May 19, 2022 13:38 UTC

Au sommaire : 1- L’Iran travaille à la production de combustible enrichi à 60 % Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a annoncé l’autosuffisance complète du pays dans le cycle du combustible nucléaire, affirmant que la République islamique travaille actuellement à la production de combustible nucléaire d’une pureté de 60 %.

L’Iran a commencé le processus d’enrichissement de l’uranium à 60 % de pureté fissile dans une centrale nucléaire en surface à Natanz, a confirmé l’agence nucléaire des Nations Unies en avril 2021. Il a franchi le pas en réponse à une explosion qui a endommagé l’équipement de l’usine souterraine d’enrichissement de combustible à Natanz. Le pays n’avait auparavant atteint que 20 % de pureté. 

« Les efforts des ennemis en commettant des sabotages dans le domaine de la technologie nucléaire en ont fait la ligne de front. Nos scientifiques se sont levés à l’ordre du chef qui a dit : » Construisez-vous ».

« Ils ont agi sur la question des 20 % de carburant, dont avait besoin le réacteur de recherche de Téhéran, et aujourd’hui nous produisons non seulement 20 % de carburant, mais nous travaillons également à produire 60 % de carburant », a déclaré mercredi Mohammad Eslami.

Le responsable a évoqué la production cruciale de produits radiopharmaceutiques, affirmant que le pays s’oriente désormais vers l’utilisation de la médecine nucléaire dans la thérapie plasmatique.

Eslami a également évoqué le rôle « très important » de l’eau lourde que les ennemis tentent d’interdire à l’Iran d’utiliser en l’accusant de chercher à produire des armes nucléaires.

Il a déclaré que s’il n’y avait pas eu les stratégies du chef de la révolution islamique, l’ayatollah Seyyed Ali Khamenei, « nous ne nous serions pas lancés dans la technologie nucléaire et nous aurions pris beaucoup de retard maintenant ».

Eslami a déclaré : « Les plans de développement du pays doivent avancer sans interruption, et les efforts des scientifiques et des jeunes du pays doivent être consacrés aux grands objectifs du pays, et nous devons endurer les difficultés et les vicissitudes pour atteindre le sommet ».

Source : Press TV

2- La CIA flouée par Poutine ? 

Dans le cadre de l’Opération Z, les Russes se délectent d’une ambiguïté stratégique totale, qui déconcerte complètement l’Occident collectif. Le Pentagone ne dispose pas de la puissance de feu intellectuelle nécessaire pour se montrer plus malin que l’état-major russe. Seules quelques exceptions comprennent qu’il ne s’agit pas d’une guerre – puisque les forces armées ukrainiennes ont été irrémédiablement mises en déroute –, mais de ce que l’expert militaire et naval russe Andrei Martyanov appelle une « opération de police à armes combinées », un travail de démilitarisation et de dénazification en cours.

L’Agence centrale de renseignement américaine (CIA) est encore plus abyssale en termes d’erreurs, comme l’a récemment démontré sa chef Avril Haines lors de son interrogatoire au Capitole. L’histoire montre que la CIA s’est trompée stratégiquement sur toute la ligne, du Vietnam à l’Afghanistan et à l’Irak. L’Ukraine n’est pas différente.

Il n’a jamais été question d’une victoire militaire en Ukraine. Ce qui est en train d’être accompli, c’est la destruction lente et douloureuse de l’économie de l’Union européenne (UE), associée à des profits extraordinaires sur les armes pour le complexe militaro-industriel occidental et à une domination sécuritaire rampante des élites politiques de ces nations.

Ces dernières, à leur tour, ont été totalement déconcertées par les capacités C4ISR (commandement, contrôle, communications, informatique, renseignement, surveillance et reconnaissance) de la Russie, ainsi que par l’inefficacité stupéfiante de leur propre constellation de Javelins, de NLAW, de Stingers et de drones turcs Bayraktar.

