenne profiteront de cette occasion pour imposer des sanctions contre le Kazakhstan et la Russie, qui a envoyé des troupes dans ce pays.
L'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), dont la Russie est le chef de file, a annoncé, jeudi, l'envoi de forces de maintien de la paix au Kazakhstan, à la demande du président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, a déclaré ce jeudi que Téhéran suivait de près les développements en République du Kazakhstan. 
Le dimanche 12 décembre, les habitants des villes de Janauzen et d'Aktau sont descendus dans les rues pour exprimer leur protestation contre les prix élevés du carburant. Deux jours plus tard, des manifestations ont éclaté à Almaty. Elles se sont poursuivies encore mercredi dans d'autres villes malgré la déclaration de l'état d'urgence dans tout le pays. « Nous pensons, déclare Khatibzadeh, que le gouvernement et le peuple intelligent du pays ami, frère et voisin peuvent résoudre la crise de manière pacifique sans ingérence étrangère et via le dialogue. » Soulignant que l’Iran accorde une importance particulière à l’établissement de la sécurité au Kazakhstan, il a précisé qu’il ne fallait pas du tout permettre aux parties étrangères d’abuser du chaos.
Compte tenu du volume des manifestations, il semble que le peuple les poursuivra encore quelques jours au moins. C'est d’ailleurs ce qu’a dessiné l'Occident contre la Russie. Autrement dit, au lieu d'une confrontation militaire directe avec les Russes en Ukraine, l’Occident exercera une pression médiatique et politique sur la Russie au Kazakhstan.

Fabrice Beaur, expert pour l'ONG EODE et Luc Michel, géopoliticien s'expriment sur le sujet.

 
 

 

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