Jan 19, 2022 19:34 UTC
  • Le Danemark rallie l'OTAN

Dans un contexte où la tension monte dans les relations entre la Russie et l’Occident au sujet de l’Ukraine, une frégate danoise va rejoindre la force de l’OTAN en mer Baltique.

La mission de la frégate HDMS Peter Willemoes, avec un équipage de 160 personnes, a été décrite comme surveillance et dissuasion face à la Russie dans la mer Baltique qu’un expert militaire a décrite comme « arrière-cour du Danemark ».

La frégate danoise HDMS Peter Willemoes rejoindra la flotte de l’OTAN en mer Baltique dans le cadre de la contribution du pays à l’alliance, a rapporté l’agence Sputnik.

La frégate, avec 160 marins à bord, sera fournie avec quatre avions F-16 et 70 soldats à l’appui de la mission de préparation de l’OTAN dans la région de la mer Baltique. Cette mesure a été décidée après que l’OTAN ait spécifiquement demandé l’augmentation de la contribution, a déclaré la ministre danoise de la Défense, Trine Bramsen, dans un communiqué.

La mission se concentrera particulièrement sur les pays baltes et, selon la marine danoise, la tâche de la frégate danoise consistera principalement à montrer sa présence, sa proximité et sa solidarité avec l’ensemble de l’alliance de l’OTAN.

Cependant, comme le déploiement se produit au milieu des tensions entre la Russie et l’Occident, le navire « gardera un œil sur les activités russes en mer Baltique » et « dissuadera la Russie d’aggraver le conflit avec l’Ukraine », a rapporté la radio danoise, citant des experts militaires.

Selon Anders Puck Nielsen, capitaine de vaisseau et analyste militaire à l’Académie danoise de défense, la présence navale accrue de l’OTAN en mer Baltique doit être considérée à la lumière de deux choses.

« Tout d’abord, l’idée est d’envoyer des signaux clairs à la fois à la Russie et aux pays baltes indiquant que nous sommes solidaires au sein de l’OTAN et que toute cette situation nous rapproche encore plus les uns des autres. Deuxièmement, il y a une tâche militaire très spécifique –la surveillance, la dissuasion et la capacité de maintenir une présence si les Russes augmentent soudainement leur présence militaire en mer Baltique », a déclaré Nielsen à la radio danoise.

Tout en soulignant que de telles « opérations en direct » ne se déroulaient jusqu’à récemment que dans des eaux lointaines, Nielsen a affirmé que la mission de la frégate HDMS Peter Willemoes n’était pas agressive et que le Danemark naviguait dans sa propre « arrière-cour ».

Son capitaine Henrik Kim Schjoldager a admis des « tensions politiques » sous-jacentes, mais a décrit la mission comme une mission « comme d’habitude ».

Le déploiement de la frégate danoise dans le cadre d’une mission de l’OTAN intervient dans le sillage des tensions croissantes entre la Russie et l’alliance à la suite de la crise ukrainienne en 2014, lorsque les forces soutenues par l’Occident ont renversé le gouvernement élu à Kiev. Le coup d’État a incité la Crimée à se séparer et à rejoindre la Russie après un référendum. Il a également déclenché un conflit civil dans l’est de l’Ukraine.

Tout au long de 2021, des responsables et des médias occidentaux ont accusé la Russie d’un renforcement militaire près des frontières de l’Ukraine en vue d’une éventuelle invasion. Moscou a rejeté toutes les affirmations, accusant plutôt l’Occident d’exacerber artificiellement les tensions.

La semaine dernière, des diplomates russes ont rencontré leurs homologues américains et de l’OTAN pour discuter d’une série de propositions de sécurité énoncées par Moscou dans le but d’apaiser considérablement les tensions actuelles, mais la Russie attend toujours une réponse écrite. Entre autres, les deux parties ont été appelées à s’abstenir de déployer des troupes, des systèmes de missiles, des avions et des navires de guerre dans des zones à distance de frappe de l’autre partie. Washington et l’OTAN ont également été invités à abandonner les projets d’expansion de l’OTAN vers l’est, en particulier les projets d’incorporation de l’Ukraine ou de toute autre ancienne République soviétique dans l’alliance.

Par ailleurs, l’ambassade de Russie à Washington a appelé les États-Unis à abandonner leur projet de fournir plus d’armes et d’équipements militaires à l'Ukraine.

« Au lieu de cela, Washington devrait user de son influence sur les autorités ukrainiennes pour les convaincre de cesser de saboter les accords de Minsk », a ajouté le communiqué cité par l’agence Tass.

Le communiqué de l’ambassade de Russie à Washington souligne que si les autorités américaines « sont déterminées à résoudre le conflit intérieur ukrainien par des moyens diplomatiques, elles devraient abandonner leur projet de fournir davantage d’armes à l’Ukraine ».

« Au lieu de cela, Washington devrait user de son influence sur les autorités ukrainiennes pour les convaincre pour arrêter de saboter les accords de Minsk », lit-on dans le communiqué.

Moscou appelle également Washington à mettre fin à l’hystérie autour de la question du Donbass, a déclaré l’ambassade de Russie.

L’ambassade a souligné que le 18 janvier, la Maison-Blanche, le Département d’État américain et de hauts responsables du Pentagone avaient fait des remarques « sur l’absence de mesures de désescalade à la frontière russo-ukrainienne » et « soutenu que la Russie pourrait envahir l’État voisin à tout moment, y compris depuis le territoire de la Biélorussie. »

« Nous soulignons une fois de plus : la Russie n’attaquera personne. La pratique de déplacer des troupes sur notre propre sol est un droit souverain. Nous appelons à mettre fin à l’hystérie et à ne pas accumuler les tensions autour du problème du Donbass. Et surtout - pas pousser les "têtes brûlées" de Kiev vers de nouvelles provocations », ajoute le communiqué.

La chaîne CNN a rapporté la semaine dernière que les autorités américaines avaient autorisé une aide militaire supplémentaire à l’Ukraine d’une valeur de 200 millions de dollars. Selon le rapport, les États-Unis ont l’intention de fournir à l’Ukraine des armes légères, des munitions, des équipements médicaux et de surveillance radar.

Commentant ces informations, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré que l’augmentation des livraisons d’armes à l’Ukraine aggravait les tensions dans les zones de conflit.

 

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