Jun 23, 2022 10:39 UTC
  • Ukraine : la Russie fera saigner

Le mercredi 22 juin, presque au moment où le président iranien, Ebrahim Raïssi recevait le chef de la diplomatie russe pour une rencontre qualifiée de hautement stratégique, non seulement parce que les deux pays - noués désormais financièrement via le SWIFT russe,

territorialement via le Corridor, énergétiquement via le transbordement du pétrole russe par les pétroliers iraniens - ont réussi à réduire en miettes les sanctions US et qu’ils en sont même au point d’en tirer tout un mécanisme extensible à l’échelle mondiale, mais encore parce que Lavrov a parlé avec force détails de l’Ukraine que Raïssi, lui, dénonçant US-OTAN a plaidé sans façon en faveur d’une « dynamisme propre à contre l’expansionnisme US-OTAN en Asie centrale, au Caucase et en Asie de l’ouest », les agences d’information ont fait état de la toute première attaque US-OTAN sur le territoire russe, attaque impliquant des drones et imitant très gauchement les coups assassins qu’a porté la Résistance yéménite contre l’axe US-Riyad-Émirats pendant près de huit ans et qui a forcé les Yankee à jeter lamentablement l’éponge puisque sans Aramco et sa production qu’ils calibrent à leur guise, l’Amérique de Biden voire l’Amérique tout court, ne saurait tenir ne serait-ce qu’une minute face à la Russie.

 

 

Deux drones kamikazes de type Harbin BZK-005 de fabrication chinoise ont frappé vers 8h40 et 9h23 du matin et à intervalle d’une heure la raffinerie de pétrole de Novoshakhtinsk dans le district de Rostov, où ils ont réussi, sans avoir à se soucier d’une quelconque DCA, a bousillé tour à tour, la tour de distillation puis l’une des principales réservoirs de la raffinerie qui aliment toutes les provinces du sud de la Russie. Le coup a d’ailleurs réussi, dixit le gouverneur de Rostov, Vasily Globov, à provoquer la suspension de l’activité de la raffinerie et à stopper le flux du pétrole russe. Mais est-ce une surprise ? Mardi, une plateforme pétro-gazière de la société Chornomornaftogaz en Crimée avait déjà été prise pour cible de missiles de croisière américains Harpoon, quitte à pousser les autorité à évacuer 94 des 109 de leurs employés sur fond d’un bilan des blessés et des disparus s’élevant à dix, et d’une suspension nette du transit pétro-gazier vers la mer d’Azov et la mer Noire. Deux jours plutôt ces mêmes missiles américains Harpoon livrés par le Danemark à l’armée ukrainienne mais activés et tirés par les officiers américains, avaient fait couler un remorqueur russe en pleine mer Noire alors qu’il transportait à bord une batterie de missile anti-missile Tor.

 

 

On est donc bien loin d’un coup imprévisible, d’une surprise de taille dans la mesure où les combats au sol que les Américains comptaient transformer en février en un réel bourbier contre la Russie suivant la règle de 3-1 du combat terrestre, tendent à être remportés par la Russie, l’armée russe ayant obtenu la suprématie aérienne, ayant paralysé la capacité de l’axe US-OTAN  à fournir un soutien aérien rapproché aux unités assiégées, ce qui pousserait très naturellement les Yankee et leurs sbires à s’aventurer en mer et à s’en prendre primo au transit maritime russe d’où d’ailleurs l’embargo imposé par la Lituanie à la Kaliningrad, et secundo, à cibler la clés de la victoire russe, à savoir son secteur pétro-gazier.

 

 

 

Mais l’attaque aux drones contre Rostov est-ce un tournant ? À n’en pas douter. D’abord parce qu’il y a là, tout un tabou qui se brise, celui de frapper le territoire russe. Puis parce que de l’attaque à coup de Harpoon contre la Crimée au ciblage de Rostov à coup de drone, il y a tout un changement de paradigme assorti d’un méga défi qu’impose US-OTAN à l’armée russe, paradigme entièrement calqué sur la Résistance. On se rappelle en effet comment Ansrarallah yéménite a réussi un certain septembre 2019 à bouleverser la donne aérienne au Moyen Orient en prenant d’assaut d’une nuée de 21 drones kamikaze et drones de croisière deux raffineries Abqaiq et Khamis d’Aramco situés dans l’est saoudien. La frappe avait coûté aux Anglosaxons, vrais bénéficiaires du pétrole saoudien, un mois de perturbation dans les réseaux de distribution et des retombées en termes de prix. C’était une frappe qui avait fait également école par sa précision et sa furtivité et laissé pantois un clan occidental qui pris littéralement de court, continue aujourd’hui encore, soit trois ans après, à en craindre un remake et surtout à chercher à en décanter le modus operadi, à vrai dire, sans grand succès.