Cette ignorance va bien au-delà de la tactique et du domaine opérationnel et stratégique. Comme Martyanov le fait délicieusement remarquer, ils « ne sauraient pas ce qui les frappe sur le champ de bataille moderne avec des quasi pairs, alors oubliez des pairs ».

La qualité des conseils « stratégiques » émanant de l’OTAN est apparue clairement lors du fiasco de l’île des Serpents – un ordre direct donné par des « consultants » britanniques au président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Valeri Zaloujny, a estimé que tout cela était suicidaire. On lui a donné raison.

Les Russes n’ont eu qu’à lancer quelques missiles Onyx de surface et antinavires de choix depuis les bastions stationnés en Crimée sur les aéroports au sud d’Odessa. En un rien de temps, l’île des Serpents est repassée sous contrôle russe, alors même que des officiers de haut rang de la marine britannique et américaine ont « disparu » lors du débarquement ukrainien sur l’île. Ce sont les acteurs « stratégiques » de l’OTAN qui se trouvaient sur place pour prodiguer des conseils peu judicieux.

Source : Réseau international

3- Ukraine : l’Amérique est-ce une kamikaze ? 

De nombreux parlementaires US tirent la sonnette d’alarme : l’aide à l’Ukraine représente de vertigineuses dépenses qui grèvent le budget national. Le sénateur Bill Hagerty (républicain, Tennessee) met en garde : « Nous avons des crises qui éclatent à travers le pays », faisant allusion à une cohorte de problèmes allant de la consommation effrénée de drogues à l’immigration illégale massive.

57 représentants et 11 sénateurs ont refusé de voter les 40 milliards de dollars demandés pour l’Ukraine. Certains candidats aux élections régionales scandent : « Pas les Ukrainiens en premier, les États-uniens en premier ! »

Aucun parlementaire ne remet en question la logique de l’Administration Biden pour qui la Russie a envahi successivement l’Ossétie du Sud, la Crimée et le Donbass afin de reconstituer un Empire. Aucun d’entre eux ne comprend les préoccupations russes face à l’implantation de bases militaires états-uniennes à sa frontière ni face au rôle des bandéristes en Ukraine.

Source : voltaire.net

4- Marioupol : la reddition se poursuit 

L’armée russe a fait savoir que les combattants ukrainiens retranchés dans l’usine Azovstal, dont des membres du bataillon Azov, continuaient à se rendre. Les blessés nécessitant une prise en charge médicale ont été transférés vers un hôpital. Le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense, a annoncé dans un communiqué du 18 mai que « les combattants de l’unité nationaliste Azov, ainsi que les militaires ukrainiens qui étaient retranchés dans l’usine Azovstal à Marioupol, ont continué à se rendre ». Selon le décompte de l’armée russe, 694 combattants se sont rendus au cours des dernières 24 heures, dont 29 blessés, portant à 959 le nombre de soldats ayant déposé les armes depuis le 16 mai.

Le 16 mai, la Défense russe avait indiqué que 265 combattants ukrainiens s’étaient constitués prisonniers, parmi lesquels 51 étaient gravement blessés. « Tous ceux qui nécessitent une assistance médicale sont envoyés vers l’hôpital de Novoazovsk », localité située à l’est de Marioupol, sur le territoire de la République populaire de Donetsk. La vice-ministre ukrainienne de la Défense Ganna Malyar avait annoncé la veille des chiffres proches, évoquant 264 combattants ukrainiens – dont 53 blessés – évacués vers l’est, en assurant que les combattants en question devaient être à l’avenir rapatriés en Ukraine « dans le cadre d’une procédure d’échange ». 

Selon la Défense russe, des négociations avec les représentants des militaires ukrainiens bloqués dans l’usine métallurgique Azovstal à Marioupol ont permis d’aboutir à un « accord sur l’évacuation des blessés ». Celui-ci incluait un cessez-le-feu et la mise en place d’un corridor humanitaire pour transporter les militaires ukrainiens blessés vers un hôpital à Novoazovsk, afin de leur apporter « toute l’aide nécessaire ».  

