Jan 19, 2022 16:12 UTC

Au sommaire : 1- Russie: ce que Raïssi souhaîte accomplir

Le président iranien Ebrahim Raïssi se rendra à Moscou à l'invitation de son homologue Vladimir Poutine. L’objectif principal de cette visite est la consolidation des relations entre l’Iran et la Russie et de la diplomatie de bon voisinage.

Le président Raïssi a souligné depuis sa campagne électorale, que l’une des priorités de son gouvernement serait de renforcer les relations avec les pays voisins de l’Iran, en particulier avec la Russie.

« La République islamique d'Iran est un pays indépendant, puissant et influent dans la région. En parallèle, la Russie est un pays important qui a du pouvoir et de l'influence. Si deux pays aussi puissants que les nôtres conjuguent leurs atouts, ils peuvent assurer efficacement la sécurité régionale et entretenir des relations économiques et commerciales sans pareil », a déclaré Raïssi.

L'Iran et la Russie jouent un rôle de premier rang au sein de nombreuses organisations dont l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS dont l'Iran est devenu membre officiel avec le soutien de Moscou et de Pékin.

Des questions politiques, économiques, l'énergie et la coopération aérospatiale seront abordées lors de la visite officielle du président iranien à Moscou.  

Téhéran souhaite rehausser le niveau du partenariat commercial et économique considéré comme « insuffisant ».

Source : Mehr News

 

2- La liberté du culte en France

Selon Marianne, 99 lieux de culte musulman ont fait l'objet d'un contrôle par l'Etat sur les 2 623 qui se trouvent en France. 22 ont en outre été fermés en quelques mois faisant d'Emmanuel Macron un champion en la matière comparé à ses prédécesseurs. Les autorités françaises sont semble-t-il passées à la vitesse supérieure en termes de contrôle des lieux de culte musulman.

Ces derniers mois, plusieurs fermetures de mosquées et de salles de prières suspectées de diffuser une idéologie radicale sont survenues, rapporte l'hebdomadaire Marianne le 17 janvier. « Pendant ce quinquennat, l'administration s'est mise en ordre de bataille », a déclaré au magazine le préfet Christian Gravel, secrétaire général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CPIDR).

Une autre source anonyme de l'hebdomadaire, un haut fonctionnaire, a déclaré que « lors des précédents quinquennats, ces fermetures se comptaient sur les doigts d'une main ». Marianne affirme ainsi, d'après le ministère de l'Intérieur, que 99 lieux de culte musulman (sur les 2 623 recensés par les autorités), ont été contrôlés ces derniers mois car soupçonnés de « séparatisme ».

A la suite de ces investigations, 36 d'entre eux ont été mis hors de cause car ils respectaient les principes de la République « suite à un changement d'imam ou de gouvernance associative ». 22 lieux de culte ont en outre été fermés « du fait de prescriptions administratives, d'une décision judiciaire, d'une reprise de bail, de travaux ou d'une fermeture administrative », a déclaré le ministère de l'Intérieur. 

L'AFP, se référant à des chiffres de décembre 2021 a fait état, de son côté, le 12 janvier de 21 mosquées fermées pour ces mêmes raisons. Cinq lieux font quant à eux « l’objet d'une instruction » en vue d'une possible fermeture dont celle de Cannes (Alpes-Maritimes). Son recteur et imam Ahmed Guessoum, a qualifié la décision d’« injuste et injustifiée». Le 12 janvier, Gérald Darmanin a publié un communiqué de presse annonçant qu'une procédure de fermeture administrative était engagée contre la mosquée Al Madina Al Mounawara de Cannes en raison notamment de propos incitant à la haine « envers les homosexuels ou transsexuels », et des propos faisant montre d'une « haine antisémite explicite ».

« Nous fermons l'une des mosquées de Cannes parce que nous lui reprochons des propos antisémites, des soutiens au CCIF [Collectif contre l'islamophobie en France] et BarakaCity», a justifié par ailleurs le ministre sur CNews. Les associations « islamistes », selon le ministre, CCIF et BarakaCity ont été dissoutes dans le sillage de l'assassinat de Samuel Paty en octobre 2020.

Fin décembre, la justice a confirmé la fermeture de la mosquée de Beauvais (Oise) pour des prêches d'un imam faisant notamment l'apologie du djihad armé. Fin octobre, c'est la mosquée d'Allonnes (Sarthe), près du Mans, accueillant environ 300 fidèles, qui a été fermée pour six mois sur décision préfectorale car soupçonnée de légitimer le djihad armé ou le terrorisme lors de ses prêches. Selon un haut fonctionnaire cité par Marianne, les fermetures de lieux de culte jugés en infraction avec les lois de la République sont beaucoup plus fréquentes que lors des quinquennats précédents. Gérald Darmanin estime pour sa part qu'il existe «70 lieux de culte radicalisés en France ». 