 

Car ce grotesque copiage US-Otan à Rostov d’une tactique made in Résistance est à des milliers d’années de lumière d’être un succès militaire. Pourquoi ? D’abord on est bien loin de l’essaimage caractéristique des drones d’Ansarallah basé sur l’intelligence artificiel, essaimage que les forces armées iraniennes ont mis en scène à plus d’une reprise au cours de leurs multiples exercices militaires. Entre deux drones passant à l’assaut avec une heure d’écart et des essaim où un drone mère plus gros en taille fait officie de leader et dirige et pilote sur base de donné enregistrée dans son mémoire le reste de l’essaim, seul ou en synergie avec C2, l’écart est insurmontable. Dans un essaim, il y a une forme d’intelligence collective où chaque unité va communiquer localement pour résoudre des problèmes et faire émerger une solution à l’échelle du groupe. C’est une intelligence développée par la communication en réseau entre chaque drone qui permet d’offrir plus de résilience car ces derniers vont être capables de communiquer pour s’adapter et réaliser la mission malgré les potentielles pertes et/ou défaillances technologiques de certaines unités.

 

 

À Rostov, le complexe militaro-industriel US-OTAN qui se targue d’être à même de viser la Russie depuis l’espace, a-t-il été aussi loin? Bien sûr non et c’est là que se trouverait peut-être la viable réponse à cette phase de conflit qui vient d’être amorcée contre la Russie et qui vise non seulement à compromettre son flux pétro-gazier offshore et onshore et à lui couper son trafic maritime, à la faire payer pour avoir réussi à imposer pétro-rouble en lieu et place de pétrodollar, mais aussi à la pousser à passer du stade d’une simple opération militaire spéciale, à celui d’une guerre totale avec en toile des bombardements et des frappes à grande échelle contre les villes et les institutions ukrainiennes, une perspective qui finirait par la diaboliser définitivement dans son environnement.

 

 

Lavrov va-t-il parler ce mercredi de ces risques à Raïssi ? Faute d’information, on l’ignore.Toujours est-il qu’il pourrait y avoir des issues moins coûteuses moins nocives aux intérêts russes que le rasage de l’Ukraine, même ce qui en reste aujourd’hui est l’apanage de l’axe US-OTAN-Israël. Lesquelles ? En Méditerranée orientale où la Russie possède une superbe base navale au port stratégique de Tartous en Syrie, il se joue en ce moment même, un autre volet du plan de privation russe de ses recettes énergétiques.

En effet, l’entité sioniste, appuyé par Américains et Otaniens, s’y donne tous les maux du monde pour ponctionner dans les gisements-offshore libanais, non pas uniquement à « Karish », ce bloc litigieux qui s’est récemment parler de lui quand les navires de forage gréco-anglo-israéliens y ont débarqué, mais encore et surtout à « Qana », un gisement, lui, pleinement libanais mais que l’entité convoite pour ses réserves immenses et potentiellement capable de colmater la brèche gazière russe. La perspective de gain s’avère si alléchante que même l’Égypte de Sissi, le pro Russe s’y est mise en signant à un accord gazier tripartite avec Tel-Aviv et l’UE. N’est-il pas grand le temps pour que Poutine tente une « dissuasion par procuration » côté méditerranéenne du marché gazier mondiale ? Il va sans dire que le Hezbollah et la Syrie dont la guerre n’a jamais été autre chose qu’une affaire du gaz et partant la Résistance, sont bien partants.

 

 

Sinon en Iran, les drones qui au contraire des missiles tactiques n’ont pas fait de grandes apparitions sur le champ de bataille US-OTAN/Russie avancent à grande allure et ont de quoi prémunir les sites énergétiques russes. Des sources évoquent l’émergence aux côtés des essaims intelligents iraniens, des contre-essaims choc. Soit des essaims de drones en tant que système de lutte anti-essaim de drones. Il n’y pas eu de dévoilement ni d’annonce officiels mais on peut imaginer que ce genre d’essaim déploie une défense prenant la forme d’un dôme de protection, se matérialisant sous la forme d’une coupole, et se déplaçant au-dessus d’un site ou d’une unité pour la protéger. Le dôme agirait ainsi comme un bouclier neutralisant les drones ennemis par collision ou en agissant comme des mines anti-aériennes et/ou terrestres en couplant des drones volants et des drones roulants. Dans une logique de déni d’accès, on peut aussi imaginer se servir d’un essaim comme un abri fixe au-dessus de sites sensibles, qui pourrait constituer la première barrière d’un système de défense combinant les S-300, voire les Tor russes qui ont brillé en termes plusieurs systèmes et technologies.

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