L’Ukraine avait estimé la semaine précédente que plus de 1 000 soldats ukrainiens, dont 600 blessés, se trouvaient dans le complexe sidérurgique, mais a évoqué, par la voix du président Volodymyr Zelensky, une opération d’« évacuation » des soldats retranchés − qualifiés de « héros d’Azovstal » − à propos de la reddition en cours. Ce qui pouvait introduire une confusion avec d’autres événements, dont l’évacuation d’une cinquantaine de civils du site industriel le 7 mai, sous l’égide de l’ONU et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Source : RT

5- OTAN : que veut Erdogan ? 

La Turquie refuse l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord en raison du soutien de ces deux pays au PKK ou Parti des Travailleurs du Kurdistan, une organisation terroriste en Turquie. Le président Teyep Reçep Erdogan est allé jusqu’à annoncer qu’il était inutile que des délégations de ces deux pays viennent en Turquie pour négocier ce refus.

En réalité, le leadership turc a placé une barre dans un jeu quasiment imparable. Lors de la guerre en Syrie, la Turquie a carrément exercé un chantage migratoire direct sur ses alliés européens et en a obtenu un immense bénéfice, à la fois sur le plan interne, en méprisant publiquement des partenaires européens qui ne voulaient pas d’une Turquie dans l’Union européenne, mais surtout externe en obtenant plus de 5 milliards de dollars USD annuels en s’érigeant comme la gardienne des portes des flux migratoires en provenance du Moyen-Orient et d’Asie vers l’Europe.

Fort de ses succès précédents, Erdogan récidive avec en ligne de mire l’obtention de plus d’avantages, mais cette fois-ci en y incluant le grand allié US. Cette posture semble avoir agacé Washington au point que les Américains ont tenté un coup de poker doublé d’une offensive informationnelle. La chaîne CNN a même laissé entendre que la Turquie pourrait être exclue de l’OTAN. Imperturbable, Erdogan sait fort bien que sans la Turquie, l’OTAN finira comme le défunt Pacte de Varsovie. C’est donc un coup de bluff visant à abaisser la barre des exigences turques. Or, celles-ci ne sont pas modestes. En échange d’un feu vert turc pour l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN, la Turquie exige :

1- Réactiver le contrat de livraison d’avions de combat Lokhheed-Martin F-35 Lightning II avec transfert de technologie et production sur site ;

2- Autorisation d’importer des systèmes de défense antiaérienne russe S-400 Triumf (SA21 Growler) tout en étant exclu du régime des sanctions US ;

3- Levée immédiate de l’embargo sur les armes imposé à la Turquie par la Suède ;

4- Condamnation par la Finlande et la Suède du « terrorisme kurde » et fin du soutien et des facilités dont bénéficie le PKK dans ces deux pays nordiques ;

5- Des compensations financières diverses définies par la partie turque sans possibilités de négociation.

Le département d’État US n’a pas apprécié que la Turquie exploite cette opportunité pour « mettre un pistolet sur la tempe » de ses alliés dans un contexte fort difficile afin de faire avancer ses propres intérêts, mais Erdogan est sûr de son coup et sait qu’en plaçant la barre très haut, il aura le minimum vital pour qu’il puisse engranger des bénéfices durables. Quelle que soit la configuration géostratégique, la Finlande et la Suède ne font pas le poids devant la Turquie, même pour le réarmement de la Baltique et du cercle polaire arctique face à la Russie.

Le silence de la Grande-Bretagne à ce sujet en dit long sur les rapports de force et la realpolitik au sein de l’OTAN. Les pays scandinaves sont des pions à utiliser, mais la Turquie demeure un dispositif. C’est là toute la différence sur laquelle se base le leadership pour négocier ses propres dividendes.

Source : Strategika51

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