Mais ces fermetures ne s'opèrent pas sans son lot de critiques. C'est ainsi que Gilles Leproust, le maire communiste d'Allonnes, avait dénoncé en décembre le manque de transparence et de conciliation des autorités dans la fermeture administrative (pour six mois, décidée fin octobre) de la mosquée de sa ville, décrite comme un « traumatisme » pour ses fidèles. 

Source : RT France
 

3- Sanctions américaines: Chine et Iran se libèrent du joug du dollar

Pékin et Téhéran mettent en œuvre un "pacte de coopération stratégique de vingt-cinq ans". Cet accord devrait profiter aux économies des deux pays. Notamment en contrant l’extraterritorialité du droit américain. Un exemple à suivre?

Signé il y a un an, un accord global pour une durée d’un quart de siècle vient d’être solennellement mis sur les rails par les diplomaties chinoise et iranienne. Chercheur à l’IRIS et spécialiste de l’Iran, Thierry Coville voit notamment dans la stratégie sino-iranienne de coopération une volonté de s’affranchir du joug imposé par les États-Unis: "Il y a quelque chose qui est en préparation face à cette façon américaine de sanctionner les échanges en dollars."

Cette entente porte sur des échanges évalués à 400 milliards de dollars. Elle garantit l'interaction économique et culturelle et inclut l'Iran dans l'initiative chinoise des nouvelles routes de la soie: la Ceinture et la Route, laquelle porte sur des milliers de milliards de dollars. À travers ce projet, la Chine ambitionne de construire un vaste réseau d'infrastructures depuis l'Asie de l'Est jusqu’en Europe.

Le dollar évincé par le yuan

Téhéran assure à Pékin un approvisionnement à bas prix en hydrocarbures. Et ce en échange d’importants investissements dans les domaines de l'énergie, de la sécurité, des infrastructures et des communications, sans oublier une coopération militaire. Ainsi, 280 milliards devraient être déversés dans les industries pétrolières et gazières iraniennes, et 120 milliards seront consacrés aux divers projets d’infrastructures, selon le Centre de recherche sur la mondialisation.

La Chine réaffirme son opposition aux sanctions US contre l'Iran

Cette démarche dépasse toutefois la dimension économique. Les deux pays étant sous sanctions américaines, il démontre que l’extraterritorialité du droit américain, qui empêche les pays sanctionnés de commercer en dollars, n’est pas l’horizon indépassable du commerce international.

Pour rappel, en 2018, les États-Unis se sont retirés de l’accord sur le nucléaire iranien, rétablissant les sanctions: un embargo sur les produits pétroliers, sur le secteur aéronautique et minier, et surtout l’interdiction d'utiliser le billet vert dans les transactions commerciales avec Téhéran. Les Européens avaient tenté de contourner ces sanctions par un système de troc nommé Instex. Sans succès.

La politique américaine de pression n’est pas sans limites

En utilisant le yuan, et en se reposant sur la force de frappe économique de la Chine, l’Iran peut ainsi commercer avec un autre pays sans que ce dernier ne fasse l’objet de sanctions dissuasives par Washington. Une petite révolution en soi, qui pourrait servir de précédent pour de nombreux pays sanctionnés par les USA: Cuba, le Venezuela, la Syrie et bien d’autres.

"Pour l’instant, on n’en est pas encore à abandonner le dollar", tempère le chercheur. "Néanmoins, cette façon de faire est très clairement liée aux sanctions américaines et à l’embargo sur le dollar."

En effet, les discussions liées à cet accord existaient déjà avant le rétablissement des sanctions américaines en 2018. "La visite du Président Xi Jinping en 2016 en Iran précède la sortie américaine de l’accord sur le nucléaire iranien", rappelle Thierry Coville. Néanmoins, "ce qui est sûr, surtout pour le gouvernement iranien, c’est que, avec toutes les tensions qu’il y a eu depuis la sortie unilatérale des États-Unis de l’accord et la mise en place de la stratégie de pression maximale, c’est que l’intérêt de cet accord est surmultiplié pour l’Iran." Washington ayant ainsi littéralement poussé Téhéran dans les bras de Pékin, selon notre interlocuteur.

Une lettre énigmatique d’Ebrahim Raïssi vient également d’être remise à Xi Jinping. Elle contient un "message important", assurent des sources diplomatiques iraniennes. Là aussi, peu de détails ont filtré. Cependant, Téhéran a souligné à plusieurs reprises l'importance d'une politique étrangère "centrée sur l'Asie" et dans laquelle la Chine joue un rôle significatif. Un positionnement résumé au micro d’Al Jazeera par Hamed Mousavi, professeur de science politique à l’université de Téhéran: avec cet accord, "l’Iran signale aux États-Unis que plus ces derniers leur mettront de pression, plus ils se tourneront vers l’est". Et ce au détriment du dollar.

Avec Sputnik et Al Manar

 

4- Le False flag US en Russie ?! 

Les menaces de Washington qui pourrait imposer des sanctions directement au président russe Vladimir Poutine, ne sont pas une démonstration de la force et du pouvoir des Etats-Unis, mais plutôt une démonstration de désespoir. Si de telles sanctions étaient adoptées et mises en œuvre, cela entraînerait une grave détérioration des relations entre les États-Unis et la Russie et, peut-être même, une rupture de leurs liens, rapporte le site Web Southfront.

Des sénateurs démocrates de haut rang, dirigés par le président de la commission sénatoriale des relations étrangères, Robert Menendez, ont dévoilé la semaine dernière un nouvel ensemble de sanctions visant le président russe Vladimir Poutine et d'autres hauts responsables russes – si Washington considère que la Russie a déclenché une guerre avec l'Ukraine. Il pourrait s'agit d’une tentative d’entrave au projet du gazoduc Nord Stream 2 qui fournira du gaz russe à l'Allemagne et à d'autres parties de l'Europe.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a averti que les sanctions contre Poutine sont « une mesure sans précédent qui équivaut à rompre les liens ». Même si une telle action des États-Unis serait drastique, la nouvelle de possibles sanctions, en particulier à un moment où des négociations sur la sécurité étaient en cours la semaine dernière entre la Russie et les États-Unis/OSCE, doit être considérée comme une tentative désespérée de faire pression sur Moscou pour qu'elle se soumette.

Ces menaces auraient renforcé la position de négociation américaine lors des discussions de la semaine dernière.

Il n'y a rien de particulièrement nouveau dans les menaces de sanctions contre la Russie, sauf que l'accent est désormais mis sur des sanctions personnelles contre Poutine, une campagne menée par le lobby anti-russe lié au Parti démocrate qui n’approuve pas la politique « douce » du président Joe Biden envers Moscou.

L’autre problématique est le type de sanctions que les Américains pourraient imposer au président russe, étant donné qu'il n'a ni actifs ni comptes bancaires en Occident. Puisque personne ne connait la nature de ces sanctions, il est donc probable que les menaces de sanctions contre Poutine aient été vaines dans l'espoir de renforcer le pouvoir de négociation des États-Unis avec Moscou. Cela ne nie cependant pas que les États-Unis pourraient sanctionner d'autres personnes ou peut-être même le pipeline Nord Stream 2.

De plus, de nouvelles sanctions sont en préparation au cas où la situation dégénérerait en Ukraine, ceci malgré le fait que Moscou dit de ne pas vouloir envahir l'Ukraine. Cela n'a pas empêché les États-Unis de diffuser de la désinformation, la dernière en date étant que la Russie a « préparé le terrain pour avoir la possibilité de fabriquer un prétexte à l'invasion » en accusant l'Ukraine.

« Nous avons des informations qui indiquent que la Russie a déjà prépositionné un groupe d'agents pour mener une opération sous fausse bannière dans l'est de l'Ukraine », a déclaré vendredi Jen Psaki, attachée de presse de la Maison Blanche.

Bien que la Russie essaie désespérément d'éviter la guerre, les États-Unis brossent un tableau selon lequel le pays cherche infâmement des moyens de justifier une invasion de l'Ukraine. 

Compte tenu de la longue histoire des États-Unis en matière d'opérations sous fausse bannière, les provocations ukrainiennes sont peut-être préparées pour être présentées comme une opération russe sous fausse bannière pour justifier des sanctions et peut-être contraindre la Russie à une guerre destructrice et coûteuse.

Les sanctions proposées par les démocrates pourraient également inclure le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Défense, le chef d'état-major des forces armées et d'autres personnalités militaires. Elles pourraient également viser les principales banques et le système SWIFT. Washington estime que de telles menaces envoient un signal clair sur sa volonté de dévaster l'économie russe.

Néanmoins, s'il y a vraiment un désir de réduire les tensions, alors Washington devrait parler le langage de la diplomatie et non des menaces qui peuvent être considérées comme une méthode d’échange effrontée et cynique sur ce qui est nécessaire et important pour la partie américaine dans les négociations. Cependant, c'est précisément pour cette raison que les fuites contrôlées lors des négociations de la semaine dernière ont envoyé le message que des sanctions ont été préparées si la Russie ne capitule pas devant les exigences américaines.

Les sanctions affectent sans aucun doute l'économie russe, mais elles ne l'ont certainement pas détruite. Prenons par exemple le fait que la Russie était autrefois un importateur de produits agricoles, mais qu'elle est aujourd'hui un exportateur majeur malgré les sanctions. La même chose pourrait se produire dans d'autres secteurs de l'économie où des sanctions pourraient être imposées.

De cette manière, les menaces de sanctions renforcées, en particulier contre Poutine, ne sont rien de plus qu'une tentative désespérée de forcer la Russie à capituler et à renoncer à l’Ukraine et au gazoduc Nord Stream 2. Comme Moscou ne capitulera pas ou ne sera pas entraînée dans la guerre avec l'Ukraine, la plus grande menace n'est pas de savoir si Washington imposera des sanctions renforcées contre la Russie, mais si elle prépare une opération sous fausse bannière en Ukraine pour blâmer le Kremlin.

Source: Southfront

 

Mots clés